[La Start-Up française de la Semaine] : la Ruche qui dit Oui !

Cet article fait partie d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire sur Presse-Citron. Une nouvelle start-up française vous sera présentée chaque semaine : le Jeudi à 11h. Ce mois de Novembre sera consacré à la consommation collaborative. A la fin du mois, les lecteurs de Presse-Citron seront amenés à voter pour l’une des 4 start-up présentées et élire

Cet article fait partie d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire sur Presse-Citron. Une nouvelle start-up française vous sera présentée chaque semaine : le Jeudi à 11h.

Ce mois de Novembre sera consacré à la consommation collaborative.

A la fin du mois, les lecteurs de Presse-Citron seront amenés à voter pour l’une des 4 start-up présentées et élire la Start-Up du mois.


Que fait La Ruche qui dit Oui ?

Un site web permettant de créer des petites communautés de consommateurs qui  peuvent se mettre en relation directe avec le producteur pour acheter des fruits & légumes moins chers.

Le principe est assez simple. Il y a 3 types d’acteurs sur La Ruche qui dit Oui :

  1. Les producteurs : ils proposent leurs fruits et légumes aux ruches aux prix qu’ils décident. Pour les besoins de cet exemple, disons qu’un producteur propose de livrer 100 kilos de pommes pour 1€ le kilo.
  2. L’organisateur d’une ruche : il décide de fédérer une communauté et de s’occuper de la distribution entre les fournisseurs et les membres d’une ruche. Il va transmettre l’offre de notre producteur de pommes pour la proposer aux membres de sa ruche.
  3. Les participants d’une ruche : ils profitent des prix intéressants sur leurs fruits et légumes grâce à l’achat groupé et à la réduction du nombre d’intermédiaires. Sur les 50 membres de cette ruche, il y a suffisamment de personnes intéressées pour arriver au palier de 100 kilos fixé par le producteur. C’est ce que la start-up appelle : “La Ruche a dit Oui”, c’est à dire que les participants d’une ruche acceptent la proposition du producteur.

La Ruche qui dit Oui est encore dans sa phase de lancement : 165 ruches sont en train de se constituer et 20 ruches sont déjà en activité.

A l’avenir La Ruche qui dit Oui ! veut se diversifier et proposer une plus grande variété de produits comme de la viande, des produits d’entretien ménager bio, ou même encore des services avec des partages de compétences.

Qui est derrière la Ruche qui dit Oui ?

L’histoire commence avec Guilhem Chéron, designer industriel aux multiples centres d’intérêt. D’un côté, son travail le faisait baigner dans le monde de la cuisine puisqu’il devait designer des équipements pour aider à la consommation de produits frais dans les cantines, maisons de retraite, etc.

Mais de l’autre côté, Guilhem est cuisinier, proposant à la fois des livres de cuisine, des cours de cuisine et en se proposant comme traiteur lors d’événements.

Entrepreneur dans l’âme, Guilhem a rejoint un incubateur pendant 6 mois où il a pu apprendre énormément sur les thématiques où il n’était pas à l’aise comme la vision business. Au terme de cette période où il a dû changer 100 fois de projet, l’idée de la Ruche qui dit Oui ! était née. Projet que Guilhem admet être sacrément mégalo puisque l’idée était tout de même de faire rentrer tout ce qui lui plaisait dans un seul projet.

Guilhem ne pouvait pourtant pas porter le projet seul, c’est pourquoi il a participé à une soirée networking pour rencontrer des associés potentiels. C’est là qu’il a fait la connaissance d’une personne de la Silicon Valley avec qui il a décidé de se lancer. Au bout de 6 mois, Guilhem devait accepter le fait que cette association ne fonctionnait pas… ils n’étaient pas suffisamment sur la même longueur d’onde et il a mis fin à cette collaboration. A ce moment là, Guilhem a faillit complétement abandonner la Ruche qui dit Oui !

Mais il est retourné sur le site web rassemblant les témoignages de toute les personnes présentes lors de la soirée networking qui avait eu lieu 6 mois plus tôt et il est tombé sur 2 profils intéressants. Du vendredi la collaboration avec la personne de la Silicon Valley prenait fin, du lundi il appelait ces 2 nouvelles personnes et du mardi ils décidaient de se lancer ensemble.

Et les deux personnes en question ne sont pas des débutants puisqu’il s’agit d’un côté de Mounir Majhoubi, passé par l’Institut d’Etudes politiques de Paris avant d’aller à l’Université de Columbia puis de tenir des postes notamment comme  chef de projet chez Club Internet et dans l’équipe marketing internationale de L’Oréal.

De l’autre Marc-David Choukroun, qui a été consultant/chef de projet chez IBM, Sephora, Nestlé International, Vuitton, etc. avant de fonder l’agence digitale flipin.

Cette association se révéla bien plus prolifique que la première.

Carte d’identité

Nom : La Ruche qui dit Oui !

Date de lancement : mars 2011

Lieu des bureaux : 9ème

Nombre d’employés : 5

Modèle économique : lorsqu’un producteur choisit un prix pour son produit, La Ruche qui dit Oui ! lui ajoute 20% qui se partage comme suit :

-10% pour l’organisateur d’une ruche pour rémunérer ses efforts

-10% pour La Ruche qui dit Oui ! pour se dédommager du service rendu (mise en relation des différents acteurs, gestion des paiements, vérification de la conformité aux normes d’hygiène, etc.)

La start-up met en avant le fait que ces 20% sont bien inférieurs aux marges que l’on trouve dans la distribution classique qui vont de 40 à 250%.

Anecdotes :

  • Au tout début du projet, lorsqu’il devait le présenter, il leur était souvent fait l’objection qu’il allait devoir changer les gens, faire évoluer leur mode de consommation, etc. En réalité, l’équipe se rendit compte que les gens étaient déjà prêts pour un projet comme la Ruche qui dit Oui ! Et au contraire de changer ses utilisateurs, la start-up veut changer d’après ses utilisateurs. C’est pourquoi elle tente au maximum de designer la plateforme pour que chaque ruche puisse avoir une marge de liberté, elle se demande “comment laisser faire”, comment laisser créer des individualités dans le fonctionnement de chacune des ruches.
  • Au final, les utilisateurs amènent d’autres moyens d’utiliser le service. Prenons l’exemple de jeunes agriculteurs qui ne sont pas encore sortis de leurs études en lycée agricole : ils ont déjà fait les premières démarches pour acheter des terres et planifient de faire fonctionner leur propre ferme en utilisant la Ruche qui dit Oui ! d’une manière à laquelle ses fondateurs n’avaient pas pensé. En effet, ils vont créer une ruche à l’intérieur de la ferme pour être à la fois producteur et gestionnaire de la ruche, l’idée étant de profiter du système communautaire de celle-ci pour fournir les clients plus facilement.

Points forts :

  • S’inscrit dans plusieurs mouvements, celui de la consommation collaborative, du manger bio, des locavores
  • En principe, tout le monde y gagne: le producteur choisit son prix, le créateur d’une ruche a un petit revenu complémentaire et les participants de la ruche payent moins cher
  • Malgré sa jeunesse, le système de la Ruche qui dit Oui a déjà créé des petites communautés de personnes qui se voient régulièrement, échangent, organisent des repas entre participants d’une même ruche

Points faibles :

  • Une ruche est un équilibre délicat où il faut un minimum 30 personnes pour que cela marche et qui devient beaucoup moins gérable lorsque l’on arrive au dessus de 60


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2 commentaires

  1. Pingback: Consommation collaborative : vers une économie qui fait sens ? | Generation EcoGreen

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