Mélomanes pointilleux, grand public, gamers, presse spécialisée, voyageurs au long cours… Depuis près de 10 ans, la famille WH-1000X a su créer sa légende en conquérant le cœur d’à peu près tout le monde. Et même si les chiffres de vente officiels ne sont jamais communiqués en France, nos sources travaillant dans le monde du retail sont formels. La gamme WH-1000X domine en volume, de l’arceau et des oreillettes, le secteur des casques. Et ce, bien loin devant Bose, Apple, Sennheiser et consorts.
Bien qu’il soit sans partage, ce règne a quelque peu vacillé lors de la sortie en 2022 du WH-1000XM5. Après quatre premières itérations assez similaires, la firme nippone avait alors amorcé une forte révolution esthétique. Cette dernière rendant le WH-1000XM5 non pliable. Autre point qui a divisé les utilisateurs, une architecture sonore qui a vu les hauts-parleurs passer d’un diamètre de 40 à 30 mm. Sans pour autant faire un four, le XM5 a été le casque le plus controversé de la famille.
Conscient de cette situation, Sony a été au cours de ces dernières années très actif en coulisse. Conception, ergonomie, qualité sonore, réduction de bruit ou encore qualité des appels. Tout a été revu de fond en comble pour que le WH-1000XM6 ne soit pas l’objet de débats, ne serait-ce qu’infime. Pour nous en assurer, nous avons passé un mois entier avec ce casque, voici notre retour d’expérience.
Prix et disponibilité du Sony WH-1000XM6
Disponible depuis début juin, le casque Sony WH-1000XM6 se facture à 450 euros et se décline dans des coloris argent, noir et bleu nuit.
Un casque de nouveau pliable et un confort optimisé
Si visuellement, le WH-1000XM6 ne renie pas l’ADN de sa famille, Sony s’est tout de même penché sur sa planche à dessin afin d’améliorer la conception globale de son casque. Première transformation attendue, le retour des charnières. Trop rigide, le XM5 ne pouvait être replié, contrairement à un de ses plus gros concurrents, le QuietComfort Ultra de Bose. En plus d’être de nouveau facile à transporter, le WH-1000XM6 gagne en densité dans son mécanisme de pliage.

Visiblement, Sony a pris en compte, une fois encore, les nombreux commentaires de ses clients. Nombre d’entre eux avaient fait remonter une certaine fragilité des charnières. Désormais, ces dernières comportent une plaque de métal. Durant notre mois de test, nous avons malmené et contorsionné le WH-1000XM6 sans qu’il montre le moindre signe de faiblesse à ce sujet. Il semble assurément paré pour l’avenir.
De son côté, l’arceau fait également peau neuve. Plus large et légèrement plus plat, il pousse le confort à une universalité rarement vue. Densité de cheveux, morphologies de crâne plat ou ronde, lunette, casquette… Tous nos tests de confort se sont avérés concluants. De plus, la force du serrage semble avoir été revue à la hausse, ce qui permet à chacun de trouver sa position idéale.

Autre évolution stylistique, les coques. Désormais dans un format monobloc, elles ont un design plus rond qu’ovale. De même, le similicuir paraît quelque peu plus épais. Pour autant, le WH-1000XM6 ne fait pas surchauffer les oreilles. Nous l’avons porté en extérieur sous 25 degrés, alors certes la température augmente, mais nos oreilles n’étaient pas non plus dans un sauna.
Bien que la qualité de construction et le confort soient irréprochables, il convient tout de même de relever deux aspects perfectibles. Tout d’abord, la conception tout en plastique éloigne le WH-1000XM6 d’une catégorisation vraiment premium.

À l’inverse, d’un Aipod Max ou d’un Bowers & Wilkins Px7 S3, des casques qui jouent mieux avec les textures et les matériaux. Enfin, bien que Sony ait utilisé un nouveau traitement pour les surfaces extérieures du casque, ce dernier se salit assez vite. Poussières, traces de doigts…Pour garder sa splendeur, il aura besoin d’être régulièrement nettoyé.
Une ergonomie affinée et une connectivité remise au goût du jour
Au niveau des commandes, le WH-1000XM6 reprend les bonnes vieilles habitudes de ses prédécesseurs. À savoir, une ergonomie vraiment fluide et facile d’accès. Une zone tactile est placée sur la coque droite et deux touches sont à l’opposé. Petite subtilité, le bouton d’alimentation est désormais circulaire, et non plus rectangulaire. Il est également plus en retrait de son compère. Ce changement permet au pouce de le trouver plus facilement.

