[La Start-Up française de la Semaine] : AlphaUI

Un système de clavier dorsal interactif pour tablettes, smartphones, etc.
Lorsque vous tenez votre tablette à deux mains, les seuls doigts qui peuvent taper du texte sont vos pouces. Où se trouve l’ensemble des doigts restants ? Au dos de la tablette…

Cet article fait partie d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire sur Presse-Citron. Une nouvelle start-up française vous sera présentée chaque semaine : le Jeudi à 11h.

Le mois de Mars sera consacré aux start-ups qui se sont spécialisées dans le hardware et la création de matériel électronique.

A la fin du mois, les lecteurs de Presse-Citron seront amenés à voter pour l’une des 4 start-up présentées et élire la Start-Up du mois.

Que fait AlphaUI ?

Un système de clavier dorsal interactif pour tablettes, smartphones, etc.

Très concrètement, lorsque vous tenez votre tablette à deux mains, les seuls doigts qui peuvent taper du texte sont vos pouces. Où se trouve l’ensemble des doigts restants ? Au dos de la tablette… mais cela est vrai aussi avec votre smartphone. Partant de ce constat, AlphaUI a décidé d’innover. Et pas qu’un peu si vous voulez mon avis, puisqu’ils ont véritablement pensé un système où le clavier se situe à l’arrière de l’appareil. Un énorme travail d’ergonomie a été réalisé (ainsi que de nombreux tests) pour arriver au résultat le plus intuitif possible. Gain de place sur l’écran puisque vous n’avez plus besoin d’y voir le clavier, meilleure prise en main de l’appareil, position du corps plus confortable, AlphaUI propose une expérience qui, sur le papier, donne envie de s’y tenter. Et la meilleure nouvelle pour cette technologie, intitulée le Backtyping BKFS (pour Back Key, Front Screen), c’est qu’elle va enfin voir le jour cette année.

 

Qui est derrière AlphaUI ?

La mobilité ? Patrice Jolly connaît cela très bien. En effet, son ancien poste de vice-président de Streamcore Systems l’a amené à diriger une équipe de vingt personnes tout en voyageant du Moyen-Orient vers les pays Scandinaves puis aux Etats-Unis ou vice-versa. Bref, Patrice a connu de nombreuses salles d’attente d’aéroports où travailler est inconfortable et il a pesté contre les sièges d’avions trop rapprochés pour réussir à ouvrir son ordinateur portable complètement. Et lorsqu’il était de retour au pays, Patrice aimait travailler depuis son lit, depuis un canapé, depuis un transat au bord de la piscine. Mais l’ordinateur en position couchée, c’est loin -très loin- d’être l’idéal.

La révélation du «backtyping» (technologie dont il est l’inventeur) lui est apparue progressivement comme une évidence : il suffisait de regarder où se situent nos doigts lorsque nous tenons nos appareils technologiques. Sa réflexion fut la suivante : «mes doigts sont là… maintenant il faut que les touches soient là aussi».

Mais de retour en 2008, Patrice Jolly peine à convaincre. D’abord il y a la rupture d’usage… revenir sur l’utilisation d’un clavier (dont la disposition Azerty nous est quand même héritée de questions pratiques relatives aux machines à écrire). Puis il y a le manque d’appareils où le concept de clavier dorsal pourrait s’adapter. En effet, 2008 est l’année du lancement du premier téléphone Android, nous sommes 2 ans avant la sortie de l’iPad. Patrice doit convaincre ses investisseurs sur le fait que des tablettes vont arriver sur le marché, et qu’un clavier dorsal sera très utile sur ces tablettes. AlphaUI veut transformer ces appareils de consultation de contenu et en faire des compagnons parfaits pour la création de contenu en mobilité.

Mais une fois que Patrice a commencé à travailler sur les premiers prototypes, ceux-ci ne le quittent plus. Et c’est lors d’un pic-nic entre amis qu’il a sorti des maquettes en bois et en plexy pour demander s’ils avaient une idée de ce que cela pouvait être. Guillaume Plaisant, un designer de talent, participait à ce pic-nic. Il eut cette tablette primitive entre les mains et compris très vite son fonctionnement. Il s’est tourné vers Patrice et lui lança : «tu as besoin d’un designer».

AlphaUI venait de trouver son designer.

 

 Carte d’identité

Nom : AlphaUI

Date de lancement : 2008

Lieu des bureaux : Paris, 18ème

Nombre d’employés : 5

Modèle économique : AlphaUI va d’abord lancer un premier produit par elle-même. Elle va vendre en direct sur internet en ciblant les technophiles pour commencer le travail d’évangélisation du backtyping. Mais la start-up est déjà en contact avec plusieurs constructeurs de smartphones/tablettes à qui elle veut vendre le concept pour l’intégrer directement à leurs tablettes et proposer une diffusion plus massive.

A côté de cela, AlphaUI pense déjà au développement d’applications spécialisées pour faciliter l’écriture journalistique par exemple.

 

Anecdotes :

  • Patrice Jolly a fait une présentation très conventionnelle dans un amphithéâtre rempli d’étudiants ingénieurs d’ISTN. Comme d’autres start-ups, il montre le dispositif qu’il a créé et propose à quelqu’un de venir le tester. La réaction a été des plus surprenante puisque 3 étudiants ont sauté par dessus leur table pour prendre en main l’appareil. L’ergonomie inhabituelle du prototype semble très attractive et suscite une grande curiosité.

 

  • Le fondateur d’AlphaUI a également été en mesure de présenter les premiers appareils équipés du clavier dorsal a des enfants de 7 à 8 ans. Ils ont immédiatement compris le fonctionnement du clavier et se sont passé l’appareil pour que chacun puisse écrire son nom. Des jeunes filles discutaient entre elles, s’imaginant déjà écrire leur journal secret avec ce système.

 

Points forts :

  • Une technologie très innovante, pensée pour une ergonomie optimale
  • Un vrai apport pour l’écriture en mobilité
  • Une compréhension immédiate du système par les plus jeunes
  • Une vraie rupture d’usage

 

Points faibles :

  • Une vraie rupture d’usage : les personnes plus âgées vont avoir du mal à changer leurs habitudes pour une méthode totalement nouvelle de saisie.


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5 commentaires

  1. La Grande Question :
    Comment fait-on pour saisir plusieurs dizaines de caractères différents avec 8 doigts que l’on ne voie pas :/
    Je ne suis pas admirateur de l’utilisation des tablettes mais un concept comme celui-ci pourrait peut-être me faire changer d’avis s’il me permet de programmer pendant mes voyages… J’aimerais beaucoup le tester !!!

  2. @Valbou Je n’ai pas testé mais je pense que le principe sera celui des stenotypes utilisés par les stenographes. Par contre la courbe d’apprentissage risque d’etre longue a mon avis…

  3. @Valou et Charles, justement ce n’est pas de la sténo et un clavier à accord comme le montre Josick. Pas d’apprentissage fastidieux et poussé comme pour de la sténo, c’est facile à comprendre et à utiliser. L’ergonomie des touches a été travaillée (et cela a pris du temps !!!) pour avoir un clavier Azerty standard et une touche en face arrière par lettre, avec une gestuelle très simple. La fonction de chaque touche est affichée sur l’écran dans un mini clavier virtuel. Rien à apprendre par coeur. On repère sur l’écran la lettre qu’on veut appuyer et on sait automatiquement quel doigt et quelle gestuelle on doit faire… A découvrir…

  4. Pingback: WeekLette : Gazette de la semaine [23/03/2012]

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