En ce moment, l’Argentine est secouée par un projet de loi qui est loin de faire l’unanimité. Javier Milei, le président argentin, veut modifier la législation de 2010 sur la protection des glaciers et des zones périglaciaires afin de débloquer des investissements miniers importants.
Si le projet de loi est voté, cela stimulerait énormément l’économie du pays. Mais à quel prix ? Effectivement, modifier cette législation mettrait en péril les réserves d’eau douce dans les Andes. De nombreuses organisations environnementales, à l’instar de Greenpeace, tirent la sonnette d’alarme.
Les glaciers d’Argentine menacés
Aujourd’hui, l’Argentine figure parmi les pays possédant le plus grand nombre de glaciers. On dénombre par moins de 2000 glaciers d’une superficie de plus de 310 000 hectares. En 2010, les députés argentins ont voté une loi spécifique pour préserver toute activité humaine sur les zones préglaciaires. L’objectif est assez simple : éviter la fonte totale des glaciers, déjà en danger à cause du réchauffement climatique.
Mais une quinzaine d’années plus tard, le président Javier Milei souhaite faire machine arrière. Si l’impact du changement climatique se ressent, le glacier Perito Moreno fondant rapidement, ce nouveau projet de loi pourrait accélérer le recul de celui-ci, et des autres. Jusqu’à présent, tous les glaciers identifiés dans l’inventaire national sont protégés et il est interdit d’y réaliser des activités minières ou industrielles. Mais ce changement de législation pourrait bien tout changer. En effet, la réforme propose de transférer le pouvoir de décision aux provinces. Celles-ci auraient, ainsi, la possibilité de définir leurs propres standards et d’autoriser certaines activités au cas par cas.
Avec cette réforme qui s’inscrit dans un plan plus large de dérégulation et d’attraction de capitaux, Javier Milei espère débloquer des investissements miniers importants, très intéressé par des gisements de cuivre par exemple, afin de stimuler l’économie du pays. Le chef d’Etat ne veut pas sous-exploiter la Cordillère des Andes argentine, estimant qu’il serait possible de multiplier leurs exportations par 12,5. Quitte à se mettre à dos les écologistes qui, selon lui, “préfèrent qu’[ils meurent] de faim plutôt que de toucher à quoi que ce soit”.
Pour le moment, rien n’est joué. En cas d’adoption du texte par le Sénat, celui-ci devra passer à la Chambre des députés. Etant donné que le gouvernement n’a pas de majorité claire au Sénat ni à la Chambre des députés, le vote est encore incertain. Les groupes environnementaux se mobilisent depuis plusieurs mois pour protéger les milieux naturels et des protestations ont lieu aux quatre coins du pays. Rappelons que les glaciers sont des réservoires vitaux pour l’eau potable et l’agriculture.
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