C’en est terminé de passer pour le chevalier blanc. D’un air désintéressé et fatigué, l’ogre du système bancaire américain, le patron de JPMorgan Chase Jamie Dimon, a dit à Bloomberg qu’il n’opérerait pas de nouveaux projets de rachats. Le 1er mai dernier, c’est lui qui bouclait une opération avec First Republic, une opportunité tout à fait exceptionnelle pour récupérer des centaines de milliards de dollars d’actifs, faire sauter le verrou anticoncurrentiel des autorités et sortir d’une instabilité du secteur bancaire encore bien plus fort.
“C’est beaucoup de travail”, disait-il, après avoir énuméré les moyens mis en place par la banque au cours de ce genre de situation exceptionnelle. “Nous avons 800 personnes qui travaillent jour et nuit […] 10 000 personnes mobilisées pour consolider les systèmes, les risques, la fraude, le crédit, les paiements, les succursales, l’immobilier, les fournisseurs, la technologie”, ajoutait-il. First Republic était important et il ne cachait pas l’intérêt “marginal pour les actionnaires” mais qu’il faudra maintenant être “prêt pour l’autre côté de la montagne”.
Cet autre versant, finalement, sera de pouvoir assumer la transmission de relais. Jamie Dimon confiait à Bloomberg que la banque régionale possédait de nombreux coûts cachés qui allaient peser dans la croissance des autres branches du groupe. First Republic reste tout de même un gros dossier avec 173 milliards de dollars de prêts, 30 milliards de dollars de titres et 92 milliards de dollars de dépôts. Il n’y aura pas d’autres acquisitions de ce niveau confirmait-il, “malgré les critiques potentielles” analysait un journaliste de Fortune.
Is JPMorgan too big to fail?
“I don’t know what that word means anymore,” CEO Jamie Dimon tells @flacqua, adding that people should not fear consolidation in the financial sector https://t.co/bNlxqzSkJh pic.twitter.com/nhNiPmzO2k
— Bloomberg TV (@BloombergTV) May 11, 2023
First Republic est l’un des derniers maillons d’une chute en série de plusieurs grosses banques américaines dont la très médiatisée Silicon Valley Bank (SVB) et son portefeuille d’actifs des startups et des fonds d’investissement récupérée par First Citizens. En Europe, la consolidation du secteur bancaire s’est accélérée après le rachat exceptionnel de Credit Suisse par son grand rival CBS, dans une opération à plus de 3,2 milliards de dollars et des milliards de francs suisse du contribuable pour stabiliser le système bancaire suisse.
JPMorgan Chase et First Republic
Lors des premiers signes de faiblesse de First Republic, Jamie Dimon avait intenté une première opération de soutien en rejoignant 11 établissements (dont Wells Fargo) et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) pour injecter 30 milliards de dollars en espérant pouvoir éviter à la banque de faire faillite. Le projet n’avait soutenu l’établissement de San Francisco que jusqu’au 24 avril et la révélation des comptes de la banque dans lesquels 102 milliards de dollars avaient été retirés de la part des clients depuis la mi-mars.
Au classement des plus grosses banques en matière d’actifs, JPMorgan Chase est la première banque américaine, devant Bank of America, avec plus de 3 670 milliards de dollars d’actifs. À l’échelle des banques systémiques, beaucoup classent le groupe en tête de liste. En Bourse, la société capitalise près de 400 milliards de dollars et atteignait des sommets en novembre 2021. Née de la fusion entre la Chase Manhattan Bank et J.P. Morgan & Co. en janvier 2001, la banque au siège social new-yorkais est dirigée depuis 2005 par Jamie Dimon.
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