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Look Up Space, la start-up tricolore qui lutte contre le fléau des débris spatiaux

Plus de 12 400 tonnes de débris spatiaux flottent actuellement autour de la Terre.

Look Up Space s’est lancé un défi : traquer les débris spatiaux pour garantir une circulation sécurisée des satellites en orbite. Son premier prototype a été installé aux abords d’un petit village de Lozère au mois de juin.

De plus en plus de débris… et de satellites

Basée à Toulouse, la start-up a été fondée en 2022 par Michel Friedling, ancien patron du commandement de l’espace, et Juan Carlos Dolado, ancien chef du service de surveillance spatiale au CNES. Son but : tacler le problème grandissant des débris spatiaux.

Selon l’Agence spatiale européenne (ESA), près de 40 500 objets de plus de 10 cm sont actuellement en orbite. Ils sont accompagnés d’1,1 million de débris mesurant de 1 à 10 cm et de 130 millions inférieurs à 1 cm. Ce nombre est voué à drastiquement augmenter dans les prochaines années. En parallèle, de plus en plus de constellations de satellites se forment en orbite, à l’instar de Starlink de SpaceX et de Kuiper d’Amazon.

« On comptait 2 000 satellites actifs il y a cinq ans. Le coût de l’accès à l’espace ayant considérablement diminué, il y en a 10 000 aujourd’hui et ce sera peut-être 50 000 d’ici 5 ans », détaille le général Michel Friedling au Midi Libre. Or, les débris spatiaux font courir un grand danger aux satellites, une collision pouvant s’avérer fatale pour le bon fonctionnement des engins.

Look Up Space veut permettre aux opérateurs de satellites d’éviter les collisions

Look Up Space a développé un capteur de pointe avec l’objectif de détecter tout objet spatial d’une taille supérieure à 1 cm carré. L’appareil, installé dans le village de Monts-de-Randon, envoie des signaux électromagnétiques vers l’espace, puis capte les échos produits par ces derniers. La solution fonctionne dans toutes les conditions météorologiques et d’éclairement, affirme la société.

Grâce à une plateforme de traitement de big data « de pointe et sécurisée », les opérateurs de satellite, publics ou privés, sont ainsi en mesure de suivre les débris et d’éviter tout incident.

La start-up souhaite implanter d’autres capteurs à travers le monde. À terme, elle ambitionne « une couverture globale, en latitude et en longitude, et avec cette cartographie fine de l’espace, de suivre un sujet tout au long de son orbite, 24 heures sur 24 », détaille Michel Friedling. C’est aussi une question de souveraineté pour l’Europe, assure-t-il, l’acteur américain LeoLabs étant le leader incontesté du secteur. Un enjeu d’autant plus crucial actuellement, alors que l’Union européenne (UE) vient tout juste de retrouver un accès autonome à l’espace avec Ariane 6.

Look Up Space a déjà sécurisé 14 millions d’euros lors d’un tour de table en seed l’année dernière, dont 7 millions issus du financement public.

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