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Voici les tous premiers travaux français réalisés avec James Webb

Il y a quelques jours une équipe de chercheurs français a pu utilisé le télescope spatial James Webb pour étudier la nébuleuse d’Orion.

Olivier Berné est astrophyscien pour le CNRS (centre national de recherche scientifique). Avec son équipe toulousaine il a eu le privilège de travailler avec le télescope spatial James Webb. Lancé dans l’espace le 25 décembre dernier, ce bijou de technologie surpasse largement les autres appareils.

“James Webb est le meilleur outil disponible pour la recherche. Il combine  les points forts de tous les télescopes en un” explique Olivier Berné, encore admiratif de la puissance de l’appareil. Des travaux qui se sont concentrés sur la nébuleuse d’Orion (M42).

L’idée de cette étude était de mieux comprendre comment se forment les étoiles. “C’est une question cruciale pour mieux appréhender les premiers instants de notre système solaire.” Après cinq ans de travail en amont, le chercheur a enfin eu accès au James Webb Space Telescope (JWST). Avec son équipe basée sur Paris et au Canada, il a pu travailler pendant plus de 40 heures avec l’appareil le plus sophistiqué au monde.

James Webb : le meilleur télescope spatial

“C’est un télescope merveilleux, plus puissant que tous les autres télescopes que j’ai pu utilisés. C’est formidable d’avoir pu l’utiliser aussi librement”. Après quelques jours d’observations, les premiers résultats arrivent le week-end dernier. Dans la journée une publication est faite (ci-dessous).

https://twitter.com/OliBerne/status/1569329308023361537?s=20&t=Y112QWAEsfdHDbCx5Y26pg

La nébuleuse est présentée avec un niveau de détail encore jamais atteint. La zone photographiée par James Webb est grande comme un grain de riz dans le ciel nocturne. Le télescope parvient pourtant à en détecter des nuances de couleurs, de températures et de compositions.

“Nous attendons encore des données supplémentaires de la part de James Webb, avant de tirer des conclusions”. Avec ces nouvelles images de la nébuleuse, Olivier Berné espère mieux comprendre le rôle des “étoiles géantes” dans les pouponnières d’étoile. “Elles sont un point d’équilibre entre les forces magnétiques, gravitationnelles et thermiques. Sans ces étoiles aux durées de vies très courte, nous ne serions pas là et le Soleil non plus”. 

Une chance énorme

Un sujet d’étude très précis qui s’intéresse à une question fondamentale : comment l’univers que nous connaissons aujourd’hui s’est-il formé ? Une question qui a attiré l’intérêt des chercheurs de la NASA lors de la phase de sélection. “Pour avoir accès au télescope James Webb il faut en faire la demande. Puis le dossier est étudié par un jury qui évalue l’intérêt scientifique de notre recherche.” Un processus long et très exigeant. Au départ 200 lettres d’intention arrivent au siège de la NASA.

Au bout du compte, seulement treize projets seront sélectionnés. Olivier Berné fait donc parti des très rares élus, une fiérté surtout qu’il est le seul chef d’étude français de cette sélection. “On a un rapport presque de filiation avec cette expérience. Quand les premières images sont arrivées, tout le monde a foncé au bureau pour les voir.”

James Webb : un télescope pas comme les autres

Le télescope spatial James Webb est une création de la NASA. L’agence spatiale américaine a investi 20 ans de recherche et 10 milliards de dollars pour que le projet soit mené à bien. Aujourd’hui opérationnel le télescope est utilisé pour de multiples missions.

En plus des expériences d’Olivier Berné sur la nature des pouponnières d’étoiles, d’autres chercheurs travaillent à la recherche de “Terre bis”, des exoplanètes distantes de quelques années-lumière qui seraient suceptibles d’abriter la vie. Avec la puissance de résolution de James Webb ils espèrent pouvoir analyser l’atmosphère de ces planètes.

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