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“La Terre va trop vite pour nous” : qu’est-ce que la seconde de moins qui fait paniquer le monde entier ?

Perdus dans les couloirs du temps.

Connaissez-vous la “seconde intercalaire négative” ? Ce concept encore jamais réalisé pourrait bientôt devenir une réalité. Depuis 1972, les régulateurs du temps ont ajouté des secondes supplémentaires pour compenser le ralentissement progressif de la rotation de la Terre, mais le phénomène inverse pourrait maintenant nécessiter une action tout aussi radicale.

Selon Frédéric Meynadier, du département Temps du Bureau International des Poids et Mesures (BIPM), la Terre a cessé de ralentir et a même commencé à accélérer. Ce phénomène surprenant (et pas encore totalement expliqué) est attribué à divers facteurs tels que l’attraction gravitationnelle de la Lune, les mouvements du manteau terrestre, et récemment, les effets du réchauffement climatique sur l’atmosphère. Cette modification des vitesses de rotation terrestre pourrait impliquer la nécessité de retirer une seconde aux horloges mondiales pour rester synchronisées avec la rotation de notre planète.

La mesure du temps sur Terre est traditionnellement alignée sur sa rotation, chaque jour durant 86 400 secondes selon le temps universel coordonné (UTC), établi par des horloges atomiques depuis 1967. Toutefois, si la rotation terrestre s’accélère ou ralentit au-delà d’une seconde par rapport à l’UTC, il devient nécessaire d’ajuster l’heure mondiale, en ajoutant ou en retranchant des secondes pour maintenir l’alignement.

Jouer la montre

La perspective de retirer une seconde pose cependant de sérieux défis techniques. En 2012, l’ajout d’une seconde intercalaire avait entraîné des pannes importantes dans des services en ligne majeurs comme Amazon et LinkedIn, révélant la difficulté de gérer ce type d’ajustement dans un réseau informatique mondial interconnecté. En effet, si deux ordinateurs ne sont pas synchronisés à la même seconde, cela peut entraîner des problèmes de communication et des dysfonctionnements inattendus.

Face à ces défis, des géants technologiques tels que Meta, Google, et Microsoft militent pour une réforme du système de la seconde intercalaire. Ils préconisent un rapprochement entre l’heure atomique et l’heure terrestre, dans l’espoir d’abandonner le système actuel. Le BIPM suit de près les négociations sur ce sujet, qui semblent avancer positivement.

La décision finale de retirer une seconde du temps mondial reviendra au Service international de rotation de la Terre et des systèmes spatiaux (IERS), qui continue de surveiller attentivement les variations de la vitesse de rotation terrestre. Cette situation met en lumière non seulement les capacités de notre technologie mais aussi ses limites, et souligne l’importance de continuer à adapter nos systèmes de mesure du temps à un environnement en constante évolution.

  • Pour la première fois, nous pourrions avoir besoin de retirer une seconde au temps universel coordonné (UTC) pour compenser l’accélération de la rotation de la Terre.
  • Retirer une seconde pourrait causer des dysfonctionnements significatifs dans les réseaux informatiques interconnectés
  • Les grandes entreprises technologiques militent pour réformer le système de seconde intercalaire

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Bonjour
    Oui, une seconde de moins risque d’être problématique avec des systèmes mondiaux qui font des opérations à la nanoseconde… Du coup, pendant une longue seconde, des références de transactions ou d’opérations en double… Il faudrait presque tout arrêter pendant deux secondes pour ‘recaler’ les horloges… Mais, là, c’est de la science-fiction !

Les commentaires sont fermés.