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Jeff Bezos ne peut plus faire voler sa fusée (jusqu’à nouvel ordre)

Le milliardaire n’a jamais pris la parole à ce propos.

Une semaine après un crash, le lanceur de Blue Origin est toujours suspendu de vol. Lundi dernier, New Shepard a dû procéder à une manoeuvre d’urgence pour éjecter sa capsule, quelques secondes avant de venir s’écraser sur le sol. Aucun blessé n’était à signaler dans ce lancement non habité. Mais l’événement jette un froid pour l’entreprise de Jeff Bezos alors que la fusée a déjà permis d’embarquer une trentaine de personnes dans l’espace.

Il s’agissait de la 23e mission pour New Shepard, le propulseur de Blue Origin qui détient le titre de première fusée à avoir envoyé des civils dans l’espace. Jeff Bezos avait lui même embarqué à bord de la capsule surplombant le lanceur pour le premier vol à la frontière de l’espace, le 20 juillet 2021. En plein désert occidental du Texas, aux États-Unis, c’est là que l’incident s’est aussi produit le lundi 12 septembre dernier. À ce jour, Blue Origin n’a pas publié de vidéo du crash.

Dans le déroulement des faits, tout est allé très vite. Moins d’une minute après le décollage, New Shepard a activé ses moteurs d’urgence pour se séparer de la capsule où se trouve la charge utile. Dans le cadre de cette mission, il ne s’agissait que de matériel. Ensuite, cette dernière a sorti ses parachutes pour ralentir sa chute, qui déboucha tout de même sur un impact au sol très violent. Quant au propulseur, Blue Origin préfère dire qu’il est “tombé au sol”, plutôt qu’il ait explosé. Nous ne pouvons le voir sur les images retransmises par l’entreprise, qui n’a pas souhaité les diffuser.

Habituellement, le lanceur de Blue Origin retourne lui aussi se poser lors des missions habitées. Le procédé est le même que celui de SpaceX, avec un système de poussée inversée et des bras articulés. Cette fois-ci, un dysfonctionnement a bien eu lieu, mais selon l’entreprise, la manoeuvre d’urgence a permis de modifier la trajectoire de l’engin pour qu’il puisse venir s’écraser dans une zone prévue à cet effet, “dédiée aux aléas”. Dans les dix minutes que dure normalement le vol de New Shepard, le lanceur doit venir se poser à une vitesse de 8 km/h et la capsule de se séparer du propulseur à une altitude de 75 km.

Fusée clouée au sol

L’enquête, pris en charge par la Federal Aviation Administration, est encore à ses débuts. Mais le temps de celle-ci, Blue Origin ne pourra pas effectuer de nouveaux vols. D’ailleurs, plusieurs membres de la Chambre des représentants des États-Unis ont écrit une lettre au président par intérim de la FAA pour lui demander davantage de détails sur l’incident. Contrairement aux autres situations de ce genre pour les entreprises du spatial, l’incident de Blue Origin oblige à y porter une attention plus importante alors que “l’anomalie de l’engin aurait pu mettre des vies humaines en danger”.

Le fait que New Shepard soit une fusée habilitée aux lancements d’humains pose problème aux régulateurs qui ne peuvent plus voir Blue Origin et ses tests de lancements comme de simples expérimentations aux échecs tolérés. “Comme les vols spatiaux habités commerciaux sont désormais une réalité, les travaux du sous-comité sont plus importants que jamais”, écrivait Don Beyer, membre de ce comité des sciences, de l’espace et des technologies à la Chambre des représentants des États-Unis.

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