C’est le premier rachat de Netflix depuis qu’il a renoncé à s’offrir Warner Bros. Le géant du streaming a annoncé ce jeudi 5 mars l’acquisition d’InterPositive, une startup de technologies cinématographiques basée sur l’IA fondée par Ben Affleck en 2022.
Cette dernière développe des outils d’intelligence artificielle pour la production de films. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé, mais on sait que l’acteur rejoindra la plateforme en tant que conseiller principal aux côtés des équipes de l’entreprise.
Citée par l’agence Reuters, Bela Bajaria, directrice des contenus chez Netflix, explique « Nous pensons que les nouveaux outils doivent élargir la liberté créative, et non la contraindre ou remplacer le travail des scénaristes, réalisateurs, acteurs et équipes techniques ».
Ce ton prudent s’explique par la méfiance généralisée à Hollywood de la part des acteurs, des réalisateurs et des scénaristes vis-à-vis de l’IA. Certains ont, à juste titre, l’impression que ces innovations sont pensées pour se passer de leurs services.
Des garanties pour les acteurs
Souhaitant les rassurer, Ben Affleck a de son côté assuré :
De l’invention de l’image animée à la transition numérique, de la capture de mouvement à la production virtuelle, la technologie a évolué de pair avec les artistes qui l’utilisent. Notre engagement commun à perpétuer cet héritage fait de notre collaboration une suite logique, d’autant plus que Netflix bénéficie de plusieurs décennies d’expérience dans l’application et le déploiement responsable de technologies.
Pour développer son outil, l’entreprise a récupéré des données exclusives sur des plateaux de tournage, ce qui lui a permis de créer son premier modèle. D’après l’acteur, ce dernier est « entraîné à comprendre la logique visuelle et la cohérence du montage, tout en préservant les règles cinématographiques malgré les aléas de la production, tels que les plans manquants, les remplacements de décors ou un éclairage incorrect ».
En clair, il met l’accent sur la technique cinématographique, et non sur le jeu des acteurs. Les cinéastes peuvent par ailleurs importer des rushes pour les affiner sur un projet spécifique. Ce projet rejoint clairement la vision partagée par le cinéaste chez CNBC en 2024 :
L’IA va supprimer les intermédiaires dans les aspects les plus laborieux, les moins créatifs et les plus coûteux de la réalisation cinématographique, ce qui permettra de réduire les coûts, d’abaisser les barrières à l’entrée, de donner la parole à davantage de talents et de faciliter la réalisation de films comme Good Will Hunting.
Nul doute que l’industrie cinématographique scrutera de près ses effets. Les syndicats, très puissants dans le secteur, pourraient alors décider de monter au créneau.
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