Les méthodes traditionnelles pour évaluer les capacités des algorithmes ayant atteint leurs limites, OpenAI pousse désormais ses futurs modèles dans leurs retranchements en les soumettant à des problèmes mathématiques ouverts. Au début du mois, elle a dévoilé 722 manuscrits mathématiques qui résolvaient 300 d’entre eux. De quoi causer un séisme dans la filière de la recherche : « Ils ont annihilé mon domaine de recherche », déplorait récemment le mathématicien français Hugo Duminil-Copin dans une tribune publiée dans Le Monde.
L’entreprise persiste et signe, et vient d’annoncer de nouvelles avancées théoriques majeures. Elles ne se limitent plus aux mathématiques, et touchent également à l’informatique et à la physique quantique.
Les annonces d’OpenAI
Ces nouveaux travaux se déclinent en trois grands chapitres, publiés sous formes de données brutes sur GitHub. À noter qu’il s’agit de résultats générés par ses modèles, et non des découvertes scientifiques d’ores et déjà validées par les pairs, étape essentielle pour approuver officiellement toute avancée.
En informatique théorique d’abord, le créateur de ChatGPT revendique la réfutation de L’Exponential Time Hypothesis (ETH). Cette hypothèse pose comme principe que certains problèmes complexes sont tout simplement trop difficiles pour être résolus rapidement. Si cette annonce venait à être confirmée, elle suggérerait qu’il existe théoriquement des algorithmes capables de traiter ces calculs de manière beaucoup plus efficace, avec des retombées potentielles dans des domaines variés, allant de la biologie à la gestion de bases de données.
En mathématiques, OpenAI présente une preuve en toute dimension de la conjecture du lissage local de Sogge, une énigme sur la façon dont les ondes se propagent et se concentrent. Un tel résultat emporte par la même occasion la résolution des célèbres conjectures de Kakeya et de Stein à toutes les dimensions.
Mais ce n’est pas tout. La société assure avoir détecté une preuve d’existence rigoureuse pour certaines théories des champs en quatre dimensions, incluant la chromodynamique quantique.

Un nouveau cadre, déjà critique
Consciente des polémiques engendrées par ces publications, OpenAI tente d’imposer un nouveau cadre. Afin de transformer ces données brutes en connaissances validées, la firme teste une approche inédite consistant à former des groupes d’experts externes, qualifiés de garants, pour encadrer l’analyse des textes.
Elle publie également ses preuves dans le langage informatique Lean afin d’en faciliter la vérification automatique. De même, elle ne revendiquera « aucune paternité scientifique » sur ces découvertes, affirme-t-elle.
Mais son approche est loin de faire l’unanimité. Le comité de conseillers en mathématiques de l’AGMAI, mis en place par OpenAI, a justement recommandé aux entreprises d’IA de ne pas désigner certaines personnes pour recevoir les résultats en priorité. En cause, l’inégalité d’accès, l’appropriation de la réputation d’autrui et la sélection biaisée. Très visiblement, le monde scientifique doit, lui aussi, s’adapter à la nouvelle réalité de l’IA.
- OpenAI revendique trois percées de niveau mondial en mathématiques, en informatique théorique et en physique quantique.
- Elles sont publiées comme simples données brutes en attendant une relecture indépendante.
- Sa démarche bouscule profondément les règles académiques.
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