Dans le cadre d’une feuille de route dévoilée il y a environ un an, la France souhaite construire six réacteurs de nouvelle génération EPR2. Selon les estimations du groupe EDF, le coût de construction de ces nouveaux EPR2 s’élèverait à 51,7 milliards d’euros, sans tenir compte d’une éventuelle rallonge de quelques milliards en cas de difficulté dans la mise en oeuvre.
Face à cette somme colossale qu’il faut mobiliser, le gouvernement réfléchit aujourd’hui à plusieurs options. Le ministère de la Transition énergétique affirme qu’aucune décision n’a été prise pour le moment mais le Livret A pourrait être l’une des pistes privilégiées, croient savoir une source citée par nos confrères des Echos. “Le Livret A est une des rares ressources qui permet de déployer des financements à très long terme, cela correspond assez bien au profil du nucléaire”, affirme-t-elle.
60% du Livret A est géré par la CDC
Aujourd’hui, ce sont pas moins de 55 millions de Français qui possèdent un Livret A. Selon les chiffres communiqués par la Caisse des dépôts et consignations, les encours sur ce placement dépasseraient les 375 milliards d’euros à la fin de l’année 2022. Cette épargne, qui est placée par les Français et qui est garantie par l’Etat, est gérée à 60% par la CDC. Les 40% restants sont quant à eux gérés directement par les banques.
Si historiquement, la CDC utilisait les fonds du Livret A pour financer du logement social, elle est aussi habilitée à financer des projets d’intérêt général – dont le mix énergétique. Dans une allocution télévisée sur BFM TV, Éric Lombard, Directeur général de la Caisse des Dépôts, a d’ailleurs affirmé qu’il serait “logique que cette épargne, dans un projet démocratique, celui de notre mix énergétique, vienne financer les centrales”.
Devant le parlement, qui décidera in fine de l’application de la feuille de route ou non, Éric Lombard a ajouté “je suis convaincu que l’épargne populaire, du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire, du Livret d’épargne populaire […] peut davantage encore financer la transformation de notre appareil de production énergétique”.

Bien sûr, le Livret A ne financera pas l’intégralité du projet : une partie sera financée en fonds propres, une autre partie en dette émise par le gouvernement sur les marchés financiers, et une dernière qui pourrait faire appel à l’épargne. Éric Lombard se veut rassurant et promet que ce projet ne se fera “pas au détriment du logement social qui est notre première priorité” car l’épargne est abondante.
Quelle que soit la décision du gouvernement, libre à chacun ensuite de prendre une décision sur son épargne en fonction de ses convictions. Les fonds placés sur le Livret A sont disponibles à tout moment : chacun peut retirer son capital (avec un minimum de 10 euros pour chaque retrait, sauf à la Banque Postale où les retraits démarrent à partir de 1,50 euro) sans préavis. En cas de désaccord sur la stratégie de la CDC, les Français peuvent retirer leurs fonds.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.