« Ça existe toujours, Subaru ? » lance un couple en promenade digestive. Il est vrai que les modèles de la marque japonaise ont toujours attiré les regards chez nous. Par leur style, peut-être, mais surtout par leur rareté : 22 Subaru neuves ont été vendues l’année dernière en France ! Est-ce la raison d’une telle sympathie ? Croiser un exemplaire du dernier modèle dans un vignoble de la région de Reims tient en tout cas du miracle.
Une « licorne » orange dans les vignes
La licorne est là, elle est orange citrouille et elle s’appelle Uncharted. Oui, les rabat-joie diront qu’il s’agit d’une copie imparfaite de Toyota C-HR+. Subaru a pourtant retravaillé les trains roulants pour un comportement routier spécifique. Cela se sent immédiatement avec un amortissement relativement ferme sur les départementales champenoises qui ne sont pas les plus lisses au monde.
J’ai cherché la petite bête sur les départementales
Ce n’est peut-être pas top, mais la contrepartie vient lorsque l’asphalte tournicote. L’Uncharted montre un roulis limité, bien que sa direction se révèle encore imprécise et pas super réactive. Par rapport au Toyota, le volant est carré. Ça, c’est original. Le reste du mobilier est en revanche plutôt semblable. La qualité est passable avec des surfaces plus robustes que cossues.
L’écran n’est pas roi, mais l’ergonomie y gagne
L’écran central de 14 pouces est grand. Mais grand ne veut pas forcément dire moderne. L’Uncharted en est la parfaite démonstration, avec une dalle qui n’est pas la reine de la réactivité. Les graphismes vous renvoient aussi une décennie en arrière. Ce que j’apprécie en revanche sont les commandes rotatives de la ventilation, pratiques et joliment intégrées. Le reste se contrôle via un menu dédié.
Ni luxe, ni pacotille : le pragmatisme japonais
L’ergonomie n’est pas parfaite, mais pas non plus prise de tête. Vu que les icones sont grosses, on a moins de chances de les louper. Le volant n’a pas recours à d’horripilantes touches semi-tactiles, mais à de véritables boutons. L’instrumentation déportée au-dessus du volant rappelle celle de Peugeot. Sans l’inutile fonction 3D, c’est moins chiadé, mais bien plus lisible. L’essentiel, quoi !

Le principal pour un SUV, c’est également l’espace. L’Uncharted n’est pas le meilleur, mais ne mérite pas non plus le bonnet d’âne. A l’arrière, c’est convenable, bien que la banquette soit positionnée trop bas pour avoir une posture confortable. La ligne de toit fuyante limite la garde au toit et complique la visibilité. Un rétroviseur caméra pallie ce dernier problème sur la finition supérieure 2Xperience. Le coffre de 403 litres est un peu restreint.
L’autonomie solide, le vrai nerf de la guerre
Mais assez papoté ! J’entame une boucle passant par le parc naturel régional de la Montagne de Reims. Les départementales montrent un premier indice encourageant sur la consommation : avec 14,6 kWh/100 km, le japonais satisfait. Nul doute que l’appétit augmentera sur autoroute avec une température moins clémente que nos 18°C. Homologuée pour 588 km d’autonomie, la batterie de 77 kWh de notre modèle d’essai permettra une jolie polyvalence. Et une relative rapidité avec les 224 ch.
Une recharge moyenne, bien que constante
Ce sera plus lent sur les bornes rapides, où l’engin ne peut encaisser qu’une puissance maximale de 150 kW en courant continu DC. Subaru annonce un 10 à 80 % de batterie en 28 minutes quelles que soient les conditions météorologiques grâce au préconditionnement de la batterie. Soit, mais ça reste moins tonique que certains concurrents montés sur des plateformes 800 V. Je n’ai pas pu prendre l’autoroute pour vérifier ces promesses en réel.
Cela ne m’a pas empêché de constater que les bruits de roulement sont assez présents sur revêtement granuleux. Les pneus de 18 pouces sont naturellement fautifs. Mais le vent tourne lorsqu’il faut quitter les sentiers battus. J’ai brièvement pris le volant d’une version quatre roues motrices sur un parcours très rocailleux et parfois même boueux. L’accroche est bonne, avec peu de patinage.
Le prix qui ferait pâlir les allemandes
La sonorité du quatre-cylindres à plat de l’Impreza n’y est pas, mais l’efficacité, si ! Et vous esquiverez un malus assassin. L’Uncharted débute à 35 990 € avec 165 ch et 451 km d’autonomie. C’est bien placé, surtout au regard de l’équipement : régulateur de vitesse adaptatif, caméra de recul, pompe à chaleur, le double chargeur à induction, l’accès mains-libres et les sièges avant chauffants.
Équipement tout compris, une anomalie ?
Pas mal, et notre finition 2Xperience à 41 990 € ajoute la caméra 360°, le hayon électrique, le toit panoramique, la sonorisation Harman Kardon, la sellerie en similicuir et les sièges arrière chauffants. En plus de ses quatre roues motrices, la version 4Xperience à 47 990 € gratte les jantes de 20 pouces et un mode de conduite spécifique. Intéressant, mais pas vraiment le modèle que je vous recommande.
La garantie 10 ans : le vrai argument massue
L’entrée de gamme suffit déjà amplement, avec un prix compétitif. Et aucune option n’est proposée, tout étant systématiquement en série. Si vous venez d’une allemande, la politique tarifaire est tout simplement hallucinante. Notons en prime qu’une garantie de 10 ans accompagne le véhicule. De quoi contenter ceux vouant un culte absolu à la fiabilité. Subaru a-t-il fait un strike avec l’Uncharted ?
Mon bilan 48 heures après : sans coup de cœur, mais avec sérieux
Alors je trouve le style particulier, c’est vrai. En grattant cependant sous la robe, on fait face à un véhicule solidement construit, pas forcément très impressionnant, mais particulièrement réfléchi. Ok, l’agilité, l’habitabilité, le multimédia, le confort et la recharge sont moyens, il faut le dire. L’autonomie est en revanche solide, ce qui compte. En prime, l’équipement est complet et les prix sont soigneusement ajustés, ce qui est de bon goût. Pas un coup de cœur pour ma part, mais une copie sérieuse.

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