On croyait avoir tout vu avec les “quiet quitters”, ces salariés discrets qui font le strict minimum sans jamais dépasser les horaires. Mais une nouvelle tendance secoue aujourd’hui les entreprises : l’essor des “travailleurs polygames”. Relayé par le Financial Times, ce concept désigne ces employés qui, loin de se contenter d’un seul patron, cumulent plusieurs emplois à temps plein dans le plus grand secret.
Ces salariés qui assument
L’essor du télétravail, depuis la pandémie, a largement facilité ce phénomène. Cachés derrière leurs écrans, certains salariés réussissent à mener de front deux postes, parfois dans des secteurs ou des entreprises concurrentes. Les patrons découvrent parfois le pot aux roses au détour d’un contrôle ou d’une enquête interne, comme ce fut le cas récemment dans l’administration britannique, où un fonctionnaire travaillait simultanément pour deux ministères.
Les entreprises voient dans cette pratique un risque pour la loyauté et la performance. Comment garantir l’engagement d’un salarié qui répartit son temps et son énergie entre plusieurs employeurs ? La question de la confidentialité se pose aussi, tout comme celle du respect des horaires et des objectifs.
Pourtant, certains collaborateurs sur les réseaux sociaux assument leur choix et expliquent qu’ils répartissent leur implication, quitte à ne donner qu’une fraction de leur attention à chaque poste pour satisfaire tout le monde.
La revanche des patrons n’aura pas lieu
Confrontés à cette nouvelle donne, des dirigeants prônent un retour massif au bureau, avec l’espoir de mieux contrôler l’activité de leurs équipes. Mais cette réponse ne fait que masquer une réalité plus profonde : la transformation du rapport au travail. Les salariés, toutes générations confondues, questionnent ainsi de plus en plus le modèle traditionnel du salariat.
La “polygamie professionnelle” n’est donc pas qu’un phénomène de mode selon le média britannique, mais elle révèle une adaptation aux mutations du marché du travail et une volonté de ne plus dépendre d’un seul employeur. Les entreprises devront sans doute repenser leur organisation du travail, plutôt que de se contenter de renforcer la surveillance ou de multiplier les contrôles, ce qui ne fait qu’aggraver le problème.
Ce qu’il faut retenir :
- Le Royaume-Uni s’émeut du phénomène des “travailleurs polygames”
- Ces derniers exercent plusieurs missions professionnelles de front sans prévenir leurs patrons respectifs
- Les dirigeants craignent une moindre implication de ces employés et des risques pour la confidentialité
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.