Un an après que l’Etat l’ait contacté, Renault s’apprête à devenir un fournisseur de drones kamikazes pour le compte de l’Armée française, en 2026. Samedi 6 juin, dans un entretien accordé à Ouest-France, la ministre des Armées Catherine Vautrin a déclaré que le constructeur automobile allait lancer « la production de masse » de drones « avant la fin de l’année », le tout « dans l’usine Ampère de Cléon, près de Paris ». Sans attendre que Renault ne communique dessus, la ministre précisait que les équipes du constructeur, ainsi que celles du groupe Turgis Gaillard, en sont « à la phase des essais ».
La production de masse mentionnée par le gouvernement avait déjà été discutée plus tôt, en janvier 2026, quand le projet de fournitures de drones d’attaques de Renault avait révélé son nom, et la création d’une coentreprise baptisée « Chorus ». À ce moment, il était alors question d’une production à 600 drones par mois. Une vraie « cadence industrielle automobile » pour Catherine Vautrin qui ajoutait que le modèle en question pourrait évoluer au fil des années pour continuer à coller avec sa mission et ne pas se faire dépasser par l’innovation.
Renault n’en est pas à sa première commande de matériel, pour le compte de la Direction générale de l’armement. La marque fournit déjà des véhicules, à savoir les Renault TRM et GBC 180. Si la structure seule des futurs drones de guerre est à la charge de Renault, cette nouvelle activité marque tout de même un tournant dans la réquisition du constructeur vers l’effort de guerre. Les drones commandés par la France sont aujourd’hui justifiés pour être « prêt » en cas de conflit majeur. On sait bien que, derrière ce discours, la France raisonne surtout à venir en aide à l’Ukraine face à la Russie.
En plus de son drone kamikaze, Renault va produire un drone « terrestre »
Au mois de mars, Renault avait précisé à ses salariés qu’il ne comptait pas devenir un acteur majeur de la défense, et qu’il n’avait que pour but de s’engager dans un projet à « impact positif sur l’activité ». Le contrat de drones militaire serait de nature à s’installer sur les dix prochaines années, pour un montant d’environ un milliard d’euros, selon un article de L’Usine Nouvelle. La DGA ne précise pas l’utilisation du drone. Outre l’Ukraine, la France devrait l’ajouter à son artillerie. Lors de ses vœux aux forces armées au mois de janvier, Emmanuel Macron avait mentionné son souhait de voir des drones rejoindre « les trois armées ».
Ce n’est donc pas une surprise que Renault travaille aussi sur un véhicule terrestre, en parallèle à ce drone kamikaze. Avec cette fois-ci John Cockerill, le propriétaire du fabricant de véhicules militaires Arquus, Renault devrait présenter un « drone terrestre ». Selon L’Usine Nouvelle, il s’agirait d’un 4×4, certainement téléguidé, qui pourra à la fois servir dans un usage militaire et civil. Renault abordait le sujet pour la première fois au mois de mars. Le constructeur automobile ne l’a pas encore confirmé, mais L’Usine Nouvelle avance que ce dernier sera présenté lors du salon Eurosatory, le 15 juin prochain au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.
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