L’ESO (observatoire européen austral) avait donné rendez-vous à tous les curieux de la Terre entière. Il y a trois ans, l’observatoire avait déjà bouleversé notre version de l’Univers, en publiant la toute première image d’un trou noir. Il s’agissait à l’époque de M87, un trou noir situé à plus de 53 millions d’années-lumière.
Loin d’être le trou noir le plus proche de la Terre ni le plus grand de l’Univers, la galaxie M87, et le trou noir en son centre était le candidat idéal selon l’ESO et l’EHT (Event Horizon Telescope). Grâce à sa distance de la Terre, il était facile de faire le tri entre les étoiles et le trou noir. Une chose beaucoup plus compliquée à faire pour un trou noir proche de nous, comme Sagittarius A*, qui se trouve au centre de notre Voie lactée.

Un travail historique de la part de l’EHT
Pour mieux réaliser l’ampleur de la tâche lors de la capture de l’image de M87, les données informatiques récoltées par les radiotélescopes étaient tellement nombreuses qu’il était plus simple pour les différents observatoires de copier ces données et les transférer manuellement, depuis un disque dur physique (qui s’est donc rendu en Californie là où toutes les données ont été centralisées). Le voyage en avion était en effet moins long que le transfert des données par la fibre optique.
Si tout le monde avait été surpris par le résultat obtenu il y a trois ans, lui qui venait valider la théorie de la relativité générale d’Einstein, beaucoup de personnes s’attendaient dans les heures qui ont précédé l’annonce qu’il s’agit d’une photo de Sagittarius A*, le trou noir au centre de la Voie lactée, notre galaxie.
Une première image de Sagittarius A*
À l’époque les équipes de l’ESO et de l’EHT avaient expliqué qu’il y avait trop de « bruits » pour avoir une image nette du trou noir, notamment à cause des nombreux systèmes planétaires qui barrent le passage des radiotélescopes en permanence, perturbant fortement les observations.
Mais voilà, trois ans plus tard, l’image de Sagittarius A* vient d’être publiée par l’EHT. Un vrai tour de force pour les observatoires du monde entier. Pour se donner une idée de la précision de cette image, l’ESO explique qu’il est possible de voir les détails d’un immeuble new-yorkais depuis le haut de la tour Eiffel avec une telle qualité de l’image.
Autre idée folle, pour se rendre compte de l’importance du travail accompli, la totalité de la data récoltée dans cette expérience, imprimée sur des feuilles A4 serait capable d’aller de la Terre à la Lune.

Qu’est-ce qu’un trou noir ?
Un trou noir arrive lors de l’effondrement d’une étoile massive. C’est d’ailleurs le stade ultime de l’effondrement de la matière. La gravité devient si importante en un point précis de l’Univers (la singularité) que la lumière ne peut alors plus quitter le trou noir, elle qui ne va pas assez vite (300 000 km/s) pour se détacher des forces gravitationnelles.
Il est donc vrai de dire que « rien ne peut sortir d’un trou noir, pas même la lumière ». Souvent décrits comme des aspirateurs à matière, les trous noirs font « tomber » la matière en leur centre. En général ils sont situés au centre des galaxies. De par leur masse et leur force gravitationnelle, ils arrivent à maintenir un certain équilibre dans l’Univers.
Théorisés par Albert Einstein au début du 20e siècle dans sa théorie de la relativité générale, les trous noirs n’ont donc été prouvés qu’en 2019, lors de la publication de l’image de M87. Bien que nous savions que la Terre tourne autour d’un trou noir, comme le reste de la galaxie, nous n’avions jamais eu d’images de ce dernier, voilà qui est donc fait.
Il sera intéressant de voir dans les prochains mois comment cette image peut évoluer et comment l’EHT compte l’améliorer encore, eux qui ont d’ores et déjà annoncé avoir assez de matière pour faire une mise à jour de la photographie de Sagittarius A*.
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Attention, vous oubliez de mentionner le fait que la théorie dite du trou noir n’est encore actuellement qu’une hypothèse. Les photographies ne prouvent pas que la structure interne de l’objet observé valide cette théorie, elles témoignent simplement de la présence d’un objet spatial à cet endroit.