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“Jusqu’à 650 millions d’euros !” : comment les opérateurs vous facturent des services cachés une fortune, en toute discrétion

“Un petit clic vaut mieux qu’une grande claque”.

Un simple clic et votre compte bancaire se vide à petit feu. Voilà la mésaventure qui arrive à de nombreux consommateurs, victimes d’un système de micropaiements très discret mis en place par les opérateurs téléphoniques. Révélée par l’UFC-Que Choisir, cette pratique rapporte gros, très gros même. Rien qu’en 2023, les opérateurs auraient empoché pas moins de 650 millions d’euros. La belle affaire.

Du côté des clients, c’est la douche froide ! Imaginez la scène : vous consultez votre relevé bancaire et découvrez, médusé, que depuis des mois, voire des années, vous payez pour un service dont vous n’avez jamais entendu parler. C’est exactement ce qui est arrivé à un client de Bouygues Telecom, qui s’est aperçu qu’un mystérieux “Chipstime” lui soutirait 2,99€ chaque semaine depuis trois mois. Plus ahurissant encore, un abonné Orange a découvert qu’il finançait involontairement un service “Replay TV France” depuis près de quatre ans !

Ces histoires ne sont malheureusement pas des cas isolés. Derrière ces prélèvements furtifs se cache Internet+, un système de micropaiement instauré en 2005 qui permet aux éditeurs de services de se servir directement dans votre portefeuille via votre facture téléphonique. Le principe est simple : un clic malheureux sur une publicité, un enfant qui joue avec votre téléphone, et hop ! Vous voilà abonné sans même vous en rendre compte.

Si ce système perdure malgré les plaintes des consommateurs, c’est qu’il rapporte gros. Les opérateurs empochent une commission importante sur chaque transaction avant de reverser le reste aux éditeurs de services. Un business juteux qui explique peut-être leur réticence à mettre en place des mesures de protection plus strictes.

Certes, quelques garde-fous existent. Les abonnements doivent théoriquement être confirmés par deux SMS, et les dépenses sont plafonnées à 300€ par période de facturation. Mais en 2025, de nombreux utilisateurs ne lisent même plus leurs SMS, ou très peu. Entre les spams, les codes de validation et les messages promotionnels, ces alertes passent souvent à la trappe.

Comment se protéger ?

Face à cette situation, les consommateurs ne sont pas totalement démunis. La première ligne de défense consiste à activer le blocage d’Internet + dans votre espace client. C’est simple, gratuit, et cela vous évitera bien des désagréments. Si vous découvrez des prélèvements suspects, le site Surmafacture.fr vous permettra d’identifier les services concernés et d’entamer les démarches de résiliation.

Pour les plus malchanceux qui auraient déjà été piégés, sachez que vous disposez d’un droit de rétractation de 14 jours. Passé ce délai, il faudra négocier directement avec l’éditeur du service pour espérer un remboursement. Certains y parviennent, d’autres non.

L’UFC-Que Choisir ne cesse d’alerter sur ces pratiques douteuses et plaide pour un renforcement de la réglementation. En attendant, la vigilance reste de mise : surveillez vos factures comme le lait sur le feu et n’hésitez pas à contester tout prélèvement suspect.

  • Les opérateurs utilisent un système appelé Internet + qui permet de vous facturer des services en un clic, générant 650 millions d’euros par an
  • Des consommateurs se retrouvent abonnés à leur insu à des services qu’ils n’ont jamais sollicités, parfois pendant des années
  • Pour vous protéger, activez le blocage Internet + dans votre espace client et surveillez régulièrement vos factures

 

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