Au coeur de l’été l’agence spatiale américaine (NASA) a publié les premières images de son télescope spatial James Webb. Le monde entier s’est alors ému devant la beauté de ces clichés. Mais ces couleurs éclatantes ne doivent pourtant pas être prises pour une vision réaliste de l’univers.
Le télescope James Webb a pour particularité de faire ses observations sur des longueurs d’ondes infrarouges, invisibles pour l’oeil humain. Pour passer des données de Webb aux images publiées par la NASA, le Space Telescope Science Institute (STSI) joue un rôle d’intermédiaire clé.
C’est à cette institution de choisir les teintes et les nuances de couleurs qui vont illuminer les clichés de James Webb. Elle transforme les données transmises par le télescope en une image, claire visible et comprehensible de tous. Un travail titanesque à cheval entre la rigueur scientifique et la liberté artistique.
Un travail scientifique et artistique
Lors de la réception de nouvelles données, Alyssa Pagan, une des scientifiques du STSI utilise ce que l’on appelle “l’ordre chromatique” ou “la palette d’Hubble” pour colorier ces images. Autrement dit elle va analyser les longueurs d’ondes reçues par James Webb pour les transformer en couleur.
Plus les longueures d’ondes sont courtes, plus elle va utiliser des couleurs avec des longueurs d’ondes courtes, bleu ou vert généralement. À l’extrême inverse, si les longueurs d’onde infrarouges de James Webb sont très longues, cela se traduira par une image plus proche du rouge ou de l’orange, des couleurs avec une longueur d’onde plus importante.

L’analyse de ces longueurs d’onde permet également de connaître la composition de la matière dans la zone étudiée par James Webb. Ainsi une zone de l’image qui prendrait des teintes orange serait remplie d’hydrogène. Si l’image est au contraire d’un rouge “sang” il s’agit sans aucun doute de souffre.
Cette “palette” de couleur a été popularisée en premier par le télescope spatial Hubble dont elle tient son nom. Elle a depuis été reprise pour analyser les données de James Webb. En connaissant cette palette, nous pouvons comprendre la composition de la matière en un regard.
Les couleurs ne sont pas choisies au hasard
Dans l’exemple ci-dessous, la nébuleuse de la Carène, l’une des premières photographies de James Webb, il est possible de voir une bande rouge dans le bas de l’image. Cette zone est riche en souffre tandis que le coeur de la photo, plus clair, est chargé en hydrogène. Le haut du cliché est lui beaucoup plus sombre, montre l’absence de gaz dans cette zone du ciel.

Une fois cette “première couche” réalisée, Alyssa Pagan peut laisser parler sa créativité et rendre l’image plus “magique”. La scientifique essaye alors de forcer un peu les contrastes ou faire un peu de nettoyage dans les zones très peuplées. L’objectif est de rendre le résultat plus facile à comprendre pour le grand public, les scientifiques se servant des données brutes pour faire leurs recherches.
Les images de James Webb ne sont pas l’espace
Les images d’Hubble ou de James Webb ne sont donc pas des “photos” de l’espace mais plutôt des interprétations. La réalité est surement tout autre et ces clichés restent des “vues d’artistes”. Les images de la NASA permettent avant tout de se donner une idée de la “vie” dans l’univers, du mouvement de la matière et de l’évolution de cette dernière dans le temps.
Avec un peu de poésie, Pagan essaye de rendre l’espace accessible à tous, en mettant de la couleur là où notre oeil ne voit rien. Un travail qui demande une certaine rigueur pour ne pas tromper le grand public, mais aussi beaucoup de créativité pour rendre les images plus belles les unes que les autres.
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C quoi “d’ondes infrargoues” au début de l’article ?