Le journaliste et correspondant de CNN Frederik Pleitgen, originaire d’Allemagne, était encore à Berlin quand les premières frappes américaines et israéliennes touchaient Téhéran samedi 28 février. Six jours après l’éclatement de la guerre en Iran, l’homme a réussi à entrer sur le territoire après que les autorités du pays aient accepté de lui fournir un visa pour venir reporter de la situation sur place.
Jusqu’à présent, aucun journaliste américain n’avait pu proposer des images filmées directement par ses équipes – les télévisions se fournissant auprès des agences de presse. La plupart des correspondants se trouvent à Tel-Aviv ou dans d’autres grandes villes du Moyen-Orient, comme à Dubaï pour Bloomberg. En Iran, « CNN opèrera uniquement avec la permission du gouvernement », mentionnait la chaîne de télévision.
Just in:
CNN Senior International Correspondent @fpleitgenCNN and his team have just crossed the border into Iran.
CNN is the first US network into the country since the start of the war.
His report 👇 pic.twitter.com/0uNqhqUW8d
— CNN International PR (@cnnipr) March 5, 2026
Sans être sur place, difficile de récupérer des images, puisque le pays a coupé internet à 99 % depuis les premières frappes samedi. De quoi expliquer l’absence presque totale d’images sur les réseaux sociaux (noyés de contenus liés aux frappes de représailles iraniennes, ayant précipité la décision d’Emmanuel Macron à appeler le porte-avions Charles-de-Gaulle sur place).
« Nous essayons actuellement de rejoindre la capitale, Téhéran, le plus rapidement possible. Mais bien sûr, les distances dans ce vaste pays sont immenses, et nous savons qu’il nous faudra de très nombreuses heures pour y arriver. Nous ignorons également à quoi ressemblera la situation sur la route de Téhéran, combien de points de contrôle il y aura » a déclaré Frederik Pleitgen lors de sa première intervention en direct sur la chaîne.
L’année dernière, lors du conflit entre l’Iran et Israël, le journaliste avait pu entrer sur le territoire et réaliser un reportage depuis Téhéran. Quelques jours avant que les États-Unis bombardent les sites du programme nucléaire iranien, avec l’aide de ses bombardiers B-2. En amont des premières frappes le 28 février, Frederik Pleitgen permettait à CNN d’obtenir des déclarations de la part des officiers iraniens. Au lendemain de la mort du guide suprême Ali Khamenei, le vice-ministre des Affaires étrangères lui accordait une interview exclusive.
Stopped at several shops and gas stations on the way to Tehran. Everything is open, there don‘t appear to be shortages even of fresh produce. No lines at gas stations. @cnn pic.twitter.com/9pK1qAkFpH
— Frederik Pleitgen (@fpleitgenCNN) March 5, 2026
Selon l’armée israélienne, 5 000 bombes auraient déjà été larguées sur l’Iran depuis le début de la guerre, entre le 28 février et le 4 mars. Les autorités avaient appelé la population à quitter la capitale dès le premier jour du conflit. Aux États-Unis, la présence de CNN sur place interroge des spécialistes qui pensent qu’il pourrait s’agir du dernier conflit couvert de près par un média national de ce type, suite aux difficultés de la presse et de l’indépendance des médias.
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