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La mauvaise surprise climatique de 2024 : la NASA tire la sonnette d’alarme

Encore une nouvelle dont on se serait bien passé.

L’élévation du niveau des océans n’est plus un sujet à suspens ; année après année, les relevés confirment l’inexorable progression de l’eau sur les terres, poussée par la fonte des glaces et le réchauffement climatique. La NASA, qui surveille le phénomène de près grâce à plusieurs satellites, vient pourtant de faire état d’un chiffre qui a de quoi nous interpeller. En 2024, la mer s’est élevée de 0,59 cm, alors que les projections tablaient sur 0,43 cm, soit une différence de plus de 37 % !

Comment expliquer un tel écart ? Parce que si dans votre piscine ou votre baignoire, une telle différence ne se voit même pas, à l’échelle planétaire, c’est considérable. Le plus déroutant, ce sont les raisons qui ont causé ce bond, puisqu’elles ne sont pas à chercher du côté d’une potentielle accélération de la fonte des calottes polaires. Ce qu’il se passe, c’est que nos océans se dilatent ; explications.

Dilatation thermique : le nouveau moteur de la montée des eaux

Les eaux montent en raison de deux facteurs principaux. Le plus important, la fonte des glaciers, et l’autre, l’expansion de l’eau sous l’effet de la chaleur. Depuis des décennies, cette expansion pesait moins lourd dans la balance que la fonte. Néanmoins, en 2024, c’est l’inverse qui s’est produit : la dilatation thermique est devenue la cause principale de la montée des eaux.

Qu’entend-on exactement par dilatation thermique dans ce contexte ? C’est un phénomène physique assez simple à comprendre : lorsque l’eau se réchauffe, ses molécules s’agitent davantage, ce qui augmente son volume. Comme les océans absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur accumulé sur la planète, cette dilatation est aujourd’hui autrement plus importante.

Habituellement, cette chaleur restait concentrée dans les couches superficielles des eaux, plus facilement ventilées par les vents. En 2024, l’intensité des cyclones et la récurrence des tempêtes ont brassé la colonne d’eau jusqu’à des profondeurs inhabituelles, diffusant la chaleur vers le bas, ce qui a provoqué une expansion plus généralisée. Ce n’est pas parce qu’il y a plus d’eau sur la planète que les niveaux des océans ont monté plus rapidement, c’est que celle-ci est plus chaude et prend donc plus de place.

Comme cette chaleur se diffuse plus verticalement qu’auparavant, elle modifie la structure thermique des océans et complique la tâche des scientifiques. Les modèles de prévision reposaient sur une répartition relativement stable des températures ; or ce brassage vient tout bouleverser ; l’évolution du niveau des océans est, par conséquent, bien plus difficile à anticiper.

Quand l’océan déborde, il dérègle tout

Comme l’eau salée est plus volumineuse et plus chaude, elle a tendance à s’infiltrer davantage dans les grands estuaires : le Gange (Inde), le Mississippi (États-Unis), le Yangtsé (Chine) ou encore le Mékong (Asie du Sud-Est). Des zones très sensibles, qui voient leur irrigation menacée tout comme leur disponibilité en eau douce.

Cette chaleur plus accentuée favorise par ailleurs des vagues de températures extrêmes en mer, que l’on pourrait presque appeler des « canicules océaniques ». Elles font des ravages en tuant le plancton, base de toute la chaîne alimentaire océanique, et finissent par perturber l’économie locale de certains pays, centrée exclusivement autour de la pêche.

Ces bouleversements menacent aussi de perturber des courants majeurs, comme l’AMOC, ce vaste système qui redistribue la chaleur entre les tropiques et l’Atlantique Nord. Si ce moteur océanique venait à faiblir, il pourrait dérégler nos saisons, rendre certaines côtes plus vulnérables aux tempêtes et aggraver la montée des eaux. Un vrai cercle vicieux dont il est aujourd’hui extrêmement difficile de s’extraire.

Derrière ces quelques millimètres de plus se jouent donc la vie de millions de personnes, de la bonne santé de nos écosystèmes et de la robustesse de nos capacités de résilience face à un phénomène impossible à freiner. La dilatation thermique n’est plus une actrice secondaire du dérèglement climatique, et les modèles climatiques de la NASA devront désormais l’intégrer comme une variable prioritaire à surveiller.

  • En 2024, la montée des océans a été bien plus rapide que prévu, selon les mesures de la NASA.
  • La chaleur accumulée dans l’océan, brassée en profondeur par des tempêtes plus fréquentes, a provoqué une expansion inédite de son volume.
  • Cette dilatation thermique accentue les intrusions salines, menace la biodiversité marine et complique la prévision des inondations futures.

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