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Lancement réussi d’un satellite militaire des Émirats arabes unis depuis Kourou

Décollage finalement réussi pour le satellite émirati. Après un échec et deux reports, le tir de ce mardi soir fût le bon.

Ce n’est pas le genre de charge utile que l’on a l’habitude de voir s’envoler depuis le pas de tir de Kourou, en Guyane française. Nommé Flacon Eye, le satellite émirati n’a été dévoilé qu’au dernier moment par Arianespace, quelques heures avant le décollage, dimanche soir. Mais finalement, nous aurons eu tout le temps d’apprendre ce que la fusée Soyouz présente en Amérique du Sud allait envoyer ce satellite dans l’espace. Avec un programme spatial très ambitieux, les Émirats arabes unis se sont déjà illustrés il y a quelques mois en envoyant leur sonde vers notre voisine, Mars.

Mais la mise en orbite de ce satellite militaire a été beaucoup plus compliquée que prévu. En effet, les conditions météorologiques n’étaient pas au rendez-vous dimanche soir (à 22 h 30 heure locale), le risque de foudroiement de la fusée lors de sa traversée de l’atmosphère était en effet trop grand pour qu’Arianespace prenne le moindre risque. Le vol a donc été reporté une première fois, à lundi soir, mais cinq petites minutes avant le décollage, un problème de liaison entre la fusée et le centre de contrôle a fait annuler le tir, une deuxième fois. Ce nouveau report a mis à mal la fiabilité d’Arianespace, déjà très entachée par les échecs répétés de son lanceur léger Véga.

Une fusée que les propriétaires du satellite émirati ne connaissent que trop bien. En juillet dernier, lors du tout premier tir de Falcon Eye, c’était la fusée Véga qui faisait office de lanceur pour le satellite émirati. Mais le vol ne s’était pas passé comme prévu et le lanceur européen avait quitté sa trajectoire, avant d’être détruit par les ingénieurs du centre de contrôle.

Un échec et deux reports plus tard

Après ce premier échec, Arianespace avait choisi de retenter sa chance en cette fin d’année 2020, mais avec une fusée russe Soyouz. Elle fait régulièrement les allers-retours jusqu’à l’ISS, et malgré quelques soucis mineurs et une des fusées les plus fiables aujourd’hui. C’est donc après un échec et deux reports que le satellite militaire est venu prendre place dans les entrailles du lanceur Soyouz ce mardi soir.

Le décollage a eu lieu sans encombre à 22 h 33 heure locale, 2 h 33 heure métropolitaine. La mission a duré un peu moins d’une heure avant que le lanceur ne vienne se détacher du satellite pour que ce dernier entame son voyage en orbite. Construit par la société d’armement française, Thalès, avec l’aide du groupe Airbus, le satellite militaire devrait donner un avantage aux Émirats arabes unis sur ses principaux concurrents du golfe persique, qui ne disposent pas tout de satellite militaire indépendant, du moins pas de façon officielle.

L’Iran a par exemple lancé son premier satellite militaire en avril dernier, un secteur clé dans la géopolitique de demain que les Émirats arabes unis veulent maîtriser. Du côté français, plusieurs satellites de ce type sont actuellement en orbite au-dessus de nos têtes sans que la nouvelle force des armées de l’air et de l’espace n’est jamais donné plus d’informations à ce sujet. L’armement de l’espace est un des grands enjeux géopolitiques de ces prochaines décennies, et les vols comme celui de ce Soyouz ce mardi vont devenir de plus en plus courants.

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