Deux projets de loi anti-piratage sont actuellement en débat aux États-Unis. Pour lutter contre les IPTV et le streaming illégal, qui connaît un beau succès chez l’Oncle Sam, les élus et les ayants droit tentent justement de s’inspirer de la méthode européenne : le blocage des noms de domaines et des adresses IP.
Un système dangereux
Dans ce contexte, l’Internet Society a publié en septembre dernier une note où elle tire à boulets rouges sur cette stratégie qui produit de nombreux effets négatifs sans vraiment parvenir à faire refluer les offres illégales. Rappelons que cette organisation a été fondée par des pionniers d’Internet au début des années 90 et qu’elle regroupe par ailleurs de grandes entreprises, dont Amazon, Cloudflare, ou Google.
Et la structure le dit d’emblée, elle s’oppose à ces mesures de blocage. Selon elle, cette technique ne supprime pas les contenus problématiques et il menace au contraire des portails légaux, dont des entreprises, comme cela s’est vu en Europe.
L’Internet Society enfonce le clou : « De plus, le blocage DNS et IP ne supprime pas le contenu d’Internet, le rendant toujours accessible à des personnes déterminées. Toute tentative de contournement du blocage peut mettre en danger la confidentialité et la sécurité des utilisateurs. »
L’organisation revient notamment sur l’exemple de l’Italie, où, avec le “Piracy Shield”, le blocage d’IP a atteint un stade quasi industriel. Ainsi, pendant certaines compétitions sportives, les blocages peuvent s’effectuer en moins de 30 minutes, voire au moment du coup d’envoi d’un match si certains domaines ont été repérés en amont.
Les suggestions de l’Internet Society
Elle déplore justement : « Cette politique a bloqué à plusieurs reprises des services légitimes, notamment les domaines Google, les sites hébergés par Cloudflare et Google Drive, provoquant des perturbations généralisées pour les entreprises, les utilisateurs quotidiens d’Internet et les services cloud. »
Après les critiques, l’Internet Society passe à l’étape des recommandations. Elle suggère ainsi de s’attaquer aux contenus sources des pirates, plutôt que de bloquer sans discrimination de nombreux portails. Si cela n’est pas suffisant, elle propose une coopération renforcée entre les fournisseurs de services et les autorités nationales chargées de l’application de la loi.
Enfin, et si des mesures de blocages sont décidées, ces dernières doivent être transparentes, temporaires et limitées.
Ce qu’il faut retenir :
- Les blocages massifs d’IP et de noms de domaines deviennent la norme pour lutter contre le piratage
- L’Internet Society déplore ces pratiques, qu’elle juge inefficaces et dangereuses
- Elle estime qu’il faudrait mieux cibler et s’en prendre aux contenus sources des pirates
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