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Loyer, paperasse, solitude… Cette appli française change la vie des jeunes locataires

En pleine crise du logement, Wellow change tout pour les jeunes.

Une application mobile qui permet non seulement de renforcer le lien social entre jeunes, mais aussi d’apporter une solution face à la crise du logement ? C’est l’objectif de Wellow, jeune pousse tricolore qui ne cesse de gagner du terrain.

De plus en plus de logements vacants

Thomas Corman, son fondateur, s’est inspiré de sa propre expérience pour imaginer son application. Et plus particulièrement, de son parcours professionnel dans l’hôtellerie, qui l’a conduit à travailler en Asie et au Moyen-Orient sous forme de missions temporaires d’une durée d’un an à un an et demi par destination.

« J’ai souvent été confronté à une double difficulté : celle de m’installer et de m’acclimater à un nouvel environnement, en découvrant la culture locale, mais également celle de reconstruire un cercle social, étant donné que je laissais généralement mes proches, amis et famille, derrière moi », résume-t-il dans un entretien accordé à Presse-citron.

Une situation à laquelle beaucoup de jeunes sont confrontés, notamment lorsqu’ils quittent le foyer pour étudier ou débuter leur parcours professionnel. Elle est d’autant plus aggravée par les difficultés à trouver un logement viable et à prix abordable, alors que l’offre est insuffisante face à une demande croissante.

Ironie du sort, il existe de plus en plus de logements vacants là où la tension locative est élevée, entraînant une hausse des loyers, souvent indexés au mètre carré. « Les biens immobiliers de grande taille atteignent des prix si élevés qu’ils se trouvent déconnectés du marché locatif et deviennent, de fait, impossibles à louer », commente Thomas Corman.

La plateforme gère tout l’aspect administratif

C’est là que Wellow entre en jeu. La plateforme, dont l’idée a germée pendant la pandémie, se concentre sur la location de grands logements dans les zones urbaines : elle en devient locataire, les meuble et les propose à la location par chambre, créant une solution de colocation non solidaire. « Nous ne sommes pas une agence immobilière mais une équipe de jeunes professionnels ayant expérimenté ce type de difficultés », rappelle l’entrepreneur.

Tout se passe sur l’application, où l’utilisateur parcourt les chambres disponibles, avec la capacité de filtrer sa recherche par adresse ou budget. Des informations sur le logement, ainsi que sur les potentiels colocataires sont aussi accessibles. Lors de la prise de contact initiale, il sera mis en relation avec les colocataires actuels avec, éventuellement, l’organisation d’une visite de l’appartement.

Ainsi, le jeune peut s’installer dans un logement meublé et équipé, tous les aspects administratifs et techniques étant gérés par Wellow. « Les logements sont éligibles aux aides de la CAF, et les services essentiels tels qu’Internet et l’électricité sont déjà en place, l’assurance est souscrite et toute la gestion administrative est prise en charge », explique Thomas Corman.

« La maintenance au sein des appartements est également assurée par nos soins. En cas de problème, de dégât ou de coupure d’électricité, c’est notre équipe qui se charge des démarches nécessaires auprès des fournisseurs », poursuit-il. Autrement dit, le locataire n’a qu’une chose à payer : le loyer. À noter que l’application permet également de gérer divers aspects de la vie en colocation, comme le signalement de problèmes de maintenance ou la gestion des tâches ménagères.

Wellow Application
© Wellow

Un réseau social

Wellow agit aussi comme un réseau social, les utilisateurs pouvant interagir au sein même de l’appli. « Une fois installé, le nouvel arrivant aura l’opportunité de rencontrer non seulement ses colocataires, mais également l’ensemble des personnes hébergées dans la ville. La plateforme lui permettra de découvrir des activités et des événements, et d’interagir via un chat avec les autres résidents. Il pourra ainsi les rencontrer lors d’événements sportifs, de bénévolat, ou d’activités culturelles et sociales que nous proposons mensuellement en ville », étaye le dirigeant.

L’entreprise s’est justement développée en tenant compte des retours et suggestions des utilisateurs : les fonctionnalités sont co-créées avec les jeunes hébergés pour s’assurer qu’elles répondent à leurs besoins réels avec des services comme la gestion du ménage ou des livraisons de paniers de fruits.

Côté utilisateurs, Wellow compte 50 % de Français et 50 % d’internationaux, dont 60 % d’étudiants et 40 % de jeunes actifs. 95 % de ses usagers ont moins de 35 ans.

Cap sur l’étranger

Malgré des défis à relever, notamment pour convaincre les propriétaires de la légitimité de son modèle, Wellow est rentable, avec un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros en 2024. Un montant qui provient de la différence entre le loyer versé aux propriétaires et celui perçu des colocataires. Ce modèle permet de garantir le paiement des loyers, même si toutes les chambres ne sont pas occupées, tout en proposant des chambres à un tarif compétitif pour les jeunes.

Place désormais à l’internationalisation. Présente à Paris et en cours d’expansion dans d’autres villes françaises, la jeune pousse a l’ambition de conquérir d’autres marchés. « Je pense notamment à l’Espagne, à la Belgique, à l’Allemagne, aux Pays-Bas. Et d’autres villes, outre-Atlantique même, qui partagent une crise du logement et de la location qui est extrêmement importante », précise Thomas Corman.

Wellow souhaite aussi attirer des personnes qui arrivent dans une nouvelle ville sans forcément nécessiter de logement. De quoi leur permettre de bénéficier de son application pour des informations et des rencontres, sans passer par la case locataire.

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