Le 1er juin, à 6 h 35 du matin, le quartier de Magħtab, au nord de Malte, s’est réveillé en sursaut. Une première détonation, puis une seconde, plus violente, ont soufflé les vitres des habitations environnantes. Des débris ont été projetés sur plusieurs centaines de mètres, accompagnés d’un panache de fumée blanche de près de 300 mètres qui s’est élevé dans le ciel méditerranéen.
L’usine de feux d’artifice Ta’ Lourdes, située au nord de l’archipel, venait d’être entièrement détruite ; heureusement, aucun ouvrier n’était sur le site à cette heure matinale. En revanche, deux personnes, déjà réveillées et en plein travail, n’ont pas eu cette chance.
A powerful explosion at a fireworks factory in Malta damaged residential buildings, cars, and other property in nearby areas.
There is currently no information on fatalities or injuries. pic.twitter.com/LMxHGCVPxM
— NEXTA (@nexta_tv) June 1, 2026
Un réveil brutal pour tout un quartier
À Malte, pour des raisons de sécurité évidentes, les fabriques de feux d’artifice sont volontairement construites à l’écart des centres-villes, au milieu des terres et des exploitations. Âgés de 47 et 67 ans, les deux hommes, des agriculteurs, tous deux résidents de la municipalité de Saint-Paul’s Bay, étaient déjà aux champs au moment de l’explosion. Atteints par des débris, ils ont été pris en charge par les services d’urgence et transférés à l’hôpital Mater Dei, où leurs blessures ont été jugées légères, ce qui relève du miracle au vu de la puissance de la déflagration.
Elle a été si violente que plusieurs fermes ont été dévastées par le souffle, provoquant la mort de nombreux animaux (vaches laitières, lapins, oiseaux) dans les exploitations voisines, selon maltatoday. Un coup dur pour ces travailleurs : la fondation des jeunes agriculteurs maltais (MaYA) a rappelé que la plupart des compagnies d’assurance refusent de couvrir et d’indemniser les pertes de bétail liées aux explosions d’usines de pyrotechnie.
Edward Mercieca, riverain réveillé par le premier souffle, a confié aux journalistes du Times of Malta l’intensité du choc : « C’était comme si quelqu’un avait pris un marteau de la taille d’un camion et l’avait abattu sur le flanc de ma maison ». Des heures après les deux premières explosions initiales, d’autres, résiduelles, ont continué de ponctuer la matinée pendant plusieurs heures.
Le Premier ministre Robert Abela, a indiqué que ses « pensées allaient aux personnes touchées par cette explosion » et confirmé le déploiement immédiat des autorités compétentes pour sécuriser le site. Les équipes de protection civile poursuivent aujourd’hui le ratissage de la zone, afin d’éviter que la chaleur, très intense en Europe occidentale depuis la semaine dernière, ne provoque encore l’explosion de dispositifs pyrotechniques restés intacts.
L’analyse de Presse-citron
Malgré ses 316 km2, Malte compte 35 à 40 fabriques de feux d’artifice activement opérationnelles réparties sur ses trois îles. Au vu de sa superficie, cela représente environ une usine pour 8 à 9 km² : une concentration qui n’a aucun équivalent en Europe. La pyrotechnie est une ancienne tradition maltaise qui remonte au XVIe siècle, époque où les feux servaient à célébrer l’élection d’un Grand Maître ou les victoires militaires.
Aujourd’hui encore, les fêtes paroissiales (« festas ») rythment la vie des habitants de l’archipel d’avril à novembre, avec des détonations qui résonnent dès le matin. La cause de l’explosion de la fabrique de Ta’ Lourdes reste pour le moment inconnue, mais ce n’est en tout cas pas la première fois qu’elle se retrouve au cœur d’un incident de ce type : en 2018, elle avait déjà explosé, blessant deux personnes gravement.
- Une explosion puissante a détruit l’usine de feux d’artifice Ta’ Lourdes à Malte, blessant deux agriculteurs.
- Les débris ont causé des dommages dans le quartier et des fermes voisines, entraînant la mort d’animaux.
- Le Premier ministre a exprimé son soutien et des équipes de secours sécurisent la zone suite à l’incident.
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