En France, une proposition de loi est actuellement en cours d’examen par le parlement. Elle concerne notamment la lutte contre le piratage des retransmissions sportives (IPTV, streaming illégal…). Les autorités et les ayants droit souhaitent ainsi initier le blocage des adresses IP des plateformes pirates.
De quoi mettre hors d’état de nuire ces services sur le modèle du Piracy Shield (bouclier anti-piratage) déployé en Italie l’an dernier. Chez nos voisins, des amendes pouvant atteindre 5000 euros en cas de récidive visent également les clients de ces offres. Justement, une nouvelle étude vient d’évaluer l’impact de ces mesures en Italie, et le bilan est très mitigé.
Diminution du chiffre d’affaires de l’offre légale
Cette enquête Ipsos couvre donc l’année 2024, soit l’année où ce dispositif a été lancé. Si le taux global de piratage a diminué, notamment chez les adolescents, ainsi que le volume de piratage, c’est une victoire en trompe-l’œil pour les ayants droit, comme le note à juste titre TorrentFreak.
Et pour cause, la baisse du taux de piratage n’est que de 1 point, ce qui est dérisoire pour un système qui était censé réduire drastiquement ce phénomène. Et c’est encore pire pour le piratage de retransmissions sportives. Ainsi, 15 % de la population déclare avoir utilisé des services de streaming en direct, soit le même chiffre qu’en 2023, autrement dit le Piracy Shield n’a pas eu d’effet sur ce point.
L’amende ne fait pas peur
Quant aux diffuseurs, ils déplorent une perte de chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, signalent nos confrères. Ici encore, la hausse du piratage de streaming sportif est spectaculaire avec des pertes atteignant 350 millions d’euros contre seulement 285 millions d’euros en 2023.
Les Italiens semblent également très peu inquiets de la mise en place d’amendes visant directement les consommateurs des plateformes pirates. Ainsi, 42 % des sondés doutent ouvertement de son efficacité. Toutefois, 56 % des pirates affirment qu’ils peuvent être sanctionnés. Ils estiment peut-être que le risque en vaut la chandelle tant les sanctions sont rares, mais les prix des offres légales atteignent quant à eux des niveaux très (trop) élevés.
Ce qu’il faut retenir :
- Une loi française veut lutter contre le piratage sportif en bloquant les plateformes illégales, à l’image du Piracy Shield italien
- En Italie, malgré ce système et des amendes, le piratage baisse très peu, surtout pour le streaming sportif
- Les pertes financières augmentent pour les diffuseurs et beaucoup d’Italiens doutent de l’efficacité des sanctions, alors que les offres légales restent trop chères
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