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Les opérateurs historiques tremblent : Starlink veut compléter ses satellites avec 80 000 tours au sol pour proposer une couverture mobile sans aucune zone blanche

Starlink poursuit sa mue pour devenir un opérateur mobile majeur, et cela passera aussi par des infrastructures au sol.

SpaceX voit les choses en très grand pour sa filiale mobile. Elle a en effet entamé des négociations pour s’assurer l’accès à un minimum de 80 000 sites cellulaires aux États-Unis, qu’il s’agisse d’antennes ou de tours. Au début du mois d’octobre, l’entreprise assurait vouloir devenir un opérateur majeur outre-Atlantique, après avoir obtenu le feu vert réglementaire pour acquérir de nouvelles bandes de fréquences basses, indispensables pour faire transiter les communications mobiles.

Un tel volume d’infrastructures terrestres représente un investissement colossal qui place d’emblée la firme au même niveau que les géants historiques du secteur comme T-Mobile ou AT&T.

Son objectif est clair : Elon Musk veut s’affranchir des partenariats pour créer de toutes pièces un quatrième grand opérateur national. Baptisé Starlink Mobile, il devrait donc proposer un service hybride capable de basculer de manière fluide entre la constellation de milliers de satellites en orbite et les antennes terrestres classiques. Un tel dispositif promet une connectivité totale, capable de s’affranchir des zones blanches traditionnelles.

Cette nouvelle offensive surprise a provoqué de vives turbulences sur les marchés financiers : alors que les opérateurs traditionnels ont vu leur titre chuter, les propriétaires de tours de communication, eux, ont bondi.

Spacex Elon Musk
© Kemarrravv13 / Shutterstock.com

Un monopole dangereux

Et ce n’est que le début, SpaceX voit extrêmement loin avec Starlink. Michael Nicolls, son vice-président, a récemment esquissé la vision à long terme de la société, qui imagine que son réseau facilitera, à terme, une connectivité sur la Lune, ainsi que sur Mars et au-delà. « Nous allons développer nos réseaux terrestres afin d’assurer une connectivité étendue partout où SpaceX et Starlink sont autorisés à opérer », a déclaré Elon Musk en marge des résultants financiers de son entreprise la semaine dernière.

Attention tout de même à ne pas se brûler les ailes. Il y a quelques jours, le bridage de Starshield, la version militaire de Starlink, en Ukraine a sérieusement entaché la réputation du service, particulièrement en Europe. C’est un fait : confier les clés des télécommunications mondiales à une seule entreprise privée dirigée par un patron imprévisible fait peser un risque géopolitique majeur. Reste à voir si l’entreprise vise aussi, à terme, de proposer un forfait mobile en dehors des États-Unis. Aujourd’hui, tout pointe dans cette direction.

  • SpaceX négocie l’accès à au moins 80 000 sites cellulaires terrestres aux États-Unis pour faire de Starlink Mobile le quatrième grand opérateur américain.
  • Cette offensive s’appuie sur le rachat récent de fréquences basses et vise à créer un réseau hybride combinant satellites en orbite et antennes au sol.
  • Cette expansion fulgurante inquiète les opérateurs historiques.

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