Le 8 juin dernier, Renault a officiellement confirmé discuter avec le ministère français des Armées en vue de produire des drones militaires pour l’Ukraine. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a évoqué sur LCI un « partenariat complètement inédit où une grande entreprise produisant des voitures françaises […] va s’allier avec une PME de la défense française pour armer des lignes de production en Ukraine pour être capables de produire des drones », comme le rapportent nos confrères de 01net.
Cela se passerait directement sur le territoire ukrainien, « à quelques dizaines ou centaines de kilomètres du front », selon Franceinfo. Cette annonce survient alors que Kyiv prévoit d’utiliser plus de 4,5 millions de drones en 2025 pour résister aux assauts russes.
Renault de retour dans l’armement
Le constructeur français n’est pas à l’origine du projet ; l’entreprise travaillerait strictement sous l’impulsion du Ministère des Armées et Renault n’agirait que pour répondre aux besoins. D’ailleurs, le constructeur automobile précise que rien n’est encore fait. “Nous avons été contactés par le ministère des armées, des échanges ont eu lieu, confirme un porte-parole. Mais aucune décision n’est prise à ce stade, car nous attendons notamment des précisions sur ce projet de la part du ministère, précise-t-il.
Si un accord était trouvé, l’entreprise pourrait donc diversifier ses activités, alors que le marché automobile ne lui est pas franchement favorable. Les ventes globales baissent en Europe, et Renault subit de plein fouet ces vents contraires, malgré la sortie de ses deux véhicules très attendus : la R5 e-Tech Five et le Scénic E-Tech.
Bien que Renault n’ait pas participé directement à un programme militaire depuis longtemps, son histoire dans le domaine martial est bien établie. Dès la Première Guerre mondiale, l’entreprise avait conçu et produit le char FT-17, première machine blindée moderne à tourelle rotative.
Durant l’entre-deux-guerres, Renault continua de livrer l’armée française, jusqu’au modèle R35, principal blindé léger de l’Armée de terre lors de la campagne de 1940. Ce rôle, ô combien essentiel pour le pays, s’est interrompu brutalement après l’Occupation et la nationalisation de l’entreprise. Depuis lors, Renault s’était cantonné à son rôle d’industriel automobile, absent du champ de l’armement (à l’exception de sa filiale Renault Trucks Defense, cédée en 2012). Après cette longue parenthèse de 85 ans, Renault serait peut-être sur le point de remettre ses bottes pour retourner sur le champ de bataille et aider à la production d’engins de combat… volants cette fois.
Un soutien à l’Ukraine, mais également à l’Armée française
La production de Renault n’aurait pas pour vocation exclusive à alimenter l’armée ukrainienne, puisqu’une partie de ces drones pourrait également servir à l’Armée française. Dans l’Hexagone, les drones sont utilisés par nos trois corps d’armée : l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air et de l’Espace, et la Marine nationale, chacune ayant ses propres modèles et usages.
En internalisant partiellement une chaîne de production sur le sol ukrainien, Paris cherche donc à faire coup double : aider un allié, tout en musclant son propre appareil militaire. Renault, même si elle reste purement exécutante dans cette affaire, pourrait tout de même en tirer une belle opportunité : sécuriser une part de son avenir industriel en tirant parti de la course au réarmement mondial.
- Renault a été contacté par le ministère des Armées pour assembler des drones en Ukraine, à proximité du front.
- Ce projet, encore en discussion, marquerait le retour du constructeur dans l’industrie militaire, après une pause de plus de 80 ans.
- L’initiative viserait à soutenir Kyiv mais aussi à équiper les forces françaises, tout en offrant à Renault un nouveau relais de croissance.
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