Trade Republic vient d’annoncer l’arrivée du Livret A pour ses clients français, une annonce rare pour une banque étrangère. Présente depuis 2019 et disposant de plus d’un million de comptes ouverts dans l’Hexagone, la fintech berlinoise marque des points face à Revolut, son principal concurrent, qui vient tout juste d’obtenir une licence bancaire française.
Pour se lancer, la banque en ligne est passée par un partenariat, apprend-on d’un communiqué de presse publié ce jeudi. Trade Republic se contente de distribuer le Livret A, mais pas de les détenir. Il s’agit d’un autre établissement, Axa Banque, la filiale française du grand groupe d’assurance international AXA. Les deux ont un point commun : à ses débuts en 1994, sous le nom de Banque Directe (créée par BNP Paribas), Axa Banque était l’une des toutes premières banques à distance (sans guichet) en France.
Contrairement à d’autres livrets d’épargne non réglementé, le Livret A est un compte réglementé, le plus populaire de France d’ailleurs, qui profite d’une rémunération garantie par l’État (et totalement défiscalisé). Il possède un plafond de versement (22 950 euros) pour les particuliers et son taux d’intérêt est calculé selon une formule qui tient compte de l’inflation et des taux interbancaires. Ce taux est déterminé et révisé deux fois par an par l’État.
En ce moment, le Livret A possède un taux fixé à 1,70 %, depuis le 1er août 2026. Il est resté à 1,50 % sur la période du 1er février au 31 juillet 2026. Il remonte alors que l’inflation augmente.
L’argent collecté sur le Livret A permet plusieurs choses : c’est un outil de financement de projets d’intérêt général. Une grande partie des fonds déposés (60 %) est récupérée par un organisme public sous tutelle de l’État : la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC). Dans un premier temps, il sert à financer les logements sociaux, en formant des prêts à longs termes et à bas coût aux bailleurs sociaux (HLM). Mais l’argent des Livrets A permet aussi de financer les infrastructures publiques, la transition écologique ainsi que la Défense.
Pourquoi Trade Republic ne s’occupe pas de son propre Livret A ?
Si Trade Republic n’a pas souhaité lancer son propre Livret A, c’est à cause de la deuxième partie des objectifs du compte d’épargne. En effet, les 40 % restants de l’épargne qui ne va pas à la CDC est utilisée par les banques, dans l’obligation d’être à disposition des petites et moyennes entreprises sous la forme de prêts. Sur le plateau de BFM TV, le directeur France de Trade Republic Vincent Grard expliquait que la banque en ligne ne voulait pas intégrer (encore) ce métier.
En face de Trade Republic qui détient plus de 10 millions de clients à travers le monde, il y a Revolut, et ses 70 millions de clients. Huit fois plus grosse en France (un Français sur huit possède une carte Revolut), la banque en ligne écrase tout et vient même d’obtenir une licence bancaire française, pour se lancer à 100 % dans le crédit. Mais Trade Republic n’a pas dit son dernier mot : son métier historique, dans l’investissement, lui rapporte toujours : la fintech déclarait ainsi qu’elle avait dépassé les 400 000 PEA ouverts en France.
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