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Le président de la COP28, patron pétrolier : « réduisons les émissions de CO2 »

Le président de la COP28, qui se tiendra en novembre et en décembre à Dubaï, est le PDG d’Abu Dhabi National Oil Company, la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis.

C’est peu dire que cette information en a fait tiquer plus d’un : la prochaine COP28 sera présidée par un magnat du pétrole, Sultan al-Jaber, le PDG de la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis (ADNOC).

Réduire les émissions sans toucher au pétrole

Ce dernier vient toutefois de prendre la parole et il tente de rassurer l’opinion publique avant cet événement qui sera organisé en fin d’année à Dubaï : « Nous sommes à un tournant historique. Une croissance avec de moindres émissions de CO2 est l’avenir. Nous travaillons avec l’industrie énergétique pour accélérer la décarbonisation en réduisant le méthane et en développant l’hydrogène ».

Il ajoute : « Continuons à nous concentrer sur le fait de freiner les émissions, pas le progrès ». Comme on pouvait s’en douter, le dirigeant défend aussi des intérêts qui lui sont propres, et il précise que « tant que le monde utilisera des hydrocarbures, nous devrons veiller à ce qu’ils aient la plus faible intensité en carbone possible ».

Le dirigeant s’inscrit donc à contre-courant de tous ceux, jusqu’au plus haut sommet de l’ONU, estiment qu’il faut mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles pour éviter une catastrophe climatique

Se posant en défenseur d’une écologie pragmatique, Sultan al-Jaber, n’en oublie pas de mentionner son pays : « Les Émirats arabes unis envisagent cette tâche avec humilité, un sens aigu des responsabilités et un grand sentiment d’urgence ».

Comme on peut s’en douter, cette nomination est loin de faire l’unanimité. Le climatologue français et ancien vice-président du Giec, Jean Jouzel, s’est ainsi ému : « C’était joué d’avance mais cette nomination a un côté provocateur. Ce n’est pas un bon signal. Rappelons-nous que la conférence de Copenhague en 2009, la COP 15, a échoué avec un président qui n’était clairement pas à la hauteur. À l’inverse, la COP 21 à Paris était présidée par Laurent Fabius qui a su parvenir à un accord important ».

Les COP sont-elles utiles ?

Cette nouvelle affaire ne devrait pas contribuer à améliorer l’image des COP, des conférences pourtant essentielles qui permettent de s’entendre à l’échelle internationale pour faire face au problème global qu’est le changement climatique.

La militante écologiste, Greta Thunberg, avait par exemple refusé d’y participer l’an dernier, et ses critiques étaient alors très dures. Elle jugeait que ces événements « sont principalement utilisés comme une opportunité pour les dirigeants et les personnes au pouvoir d’attirer l’attention, en utilisant de nombreux types différents de greenwashing », et ne « sont pas vraiment destinées à changer l’ensemble du système ».

Tout le monde n’est pas de cet avis, et lors de la derni-re COP27, des observateurs ont notamment salué la création d’un fonds pour les dégâts climatiques irréversibles qui bénéficiera aux pays en voie de développement.

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