Alors que les technologies s’améliorent, que les smartphones et les ordinateurs sont de plus en plus performants et qu’il est facile d’accéder à Internet (ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années), des scientifiques s’inquiètent d’une addiction grandissante à la toile…
Internet et ses conséquences…
Si Internet est fantastique sur une multitude de points, il peut aussi être à l’origine du pire. De nombreuses personnes sont ainsi victimes d’une cyberdépendance, notamment une addiction aux jeux vidéo ou aux réseaux sociaux.
La BBC a ainsi rencontré Cam Adair. Pendant dix ans, ce Canadien de 32 ans a été accro aux jeux vidéo. Cette dépendance l’a carrément poussée à quitter le lycée, à renoncer à son rêve d’aller à l’université et à mentir à sa famille, leur disant qu’il travaillait alors que ce n’était pas du tout le cas.
Dans cette spirale infernale, Cam Adair a songé au suicide jusqu’à rédiger une lettre d’adieu. C’est alors qu’il a réalisé qu’il avait besoin d’aide. Aujourd’hui, le jeune homme s’est libéré de son addiction depuis 3860 jours, ce qui représente une bonne dizaine d’années.
Pour partager son histoire et aider des personnes dans sa situation, Cam Adair a fondé Game Quitters, un groupe de soutien en ligne pour les addicts aux jeux vidéo. L’association compte à ce jour plus de 75,000 membres partout dans le monde. Cela ne peut que nous rappeler cet adolescent espagnol hospitalisé pendant deux mois suite à son addiction au jeu vidéo Fortnite…
Mais Internet, ce n’est pas que les jeux vidéo en ligne. C’est également les réseaux sociaux. On ne connaît que trop bien l’impact néfaste que peuvent avoir des applications comme Instagram sur la santé mentale de ses utilisateurs, et notamment les plus jeunes. Des conséquences négatives pointées du doigt par Frances Haugen depuis la mi-septembre.
D’autres se découvrent une passion pour le jeu, tout court, grâce à l’accès simplifié aux paris en ligne. C’est un peu comme si on avait un casino dans la poche… Et la spirale infernale s’ouvre sous nos pieds.
Le Covid-19 a enfoncé le clou de l’addiction à Internet
Pour des personnes comme Cam Adair, la pandémie de coronavirus a été difficile à vivre. Plus précisément les multiples confinements qui se sont succédé pendant près d’un an et demi à cause à cette crise sanitaire. Forcés à rester chez eux, beaucoup d’anciens accros aux jeux vidéo ont rechuté, explique le fondateur de Game Quitters.
Andrew Doan, neuroscientifique et expert en addiction digitale, a confirmé que les confinements à répétition ont pu exacerber la cyberdépendance de nombreuses personnes. Eh oui, coincé chez soi, sans mieux à faire, on passe plus de temps sur Internet. Et avec une crise sanitaire à notre porte, on est plus stressé et anxieux que d’habitude.
Et que fait-on quand on est en proie au stress ? On recherche des mécanismes de défense et des échappatoires. Assigné à résidence, on se réfugie facilement dans nos écrans : jeux vidéo, binge-watch intensif de séries et films, défilement infini sur les réseaux sociaux, visionnage de streams sur Twitch et vidéos sur YouTube… Bref, on ne vous fait pas un dessin. Ainsi, la pandémie de coronavirus a pu accroître les comportements addictifs à Internet, aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux…
Faut-il rappeler que la dépendance aux jeux vidéo est considérée comme une véritable maladie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2019 ? Bien sûr, beaucoup diront que ce n’est pas aussi sérieux que l’alcoolisme ou l’addiction aux drogues, mais une dépendance reste une dépendance. Et avec elle, des conséquences néfastes pour le malade et son entourage.
Limiter son temps sur Internet ?
Pour palier cette hausse de l’addiction à Internet, de nombreux outils ont vu le jour pour limiter l’accès à Internet. Sur TikTok par exemple, vous pouvez restreindre votre temps passé sur l’application : 40, 60, 90 ou 120 minutes.
Il existe également des applications comme GameBlock et BetBlocker qui limitent l’accès aux plateformes de paris en ligne. Ces dernières peuvent carrément être contrôlés par un proche de la personne dépendante.
Pas sûre qu’une simple restriction de temps puisse sortir des personnes de l’addiction mais on imagine que ça peut limiter les dégâts. En tout cas, une chose est sûre : l’addiction à Internet, qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de réseaux sociaux ou autre, n’est pas quelque chose à prendre à la légère.
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