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Une entreprise dirigée par une IA sans aucune intervention humaine : ce nouveau statut suscite l’effroi

Un projet de loi dans le Delaware suscite de vives émotions jusqu’à Washington. Son ambition : instaurer un nouveau statut pour les entreprises dirigées par des agents IA.

Aux États-Unis, un projet ahurissant visant à créer des entreprises entièrement dirigées par des intelligences artificielles (IA) suscite une vive opposition. James Comer, président républicain de la puissante commission de surveillance de la Chambre des représentants, vient d’exiger des explications officielles auprès du gouverneur du Delaware.

Dans sa ligne de mire : une initiative pionnière menée par cet État américain, qui entend accorder une personnalité juridique à des agents IA. Baptisée Artificial Intelligence Company (AIC), elle autoriserait l’agent autonome à gérer une entreprise au quotidien : signature de contrats, acquisition de biens, transactions bancaires, poursuites judiciaires face à des concurrents, etc. Le tout, évidemment, sans aucune intervention humaine.

Dans ce schéma, un investisseur ou une entreprise mère fournit le capital de départ afin d’immatriculer l’AIC. Puis en contrepartie, la responsabilité financière et légale du propriétaire est quasi totalement protégée. Ainsi, si l’IA commet une erreur coûteuse ou violatrice du droit, c’est l’entreprise virtuelle qui est poursuivie, et non l’humain qui tire les ficelles. Seules les fraudes intentionnelles ou un manque de capital initial permettraient de lever cette protection.

Intelligence Artificielle
© Amrulqays Maarof / Pixabay

Washington se penche sur le dossier

Et ce n’est pas pour rien si le Delaware s’intéresse à une telle solution. Ce petit État de la côte est est le paradis de l’immatriculation des entreprises américaines, ce qui lui rapporte gros. Mais il fait désormais face à la concurrence de rivaux comme le Texas ou le Nevada. Avec ce nouveau statut, les autorités espèrent attirer une nouvelle manne financière et devancer des alternatives.

Ses partisans estiment qu’il vaut mieux encadrer strictement l’IA dans un cadre légal et traçable plutôt que de la laisser évoluer dans le vide juridique. Mais ses opposants dénoncent une solution artificielle taillée sur mesure pour exonérer les technophiles de toute responsabilité. De même, le manque de transparence entachant la rédaction du texte, cosigné avec des cabinets d’avocats et des startups du secteur, renforce les soupçons d’un projet avant tout destiné à protéger de puissants intérêts économiques.

Face à ce risque, le Congrès n’exclut pas d’adopter une loi fédérale pour bloquer l’initiative avant même son lancement. Les élus redoutent logiquement qu’elle protège les dirigeants humains si une IA devient incontrôlable.

  • Le Delaware prépare une loi pour autoriser la création d’entreprises entièrement gérées au quotidien par des agents d’IA autonomes, sans humain aux commandes.
  • Le Congrès américain s’inquiète vivement, craignant que ce statut juridique ne serve de bouclier pour protéger les investisseurs et les géants de la tech de toute responsabilité en cas de dérapage.
  • En voulant devenir le pionnier de l’économie autonome, le Delaware cherche à stimuler ses revenus et à contrer la concurrence d’autres États américains attractifs.

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