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La TV LG est proche de la fin : 60 ans après le premier téléviseur sud-coréen, l’activité devrait être vendue au géant chinois Hisense

L’entreprise qui fut l’une des premières à inventer la télévision coréenne et en vend depuis plus d’un demi-siècle pourrait bien quitter le secteur, sans se retourner. Hisense, géant chinois de l’électronique et de l’électroménager, qui lorgnait depuis longtemps sur ce segment, n’attendait probablement pas mieux.

LG (sous le nom GoldStar) a été le pionnier de l’électronique en Corée du Sud : en 1966, elle lança le VD-191, le tout premier téléviseur fabriqué dans le pays. Elle changea son nom en 1995 pour LG (Lucky-Goldstar), première année de l’offensive qui allait faire d’elle une marque premium. Trois ans plus tard, elle présenta le premier téléviseur plasma de 60 pouces au monde, et dans les années 2000, elle devint leader de l’affichage haut de gamme. En 2004, elle donna naissance au plus grand téléviseur LCD, un monstre de 60 pouces et réitéra l’exploit en 2013 avec le lancement de la plus grande TV OLED.

Elle n’a jamais lâché le segment des écrans premium depuis : le LG G4, un petit bijou concentré de technologies, l’OLED T, premier téléviseur transparent au monde, ou encore, le Micro RGB Evo, un moniteur dopé à l’IA. En soixante ans d’existence, LG est presque devenue le synonyme de « téléviseur », mais cette hégémonie touche peut-être à sa fin.

Selon le média coréen EBN, des dirigeants de l’entreprise se seraient récemment rendus à Pékin pour discuter avec la firme Hisense d’une possible restructuration de sa division TV, pouvant aller jusqu’à une cession complète. Aucun des deux groupes n’a confirmé quoi que ce soit, mais la seule évocation de cette rumeur a suffi à mettre en émoi le secteur.

Le marché de la TV, un champ de ruines où la Chine ramasse les débris

Le marché mondial des téléviseurs a changé de visage en à peine cinq ans, sous la pression d’acteurs chinois qui ont appris à titiller les fabricants historiques comme ils savent le faire. Deux entreprises sortent du lot : Hisense et TCL (The Creative Life), deux groupes subventionnés à grands coups de milliards par Pékin, qui les utilise comme outils de soft-power.

Cela ne vous rappelle rien ? Les grands noms chinois du secteur automobile, bien sûr : l’ogre BYD, SAIC Motors (MG), Xiaomi Auto ou encore Nio. Hisense et TCL ont appliqué la même recette que leur compatriotes à la TV pour se faire une place dans le secteur. Des prix agressifs, des volumes de vente titanesques, des produits qualitatifs et une maîtrise quasiment totale de la chaîne de production.

Selon les estimations du cabinet Omdia, TCL détient aujourd’hui 14 % des expéditions mondiales de téléviseurs, et Hisense 12,5 %. Des chiffres qui, il y a dix ans, auraient semblé improbables pour deux marques quasi inconnues hors d’Asie.

Si LG et Samsung, autre poids lourd du secteur, leur résistent encore, c’est notamment grâce à leur avance technologique sur les dalles OLED et QLED haut de gamme. Mais TCL et Hisense sont à l’affût sur les gammes intermédiaires, un segment sur lequel ils exercent une pression toujours plus importante.

Sony, pourtant très bien positionnée, a déjà rendu les armes : en mars 2026, le groupe a cédé une participation majoritaire dans sa division TV à TCL. Si une entreprise aussi mythique que Sony a plié, c’est qu’aucune autre n’est vraiment à l’abri des coups de bélier assénés par les deux géants chinois.

Dans le cas où LG cédait réellement sa division à Hisense, elle ne partirait tout de même pas les mains vides et garderait dans sa manche sa carte maîtresse : webOS, son système d’exploitation maison présent sur des centaines de millions de téléviseurs dans le monde, pour le repositionner comme plateforme logicielle pour moniteurs, véhicules connectés et affichages professionnels. C’est exactement ce qui s’est passé lorsqu’IBM a vendu sa division PC à Lenovo en 2005, ou Microsoft en 2014, en cédant sa division téléphones pour se recentrer sur le cloud et Azure. Des pivots qui ont très bien réussi aux deux groupes, dont LG pourrait éventuellement s’inspirer : une mue douloureuse au vu du passé glorieux de l’entreprise, mais peut-être nécessaire à sa survie.

  • LG, pionnier de la télévision en Corée, envisage une cession de sa division TV face à la pression croissante des géants chinois Hisense et TCL.
  • Ces entreprises, soutenues par l’État chinois, capturent rapidement des parts de marché avec des prix compétitifs et des produits de qualité.
  • Si LG se retire, elle pourrait conserver son système d’exploitation webOS pour se réorienter vers d’autres marchés comme les moniteurs ou les véhicules connectés.

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