Le géant de l’automobile, longtemps sceptique face à la vague électrique, déclenche l’offensive : 7 milliards de dollars pour électrifier son avenir et celui de l’industrie automobile japonaise toute entière. Imaginez un instant : 120 GWh de batteries produites chaque année d’ici 2030. C’est l’objectif pharaonique que se fixe l’alliance inédite formée par Toyota, Nissan et leurs partenaires nippons. Une augmentation de 50 % qui sonne comme un défi lancé aux géants chinois et sud-coréens de la batterie.
Le jeu de Go électrique de Toyota
Dans ce gigantesque Monopoly industriel, Toyota ne lésine pas sur les moyens. 1,7 milliard de dollars : c’est la mise de départ du constructeur pour booster ses filiales spécialisées et faire surgir de terre une nouvelle usine pour sa marque de luxe, Lexus d’ici l’année 2029.
Mais attention, Toyota n’est pas seul dans cette partie. Nissan, son éternel rival, injecte un milliard de dollars dans la bataille, avec un objectif en ligne de mire : produire ses propres batteries LFP (une techno déjà lorgnée par d’autres géants du secteur) dès 2028. Quid de l’État japonais dans tout cela ? Lui non plus ne restera pas les bras croisés et mettra aussi la main au portefeuille comme vous le lirez plus bas.
Le Japon en quête d’indépendance énergétique
Derrière ces chiffres vertigineux se cache un enjeu essentiel : l’indépendance. Actuellement, le marché mondial des batteries est un terrain de jeu principalement chinois et sud-coréen. CATL trône en maître avec 37,6 % de parts de marché, talonné par BYD, la conquérante et ses 16,1 %. Face à cette domination écrasante, le Japon veut reprendre la main et passer devant ses rivaux.
Le gouvernement japonais l’a bien compris. Son soutien ? Une enveloppe pouvant atteindre 2,44 milliards de dollars. Un coup de pouce bienvenu pour une industrie qui fait face à des vents contraires sur son propre territoire. Les voitures électriques fabriquées sur le territoire n’ont représenté qu’une infime partie du marché, soit 1,6 %, après une chute brutale de leurs ventes de 39 % au premier semestre 2024.
Pendant ce temps, les constructeurs étrangers grignotent du terrain. Les importations de BYD, le colosse chinois, ont explosé de 184 %. Certes, on ne parle que de 980 véhicules, mais le symbole est fort. Le consommateur japonais, réputé frileux face aux marques étrangères, semble enfin prêt à franchir le pas pour acquérir des modèles électriques innovants et surtout moins onéreux.
Cette grande quête ne fait que commencer pour Toyota et ses alliés. Face à des concurrents puissants qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne de production, de la batterie au véhicule fini, le défi est de taille. Il ne s’agit pas seulement de produire des batteries, mais de repenser entièrement l’approche de la production du véhicule électrique dans son ensemble.
- Toyota et ses partenaires japonais investissent 7 milliards de dollars pour augmenter leur production de batteries à 120 GWh par an d’ici 2030.
- Le gouvernement japonais soutient cette initiative avec une aide pouvant atteindre 2,44 milliards de dollars pour contrer la domination chinoise et sud-coréenne.
- Cette stratégie vise à redresser les ventes de véhicules électriques au Japon, en chute de 39 % au premier semestre 2024, face à la concurrence étrangère croissante.
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