Passer au contenu

Le Soleil vient de perdre toutes ses taches : le calme avant la tempête ?

Cette semaine, notre étoile s’est montré sous une apparence que l’on n’avait pas vue depuis longtemps : sa surface était totalement immaculée, dépourvue de ses habituelles taches sombres. Que se passe-t-il ?

Comment est-ce possible que notre Soleil, en plein maximum de son 25ème cycle entamé en 2019, puisse apparaître aussi lisse ? Depuis 2023, notre astre nous a fait étalage de sa fureur, et a surpassé les prévisions de la NASA concernant ce cycle ; même les experts de l’agence américaine n’ont pas parfaitement compris cet emballement. Les taches solaires se sont multipliées de façon exponentielle entre 2023 et 2024, et la fréquence des éruptions solaires a explosé, nous gratifiant de splendides aurores boréales, même en France.

Cette semaine, durant quelques heures, il n’avait pourtant plus rien de l’astre en furie de ces trois dernières années. Les satellites de surveillance de la NASA ont capturé des images de son disque, débarrassé de ces stigmates sombres qui trahissent d’ordinaire son activité frénétique : un phénomène qui ne s’était pas produit depuis 2022. On pourrait y voir le signe qu’il s’apaise enfin, mais en héliophysique, on ne peut être sûrs de rien et rien ne nous dit que la prochaine tempête solaire ne sera pas d’autant plus forte qu’elle aura été longuement couvée. L’inverse est possible également : ce cycle pourrait se clore de manière léthargique et notre astre pourrait nous faire entrer prématurément dans un minimum solaire exceptionnellement long.

Soleil Sans Tache
Une vue du Soleil, tel qu’il a été observé le 22 février 2026 par l’observatoire SDO (Solar Dynamics Observatory) ; on le reconnaît à peine tellement il paraît nu. © Courtesy of NASA / SDO and the AIA, EVE, and HMI science teams

Une trêve de façade ?

Entendons nous bien : lorsqu’on dit que le Soleil n’a plus de taches, il ne faut pas imaginer qu’il est en train de s’éteindre, c’est même tout l’inverse. C’est une étoile : une gigantesque boule de plasma (un gaz électriquement chargé) qui ne s’arrête jamais de bouillir, en rotation permanente sur lui-même et sur son orbite. Même quand aucune tache n’est visible en surface (la photosphère), les courants de convection internes continuent de brasser des millions de tonnes de matière. C’est ce mouvement qui génère le champ magnétique par effet dynamo.

S’il s’est montré avec une surface sans tache, c’est parce que les forces magnétiques générées dans ses profondeurs ne sont pas encore assez concentrées pour percer sa surface. Une tache solaire est une zone où le magnétisme est si intense qu’il bloque la remontée de la chaleur venant du cœur de l’étoile. C’est pour cela que ces zones sont plus sombres : elles sont plus « froides » (environ 3 500 °C contre 5 500 °C ailleurs). Ainsi, un disque lisse comme celui de cette semaine s’explique par une circulation fluide et homogène de la chaleur sur toute la photosphère.

Comme expliqué en introduction, ce n’était pas arrivé depuis quatre ans, en juin 2022 très exactement, soit une parenthèse de plus de 1 355 jours durant laquelle notre étoile n’a eu de cesse de bouillonner. Le fait qu’il soit resté avec un disque si lisse pendant 48 h ne doit pas être confondu avec la phase de minimum solaire, un sommeil profond où il peut rester vierge de toute tache pendant des mois entiers, comme ce fut le cas entre 2018 et 2020. Sur cette période, il a aligné près de 700 jours jours cumulés sans tache.

Selons les prévisions du Met Office britannique, le prochain minimum solaire n’est pas attendu avant 2030. Nous avons donc quelques années devant nous avant que son activité redescende pleinement, surtout en prenant en considération le fait que c’est un processus très lent, durant lequel son agitation décroît par vagues successives, chaque regain d’activité étant un peu moins vigoureux que le précédent.

Cette petite accalmie de deux jours n’est qu’un épiphénomène qui ne préjuge en rien de la vigueur de la suite du cycle 25. D’ailleurs, dès le 24 février, de nouvelles régions actives commençaient déjà à réapparaître sur sa face Est ; c’est bien le signe qu’il ne s’agissait certainement que d’une brève fluctuation. Rien d’anormal à l’horizon donc : il est phase descendante et oscillera certainement entre des périodes plus agitées et plus calmes, avant de rejoindre tranquillement sa phase plus tranquille de 2030.

  • Le Soleil a perdu temporairement toutes ses taches, un phénomène rare depuis 2022, suscitant interrogations sur son activité.
  • Cette accalmie ne signale pas un affaiblissement durable et ne permet pas encore d’anticiper la suite du cycle.
  • Le prochain minimum solaire n’est pas attendu avant 2030, et le cycle actuel continuera d’osciller entre calme et agitation.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech