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Le drone, nouvel ami du journaliste ?

Avec ses capacités d’espionnage et de visionnage rapproché ou à distance, le drone civil est un outil parfaitement adapté à certaines formes d’investigation ou de mise en perspective. Le Lab de L’Express a voulu en savoir plus avec une expérimentation grandeur nature. Témoignages.

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Investigation, mise en perspective… Des mots qui ne laissent pas indifférent tout journaliste qui se respecte. C’est donc assez naturellement que la question du « drone-journalisme » se pose depuis quelques mois, depuis l’émergence des drones et leur adoption par un nombre de plus en plus important de métiers et de missions.

Aux USA, où l’on possède toujours une petite longueur d’avance sur tout ce qui touche à la haute technologie, mais également à toutes les formes de journalisme, il existe déjà un site spécialisé sur la question : DroneJournalism.org, même s’il n’est pas encore très actif, entend traiter par le menu toutes les questions et problématiques liées à l’utilisation des drones par les journalistes. Il y est question de technique, de pilotage, de  sécurité, de réglementations mais également d’éthique. Peut-être pour que le drone-journalism ne soit pas trop assimilé au paparazzisme, tellement tentant et « facile » avec ce type d’équipement.

En France, si l’on exclut le champ des usages militaires, nous sommes plutôt à jour sur le sujet. Tout d’abord grâce à Parrot, qui a beaucoup fait pour la popularisation des drones civils personnels avec son AR.Drone, mais également à la faveur d’autres initiatives assez avant-gardistes.

C’est le cas notamment de l’expérimentation menée ces derniers mois par le Lab de L’Express, qui s’est interrogé sur la pertinence de l’usage des drones dans un cadre journalistique, puisque comme ils le disent eux-même, « travailler sur les sujets à la croisée de la technologie et du journalisme est dans notre ADN ».

Comprendre les enjeux de cette nouvelle technologie pour le journalisme

Pour le Lab de L’Express, « C’est dans ce cadre et ce contexte d’explosion d’utilisation du drone en 2013 et de l’accessibilité de son usage que s’inscrit l’expérimentation de L’Express : comprendre les enjeux de cette nouvelle technologie pour en faire l’expérience, accompagnée des retours des expérimentateurs sur le terrain, afin de découvrir un nouveau genre de journalisme. »

Une expérimentation a donc été menée pendant trois mois, en partenariat avec Parrot et HACKS/HACKERS, un collectif international de 10.000 membres qui se retrouvent régulièrement par petits groupes pour réfléchir au futur de l’information. Nommée « Drone It », l’expérience a consisté à fournir à 5 différents profils métiers un drone pour une durée de 3 mois. Ainsi est née une équipe de « dronalistes » qui ont pu s’approprier la technologie, les usages, et en tirer des enseignements sur la pertinence de ce nouvel outil dans la mission du journaliste.

« 10% journaliste, 30% vidéo, 60% de pilotage : avec le drone journalisme, le journaliste exploite un nouveau regard, le vidéaste le valorise… mais rien n’est possible sans la compétence de pilotage. Les possibilités envisagées que nous allons vous présenter laissent entrevoir un avenir rayonnant pour le drone journalisme.  »
Raphaël Labbé, Directeur de l’innovation du Groupe Express Roularta.

Les profils des cinq expérimentateurs étaient très différents, et cette différence a donné toute sa richesse à l’expérience : outre un journaliste, le groupe comprenait également un plasticien, un ingénieur informaticien, un blogueur salarié d’un groupe bancaire passionné d’innovation et de réseaux sociaux, et enfin un repreneur militant (notamment contre les projets d’exploitation du gas de schiste).

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Chacun d’entre eux a utilisé un drone dans le cadre de ses activités, qu’elles soient professionnelles, privées ou militantes, et livre ses conclusions dans un livre blanc qu’a bien voulu me transmettre le Lab de L’Express.

De la technique, du pilotage, mais quid du journalisme ?

