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J’ai conduit le Renault Rafale : pourquoi ce SUV hybride m’a laissé sur ma faim

Lancé en 2024 pour remplacer indirectement la Talisman, le Renault Rafale est le fleuron de la marque au Losange. Deux ans plus tard, est-il toujours à la page face à une Peugeot 408 fraîchement restylée ?

Je m’attendais honnêtement à plus d’exclusivité. Manque de bol, le Renault Rafale partage très largement son mobilier avec celui de l’Austral et de l’Espace. Est-ce rédhibitoire face à une Peugeot 408 tout juste restylée ? Si les similitudes intérieures entre les trois SUV sont flagrantes, elles ne sont pas pour autant pénalisantes. Regardez l’écran tactile de 12 pouces, par exemple.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

La victoire éclatante de l’écran tactile

La dalle sous Android Automotive est tout simplement un modèle du genre. C’est clair, net et précis. Résultat, l’afficheur du Rafale met une vitesse à celui de la 408, sa concurrente toute désignée. D’ailleurs, cette dernière n’innove pas non plus en reprenant à bon compte la planche de bord de la 308. C’est qualitatif et original, mais plutôt à la traîne numériquement parlant.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Une ergonomie bien pensée, malgré tout

Le Rafale prend l’équation à l’envers, avec des écrans au goût du jour mais une qualité de finition juste moyenne pour un fer de lance. Tant que les boutons ne restent pas dans les doigts, ça ira. Des interrupteurs, il y en a pour la ventilation, ce qui est de bon goût. Contrairement à la 408 se remettant trop au tactile, l’ergonomie est bonne. Un double appui sur un bouton situé à gauche du volant coupe les aides à la conduite. Excellent.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Instrumentation : le choix de la lisibilité

Si l’instrumentation numérique de 12,4 pouces n’offre pas l’effet waouh du combiné en relief de la 408, elle demeure plus lisible et tout aussi personnalisable. Côté écrans, ça me plaît donc bien. Côté conduite, il y a en revanche des choses à dire. La fermeté de l’amortissement empêche les applaudissements systématiques. C’est ferme, et il n’y a pas de suspensions pilotées. La 408 propose un bien meilleur moelleux.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Un silence qui fait cruellement défaut

Et un habitacle plus silencieux, aussi. L’insonorisation du Rafale manque clairement de soin. Les remontées sonores sont particulièrement marquées au niveau des roues. Les bruits aérodynamiques s’invitent aussi à haute vitesse. Je n’ai clairement pas ressenti cela avec la Peugeot, qui se montre plus raffinée sur ce point. Sur la partie dynamique, le Rafale prend en  revanche l’ascendant.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

L’atout maître : les quatre roues directrices

L’engin enroule les virages avec une facilité déconcertante et contient son roulis. Son secret ? Ses quatre roues directrices. Un atout qui n’est cependant pas gratuit puisque facturé 1 500 € sur notre finition de base Techno. Mais cela transfigure le comportement routier. Un bel investissement, donc. La 408 en comparaison apparaît plus pataude, sans être catastrophique, toutefois.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Moteur : le châssis en voudrait plus !

J’aurais souhaité un moteur plus puissant sous le capot. Le bloc de 200 ch ne permet pas de profiter de toutes les qualités du châssis. Peut-être que la version de 300 ch s’y prêtera davantage… En attendant, les accélérations n’impressionnent guère alors que l’ensemble est particulièrement sonore quand on tape dedans. Le dosage de la pédale de frein n’est pas évident. On peut cependant régler le freinage régénératif sur quatre niveaux.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Mécanique : la Peugeot 408 totalement larguée

Sur le versant mécanique, l’attelage micro-hybride de la 408 est complètement à l’ouest. Accélérations et reprises sont asthmatiques. Et la consommation pas si basse que cela comparé à celle du Rafale. J’ai avalé 5,8 l/100 km sur un parcours campagnard en roulant de manière assez soutenue. Les nombreuses phases en mode électrique, il faut dire que ça aide, y compris à haute vitesse où le trois-cylindres peut se mettre en pause.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Une sobriété qui fait oublier les défauts

Il vaut mieux, car en plus du bruit pas super agréable, les vibrations donnent un coup sec au raffinement. Au moins, c’est sobre et vu le prix du carburant, ce détail n’a rien d’un détail. C’est d’ailleurs en ville que le Rafale sera le plus économique. Les deux électromoteurs associés à une batterie de 2 kWh optimisent le roulage électrique, même lors d’accélérations appuyées.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Ville : un Rafale paradoxal

Passer sous les 5 l/100 km en urbain sera facile. Les manœuvres également grâce aux quatre roues directrices. Néanmoins, la visibilité réduite peut compliquer les choses, surtout à l’arrière, où la lunette inclinée est tenue par des montants épais. La caméra 360° n’est pas d’une grande aide avec une piètre résolution. L’amortissement reste ferme à basse vitesse. Le Rafale, c’est passable en ville.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Autoroute : le bilan sonore s’alourdit

C’est un peu mieux sur autoroute où l’engin conserve une bonne stabilité. La consommation augmente à 7 l/100 km à pleine vitesse alors que les remontées sonores s’amplifient encore. J’ai curieusement trouvé l’Austral et l’Espace plus silencieux. Le Rafale exploite sa longueur de 4,71 mètres pour afficher un espace intérieur plutôt intéressant. Les cotes sont convenables tandis que le coffre atteint les 530 litres.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Un ticket d’entrée salé, mais justifié ?

Côté prix, ce n’est pas donné, avec une entrée de gamme fixée à 46 750 €. Le français fait heureusement preuve de générosité avec un équipement à la hauteur du tarif. Comptons les feux à LED adaptatifs, les jantes de 20 pouces, la tablette tactile de 12 pouces, la climatisation automatique bizone, la navigation connectée et l’accès et démarrage mains-libres. Visuellement, je ne trouve pas le rendu bas de gamme.

Esprit Alpine : le choix du style

Ceux voulant plus de chien iront tout de même titiller la version supérieure Esprit Alpine à 50 750 €. Cette dernière ajoute notamment les quatre roues directrices, le hayon électrique, la sellerie en Alcantara et un pack carrosserie spécifique. C’est plus cher que la 408 micro-hybride, forcément, et même toujours plus cher que la 408 hybride rechargeable. Logique, la lionne est un peu plus compacte.

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© Thomas Kim pour Presse-citron

Mon avis sur le Renault Rafale

Je ne sortirai pas les trompettes pour cette conclusion. Oui, le Renault Rafale n’est pas un mauvais élève, mais il est éclipsé par propre fratrie qui apparaît supérieure à mes yeux. Bien moins cher, l’Austral fera pareillement le job avec un confort d’amortissement plus soigné. L’Espace, lui, conserve l’argument des 7 places. Que reste-t-il donc au Rafale ? Le style, une poignée d’équipements exclusifs et une version hybride rechargeable de 300 ch encore plus chère. C’est bien peu…

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© Thomas Kim pour Presse-citron

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Renault Rafale Techno E-Tech 200

46 750 €
7

Verdict

7.0/10

On aime

  • L'agilité de bon niveau
  • Le multimédia performant
  • L'équipement complet
  • La consommation contenue

On aime moins

  • L'amortissement ferme
  • L'insonorisation légère
  • Le surcoût par rapport à l'Austral