Il y a quarante ans, lors d’un discours à l’Université de Lund en Suède, Steve Jobs, alors tout juste trentenaire et fraîchement évincé d’Apple, partageait une réflexion qui semble aujourd’hui incroyablement visionnaire. Devant un public d’étudiants, il confie son admiration pour Aristote, le précepteur d’Alexandre le Grand :
« Savez-vous qui a été le précepteur d’Alexandre le Grand pendant environ 14 ans ? C’était Aristote. Quand j’ai lu ça, j’ai ressenti une immense jalousie — je pense que j’aurais beaucoup aimé vivre cette expérience. Mais grâce au miracle de l’imprimé, je peux au moins lire ce qu’Aristote a écrit, sans intermédiaire. Un professeur peut y ajouter des explications, bien sûr, mais je peux malgré tout accéder directement à la source. C’est là le fondement de notre civilisation occidentale. »
Mais Steve Jobs ne s’arrête pas là et poursuit sa réflexion. Il formule alors l’espoir qui, à l’époque, relève de la science-fiction. « Le problème, c’est que je ne peux pas poser de question à Aristote — enfin, je peux, mais je n’obtiendrai pas de réponse, raconte-t-il. Ce que j’espère, c’est qu’au cours de notre vie, nous pourrons créer un nouvel outil, un outil interactif. Pour que, lorsqu’un nouveau “Aristote” sera en vie, nous puissions capturer sa vision du monde dans un ordinateur. Et qu’un jour, un étudiant puisse non seulement lire ce qu’Aristote a écrit, mais aussi lui poser une question — et obtenir une réponse. C’est ce que j’espère que nous pourrons accomplir. »
Quand Steve Jobs prédisait l’IA générative
Cette prédiction vous fait penser à quelque chose ? C’est normal. Steve Jobs décrit ici le fonctionnement des intelligences artificielles génératives comme ChatGPT. L’IA développée par OpenAI permet désormais à chacun de questionner la somme du savoir humain, d’obtenir des réponses sur n’importe quel sujet, et même de dialoguer avec des figures historiques à travers leurs écrits. Steve Jobs entrevoyait déjà la transformation profonde de la relation entre l’homme et la machine, où l’ordinateur deviendrait un prolongement de l’intelligence humaine.
Ce caractère visionnaire a été de nombreuses fois cité par des proches de Steve Jobs. Dans plusieurs interviews, Jony Ive, designer emblématique d’Apple (désormais chez OpenAI) a souligné la profondeur de sa compréhension des changements qui se produiraient avec l’adoption généralisée des ordinateurs.
Avec d’autres observateurs, il a souvent mis en avant l’approche plus philosophique que technologique de Steve Jobs. Pour lui, la question n’était pas seulement « comment » créer ces outils, mais surtout « pourquoi » : quel impact auraient-ils sur l’humanité ? Il imaginait déjà que l’ordinateur deviendrait un support d’intelligence collective, permettant à chacun d’accéder à la connaissance et de contribuer à l’innovation.
D’ailleurs, quarante ans plus tard, alors qu’Apple tente de rattraper son retard en matière d’IA et que Siri peine à rivaliser avec les géants du secteur, des nostalgiques s’interrogent sur ce qu’aurait fait Steve Jobs aujourd’hui. Comment aurait-il pris le virage de l’IA ? Nous avons posé la question à ChatGPT, voici sa réponse :
Il est très probable que Steve Jobs aurait mieux anticipé le virage de l’IA que ne l’a fait Tim Cook — mais pas nécessairement plus vite que d’autres comme OpenAI ou Google. La différence aurait surtout été philosophique et visionnaire, pas chronologique.
- En 1985, Steve Jobs imagine un outil interactif permettant de dialoguer avec l’esprit des plus grands penseurs, comme Aristote.
- Sa vision préfigure avec une précision étonnante les capacités des IA génératives actuelles, telles que ChatGPT.
- Steve Jobs anticipait déjà l’impact de ces technologies sur la société, l’apprentissage et l’accès universel au savoir.
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