Tous les acteurs de l’expérimentation sont d’accord sur un point : le drone-journalisme est avant tout une question de technique et… de pilotage. Ceux qui se sont déjà essayés au maniement d’un AR.Drone (l’appareil fourni pour cette expérience) savent de quoi nous parlons : pas évident de maîtriser parfaitement la bête, a fortiori en survol d’un terrain peu dégagé et exposé aux vents. D’autre part, l’autonomie pour le moment limitée des drones civils actuels (environ 12 minutes) restreint également le champ d’action.

Enfin, il faut savoir de quel journalisme on parle : le drone s’imposera certainement dans des cas particuliers, comme par exemple la prise de vues au-dessus d’une manifestation, comme ce fut le cas il y a quelques jours au-dessus de la place Taksim d’Istambul, une expérience qui s’est malheureusement mal terminée pour le drone-espion… On sait également que certaines séquences du prochain Tour de France seront réalisées avec des drones. Certaines séquences seulement : celles qui présentent les plus beaux lieux d’une étape, mais pas les étapes elles-mêmes. Exit donc le live, en tout cas pour le moment, qui sera encore retransmis à l’aide de coûteux et polluants hélicoptères.

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Je suis pour ma part convaincu depuis pas mal de temps que l’utilisation de drones dans le contexte de l’investigation ou du reportage journalistique va devenir rapidement incontournable, et les conclusions plutôt favorables de l’Express confortent mon point de vue sur le sujet.

 

8 Commentaires

8 Commentaires

  1. François

    19 juin 2013 at 12 h 08 min

    Très intéressant !

    La France a pris les devants en réglementant il y a un an déjà les conditions de la pratique du drone : brevet théorique de pilote ULM obligatoire (pas facile à obtenir), un agrément donné au drone par la Direction Générale de l’Aviation Civile ( ce qui élimine pas mal de drones bidouillés), des règles de sécurité strictes à respecter en ville comme à la campagne comme bien évidemment ne pas survoler du public. Le but de cette réglementation est d’encadrer la pratique pour qu’elle puisse se développer de façon non anarchique.

    François

  2. Pierre-Alain

    19 juin 2013 at 14 h 17 min

    C’est vrai qu’avec ces drones, on peut faire des vidéos assez sympa, par exemple, voler au dessus de Genève: http://www.youtube.com/watch?v=JmcEiBlAE2U

    Mes autres vidéos ici:
    http://www.youtube.com/playlist?list=PL1DC28B18CD61045F

    On peut commencer avec un budget de 1000€ (ou un Parrot à 300€), mais les drones des professionnels se situent entre 15’000 et 20’000€

  3. Adrien

    19 juin 2013 at 14 h 17 min

    Je pense également que, dans certains cas bien précis, l’utilisation des drones va offrir des palettes bien plus larges au journaliste. Mais il faudra encore un peu de temps avant de voir les drones devenir la norme car il leur manque encore un critère important : l’autonomie !

  4. CO

    19 juin 2013 at 20 h 22 min

    La réglementation dont parle François risque de rapidement entrer en conflit avec l’usage journalistique de drônes. Difficile de mener une investigation efficace grâce aux drônes tout en respectant la vie privée et toutes les règles de sécurité aérienne :s

  5. Laure

    20 juin 2013 at 5 h 54 min

    @Adrien je suis d’accord avec toi sur le fait que le journaliste va pouvoir survoler plus facilement des domaines faire des reportages de plus grande qualité sans prise de risque mais le gros problème c’est l’autonomie du drone.

  6. [email protected] samsung galaxy s4

    20 juin 2013 at 9 h 23 min

    Superbe appareil qui fera le bonheur des paparazzis!

  7. Seolius

    20 juin 2013 at 10 h 31 min

    Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’étonne qu’à moitié. Avant que les drones deviennent des atouts considérables, il faudrait débloquer énormément de fond pour rendre cette démarche accessible quotidiennement.

  8. Christophe

    20 juin 2013 at 13 h 36 min

    Je ne dirai pas « nouvel » ami du journaliste. Des émissions comme « Des Racines et Des Ailes » utilisent le drone depuis plusieurs année : http://bit.ly/12d4Yqo

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