Les projets de constellations de satellites sont nombreux sur Terre, et pour le moment le plus connu (ainsi que le plus avancé) reste celui d’Elon Musk et de son entreprise SpaceX, baptisé Starlink. Mais ce projet a fait des petits, aux quatre coins du monde. Loin de Pretoria la ville de naissance de l’entrepreneur propriétaire entre autres de Tesla, en Corée du Sud aussi construire une constellation de satellites est une idée qui a fait son bout de chemin.
L’entreprise privée Satrec Initiative, une des plus grandes sociétés spatiales coréennes a en effet présenté cette semaine son plan de développement pour une première constellation de satellites. Créé à la fin des années 90, Satrec s’est fait connaître pour sa capacité à construire des satellites d’observation de la Terre de grande qualité, et lors de ce lancement à venir, elle devrait continuer de suivre cette ligne de conduite.
L’entreprise propriétée du grand groupe sud-coréen Hanwha enverra ainsi un satellite d’imagerie haute résolution appelée SpaceEye-T en orbite terrestre basse d’ici le premier trimestre de 2024. La société asiatique explique que cela sera le premier pas vers la création d’une constellation de satellites dans le futur, bien qu’elle n’ait pas donné beaucoup de détails sur la composition et l’utilité de cette constellation dans son communiqué.
La question très géopolitique du lanceur
Satrec a dévoilé en longueur ses plans le 18 août dernier, expliquant que le satellite serait opérationnel en 2023, pour un lancement l’année suivante. La grande inconnue restante est donc le choix de la fusée qui enverra SpaceEye-T en orbite. Lourd de 700 kilogrammes, le satellite est conçu pour offrir des images avec une résolution de 30 centimètres par pixel.
Ce satellite devrait être utilisé à des fins de surveillance et d’observation de la Terre. Ce domaine est en expansion constante depuis des années alors que de nombreux secteurs ont besoin de plus en plus des images satellites de notre planète, avec la meilleure résolution possible.
Si le projet est sud-coréen, Jeon Bong-ki, un cadre de Satrec assure que l’entreprise est prête à se tourner vers des clients étrangers si ces denrées font des offres intéressantes, dans des domaines aussi variés que la surveillance du climat, la gestion et la prévention des catastrophes naturelles ou encore des utilisations militaires.
Quel avenir pour notre orbite ?
Ce lancement est une goutte d’eau dans un océan de développement technologique. Aujourd’hui plus que jamais, notre orbite est prise d’assaut par des projets de toute part, alors que le flou juridique continue de régner sur ce qu’il est possible de faire dans l’espace. Les entreprises privées voulant lancer leurs propres constellations se multiplient, au grand désespoir des astronomes, qui voient leurs observations du ciel profond perturbé par ces satellites qui passent et repassent sous leurs yeux.
Aujourd’hui la pollution spatiale est un problème pour les observations, mais c’est aussi une question écologique majeure pour les années à venir. Alors que Jeff Bezos avait proposé il y a quelques semaines d’envoyer les industries les plus polluantes dans l’espace, cette solution n’est qu’un contournement du problème, cela revient à déplacer la poussière sous son canapé en se persuadant que toute la pièce est propre.
L’espace, comme notre Terre, est des environnements fragiles qui doivent être préservés. Dans ce sens, les projets de constellations satellitaires doivent être mieux encadrés juridiquement, pour éviter que l’espace ne soit un nouveau Far West.
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