Face aux IPTV et au streaming illégal, les autorités et les ayants droit privilégient une stratégie : le blocage des noms de domaines et des adresses IP. Cette méthode est utilisée de manière radicale en Italie avec le Piracy Shield, qui intervient en masse sur l’écosystème d’Internet. Une étude s’est justement penchée sur le sujet et elle révèle des conclusions très fâcheuses pour cette tactique.
Des chercheurs italiens ont justement publié cette recherche dénommée : « 90e minute : Premier regard sur les dommages collatéraux et l’efficacité du Bouclier antipiratage italien ». Pour y voir plus clair, ils ont passé au crible un ensemble de données Piracy Shield, divulgué sur GitHub et contenant environ 11 000 adresses IP et environ 42 600 domaines complets (FQDN).
Pourquoi le jeu n’en vaut pas la chandelle ?
Ils ont notamment constaté que seules 2,5 % des adresses IP bloquées se trouvent en Italie, tandis que 76,8 % du total est hébergé dans le reste de l’Union européenne. Il serait d’après eux plus pertinent d’agir à l’échelle du continent que dans un seul pays sur ce dossier.
Mais leur travail révèle surtout les conséquences parfois désastreuses des blocages. Entre février 2024 et juin 2025, 510 domaines ont ainsi été affectés par les blocages alors qu’il s’agissait de sites web légitimes qui n’avaient aucun lien avec le streaming.
Sur ce total, 373 ont été perturbés par le blocage d’adresse IP. Parmi eux, on retrouve notamment des pages de marque personnelle, des profils d’entreprise, des hôtels, des restaurants, des commerces, un garagiste et même un comptable et un programme de télésanté, détaille le site spécialisé TorrentFreak.
Les chercheurs commentent à cet égard :
Nos résultats sur les dommages collatéraux du blocage des adresses IP et des noms de domaine complets (FQDN) mettent en évidence un scénario inquiétant : des centaines de sites web légitimes sont touchés à leur insu par le blocage, des opérateurs inconnus subissent des interruptions de service et des streamers illégaux continuent d’échapper aux sanctions en exploitant l’abondance de l’espace d’adressage en ligne, laissant derrière eux des plages d’adresses inutilisables et polluées.
En découle une conclusion assez radicale. Ils estiment tout simplement que le blocage de l’IP de manière indiscriminée est une technique qui a des conséquences supérieures à ses avantages et ne devrait tout simplement pas être utilisée. Le message est passé et il vaut aussi pour la France, où les autorités souhaitent justement recourir à cette tactique au cours des mois et des années à venir face à l’essor des IPTV.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
