Les écoles de journalisme changent leurs méthodes de recrutement

Accusées d’être trop fermées concernant leur recrutement, certaines écoles de journalisme françaises ont décidé d’opérer un changement quant à leur mode de sélection d’étudiants avec pour objectif de dénicher des profils plus variés.

Conséquence directe ou indirecte de la transformation des médias, le CFJ a décidé de changer sa méthode de recrutement des candidats. Le métier ayant énormément évolué ces dernières années, il était temps que les écoles et la formation suivent le mouvement.

Ceci est une révolution

Le CFJ (Centre de Formation des Journalistes) a apporté une mini révolution dans la manière de recruter de nouveaux élèves. Pour son concours d’entrée, cette école a décidé de supprimer les épreuves écrites d’admissibilité ainsi que les redoutés QCM sur les connaissances générales et l’actualité. Ces derniers ont été remplacés par un questionnaire portant sur la motivation des candidats et leur vision des médias. On trouve ainsi comme exemple de sujets “Décrivez un endroit extraordinaire situé à moins de 10 km chez vous” ou encore “Citez une innovation qui marquera le journalisme”. Un bon moyen de trouver des candidats plus créatifs. Julie Joly, directrice du CFJ, explique ainsi : « Dès mon arrivée, j’ai été frappée par l’énorme distorsion entre les résultats aux écrits et aux oraux. Ceux qui réussissaient le mieux les écrits manquaient souvent de recul sur le métier de journaliste. D’où l’idée d’un recrutement sur dossier et un oral. Pendant cette période d’élaboration du dossier, plutôt que bachoter et apprendre par cœur, ils réfléchissent sur leur motivation et sur eux-mêmes »

Toujours dans cette volonté d’élargissement, l’école dont sont issus quelques grands noms du journalisme comme Florence Aubenas, David Pujadas, Anne-Sophie Lapix et Laurent Joffrin compte sélectionner 200 candidats par an au lieu de 130. Cette amélioration a été faite dans l’optique de changer de vision, d’offrir l’opportunité aux candidats les plus méritants d’intégrer l’école.

L’évolution du métier de journaliste

Un changement qui répond à des interrogations au sein même des médias, souvent accusés de ne pas refléter la société dans toute sa diversité.

« Je crois qu’il y a une crise de la professionnalisation du journalisme, liée à la formation des journalistes qui n’est plus aussi variée et diverse qu’autrefois » détaille Sylvain Bourmeau, ex-journaliste aux Inrocks, Médiapart et Libération et qui a lancé récemment le média pure player AOC.

Au CUEJ (Centre Universitaire d’Enseignement du Journalisme), les élèves recrutés proviennent de différents parcours. D’après sa directrice, Nicole Gauthier, cette nouvelle méthode de recrutement est indispensable pour le métier de journalisme qui requiert des personnes polyvalentes. Seulement, même après avoir adopté ce mode de sélection, le CUEJ a encore du mal pas à varier ses candidats. Rares sont ceux qui sont issus d’une formation en sciences dures ou en mathématiques.

« La représentation sociologique des publics des écoles de journalisme n’est pas tout à fait celle de la société française, on en est tous conscients » reconnaît Nicole Gauthier, tout en mentionnant le fait qu’elles accueillent « plus de 30% de boursiers« , ce qui est supérieur à la moyenne nationale pour les formations de niveau mastère.

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Un commentaire

  1. Ce ne serait pas du luxe que les journalistes soient meilleurs en sciences et mathématiques. Le nombre d’inepties quotidiennes que la personne lambda peut lire dans ces domaines est juste inacceptable.

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