Tout en reprenant l’excellente base de ses précédents casques, l’entreprise japonaise se met logiquement au diapason de toutes les nouveautés technologiques. À commencer par le standard Bluetooth LE Audio, et ses corollaires le codec LC3 et la diffusion Auracast.
Pour le reste, c’est du classique ultra complet. Connexion multipoint, détection de port, indications sonores multi-langues et codec SBC, AAC et LDAC. Sans surprise, puisque Sony a fait ce choix depuis le WH-1000XM4, les codecs AptX de Qualcomm ne sont pas de la partie. Ce qui n’est pas une si grande perte, car la stabilité de la connexion en LDAC est tout bonnement bluffante.

Pour ravir les oreilles les plus pointilleuses, le casque peut s’utiliser bien évidemment via son jack 3,5 mm. Et ce, même en passif, c’est-à-dire lorsqu’il est éteint. Finalement, une seule absence l’empêche de prétendre à une parfaite complétude, l’écoute via le port USB-C. Une chose qu’il est pourtant possible de faire sur le tout récent JBL Tour One M3.
Une application plus complète et mieux lisible
Élément central de l’expérience, l’application Sound Connect s’impose à nouveau comme un véritable chef d’orchestre pour quiconque souhaite tirer le meilleur du WH-1000XM6. Grâce à une récente mise à jour, Sony a corrigé le principal défaut de son application, son aspect parfois fouillis. Désormais, l’onglet principal est plus clair. Les informations principales sautent mieux aux yeux et l’éventail de réglages possibles est suggéré plus subtilement. Ainsi, on se rend compte du champ des possibles, sans pour autant se faire inonder.

Il serait difficile de citer tous les ajustements possibles à faire, tant ils sont nombreux, alors intéressons-nous aux petits nouveaux. Déjà, l’égaliseur double afin de passer de 5 à 10 bandes. Une excellente initiative qui permettra aux plus curieux de sculpter à leur façon la restitution sonore. De même, le WH-1000XM6 inaugure un tout nouveau mode, le « 360 Reality Audio Upmix ». À l’image de l’audio spatial d’Apple, ce dernier simule un son 3D à partir de n’importe quel flux stéréo.

Ne soyons pas dupes. Sur le papier, cet upscaling audio est avant tout un argument marketing des constructeurs. Certes, l’illusion de l’immersion est bien présente, et appréciable, mais le WH-1000XM6 ne peut aller au-delà des limites inhérentes au Bluetooth sous Android. Contrairement à Apple avec son AirPod Max, Sony n’a pas un contrôle logiciel total afin d’exploiter la transmission des métadonnées spatiales. Cela affecte mécaniquement la précision et la profondeur du rendu 3D du WH-1000XM6.
Qualité audio : l’équilibre retrouvé
Contrairement au format pliable, Sony n’est pas revenu sur son autre décision forte concernant le WH-1000XM5. Pour rappel, ce dernier avait inauguré un changement de taille des transducteurs, de 40 à 30 mm. Avec comme conséquence une certaine perte de subtilité sur les hauts-médiums et de clarté dans les aigus.

Alors certes, le WH-1000XM6 reprend cette même taille de haut parleur, mais Sony ne fait pas que du neuf avec du vieux. Les ingénieurs de la marque nous ont confié avoir repensé la conception interne. Par exemple, la chambre acoustique gagne en volume, tandis que l’ajout d’un support de bobine ventilée est censé réduire encore les résonances indésirables. En outre, le casque bénéficie d’un tout nouveau processeur V2, déjà aperçu sur les écouteurs WF-1000XM5. Avec lui, l’amplification serait sur le papier plus efficace, tout comme la conversion numérique-analogique.
Si lors de nos premières écoutes, ces changements nous ont d’abord paru minimes, elles se sont finalement révélées plus payantes que prévu au bout de quelques semaines. D’où l’intérêt d’un test long sur un produit audio. Il faut du temps afin de permettre à l’oreille de saisir les nouvelles subtilités.
Tout d’abord, Sony se montre plus sophistiqué sur la première partie du spectre. Les basses sont plus précises, car elles ne débordent plus sur le début des médiums. Double conséquence, les extrêmes graves se déploient avec plus de nuances, tandis que le départ des voix gagne en clarté.

Autre point appréciable, les haut-médiums sont sciemment adoucis par endroits. Cela permet aux départs d’instruments (guitare, cymbales…) de mieux se projeter en avant, sans pour autant faire brouillon. Surtout, malgré ces quelques oscillations, la sonorité reste globalement ronde et polyvalente.
Ni trop mis en avant, ni trop en retrait, l’aigu s’équilibre à merveille avec le reste. C’est certainement la partie que Sony a le plus travaillée. En effet, les légers à-coups de brillance du précédent modèle ont ici complètement disparu. Même les solos de guitare les plus haut perchés ne sont à aucun moment artificiel.
Réduction de bruit, Sony passe devant Bose
Voici un domaine où la firme japonaise a voulu clairement, une bonne fois pour toutes, ne plus jouer l’outsider. En plus de ses 6 microphones sur chaque oreillette, un record, le WH-1000XM6 embarque une nouvelle puce de traitement QN3. Et sur le papier, elle prétend être sept fois plus efficace que la QN1, qui officiait dans le WH-1000XM5.

Premier constat, l’équilibre entre l’isolation passive et le confort est tout bonnement exceptionnel. Sans la réduction de bruit active, il est déjà bien difficile de comprendre ce qu’on essaye de nous dire à un mètre ou deux. Une fois cette dernière activée, le casque nous plonge tout bonnement dans une bulle de silence.
Déjà excellent sur les bruits graves, Sony parvient maintenant à annihiler toutes formes de sonorités ronronnantes. Mais, c’est surtout les médiums que le WH-1000XM6 se montre bien plus auguste que son prédécesseur.

C’est bien simple, toutes formes de conversations environnantes, qu’elles soient statiques ou en mouvements, deviennent incompréhensibles. Il n’y a guère que de rares sons imprévisibles et très aigus, comme le crissement de pneus d’une voiture qui pile, qui puissent déstabiliser le WH-1000XM6.
En matière de kit-mains libres, le WH-1000XM6 mobilise six de ses huit micros pour isoler la voix. Il en résulte une qualité des appels qui conviendra à la majorité des situations. Dans des lieux calmes ou animés, la discussion reste intelligible et claire, tandis que les bruits extérieurs ne viennent pas hacher la conversation.

Dans des environnements très bruyants, quelques artefacts apparaissent tout de même. Bien que détrôné sur la réduction de bruit les appels, Bose garde une très légère avance dans ce cas de figure extrême.
Autonomie : parmi les meilleurs
Depuis le WH-1000XM5 de 2022, quelques casques ont tutoyé les sommets en matière d’autonomie. On pense notamment au Sennheiser Momentum 4 (60h), à l’infatigable Marshall Monitor III ANC (80 heures) ou encore au récent JBL Tour One M3 (44 heures). Et le tout avec la réduction de bruit active et entre 40 et 60% du volume.

Dans les mêmes conditions, le WH-1000XM6 tient largement 35 heures et tutoie même les 48 heures sans réduction de bruit selon nos tests. Au vu de toutes ses technologies embarquées, ces résultats sont excellents. D’autant qu’avec sa charge rapide de 4 à 6 minutes, il est possible de profiter de 3 heures d’écoute.
Notre avis sur le casque Sony WH-1000XM6
Marshall Monitor III ANC, AirPod Max, Bowers & Wilkins PX7 S3, Sonos Ace, JBL Tour One M3, Bose QuietComfort Headphones… C’est bien simple, le nouveau WH-1000XM6 domine toute la concurrence par sa polyvalence et ses technologies embarquées.
Après un XM5 clivant, Sony livre sa partition la plus aboutie. La réduction de bruit est redoutable, et enfin meilleure que Bose, tandis que la restitution sonore, à la fois équilibrée et précise, conviendra à tous les styles musicaux.
Confortable, moderne et endurant, le Sony WH-1000XM6 est si complet que les légers manquements que nous lui trouvons pourraient passer pour du chipotage. Une audio 3D plus convaincante, l’utilisation de matériaux plus nobles et une possibilité d’écoute en USB-C auraient fait de lui le produit parfait.
Quoi qu’il en soit, le WH-1000XM6 s’impose, pour aujourd’hui et certainement longtemps, comme le meilleur casque Bluetooth premium à destination du grand public.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.