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Meta, un géant du cloud au même titre qu’Amazon et Microsoft : le nouveau pari fou (et très risqué) de Mark Zuckerberg

Alors que les investisseurs paniquent devant les 140 milliards de dollars engloutis par Meta dans l’intelligence artificielle, Mark Zuckerberg s’apprête à lancer le projet Meta Compute pour transformer ses serveurs en un géant du cloud mondial.

Énorme séisme dans l’industrie de la tech. L’empire de Mark Zuckerberg repose encore aujourd’hui sur un modèle simple et ultra rentable : capter l’attention de 4 milliards d’utilisateurs sur Facebook, Instagram ou WhatsApp pour la revendre à des annonceurs publicitaires. Mais en coulisses, un revirement historique se prépare.

Meta ne veut plus seulement être le roi des réseaux sociaux et des lunettes intelligentes ; la firme ambitionne de devenir un titan de l’infrastructure informatique, marchant directement sur les plates-bandes des trois mastodontes du secteur : Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud.

Cette métamorphose porte déjà un nom de code en interne : Meta Compute. Pour piloter cette offensive, Zuckerberg vient de réussir un coup d’éclat en débauchant David Brown, l’un des plus hauts dirigeants d’AWS, spécialiste mondial du calcul et des plateformes IA. L’objectif de cette nouvelle division est de bâtir un business de cloud computing d’infrastructure.

Concrètement, Meta s’apprête à louer la puissance de ses serveurs et l’accès à ses modèles d’intelligence artificielle à des développeurs et des entreprises tierces : l’entreprise qui gère vos photos de vacances veut désormais piloter l’infrastructure invisible du Web mondial.

Datacenter Amazon
© Amazon

Compenser les dépenses astronomiques dans l’IA

Mais pourquoi un tel revirement ? Il faut regarder du côté des dépenses de la société. Car Meta s’est lancée dans une frénésie d’achats compulsive pour s’imposer comme l’un des leaders mondiaux de l’IA. Le groupe a ainsi révisé ses prévisions de dépenses d’investissement pour l’année 2026 à un niveau historique : entre 125 et 145 milliards de dollars, soit près du double de l’année précédente.

Ces sommes astronomiques sont englouties dans la construction de data centers géants et l’acquisition de puces électroniques de pointe, indispensables pour entraîner ses modèles d’IA. Forcément, ses actionnaires ne sont pas rassurés de voir l’entreprise brûler autant de cash sans retour sur investissement immédiat. D’où le coup de poker ultime de Zuckerberg.

Car contrairement à Google ou Amazon, Meta ne possédait aucun service cloud pour légitimer de telles dépenses auprès des investisseurs. L’idée est donc d’appliquer une logique de recyclage industriel : lorsque ses serveurs ne seront pas utilisés à 100 % par ses propres ingénieurs, leur puissance de calcul brute sera louée à des sociétés tierces.

Meta Ai Depart
© PixBound / Shutterstock.com

Tempête en interne

En parallèle, l’ambiance en interne semble toujours plus délétère. Au mois de mai, la direction a lancé une purge historique et supprimé 8 000 postes d’un coup, soit environ 10 % de ses effectifs mondiaux. Une décision qui résulte d’une restructuration chirurgicale visant à éliminer les départements jugés redondants par l’automatisation et à réallouer chaque dollar vers l’achat de serveurs et de puces.

En conséquence, l’ambiance est littéralement toxique, marquée par une surveillance généralisée et un ras-le-bol profond des ingénieurs. Une situation empirée par la mise en place d’un logiciel ultra intrusif qui enregistre en temps réel les captures d’écran, les frappes au clavier et la trajectoire de la souris des salariés. Le tout pour entraîner les IA de l’entreprise.

Il y a quelques jours, 26 employés éreintés ont déposé une plainte explosive contre Meta, l’accusant d’avoir utilisé ses propres algorithmes et ses tableaux de bord de productivité IA pour sélectionner les personnes à licencier. L’algorithme aurait automatiquement attribué de mauvaises notes de performance aux employés absents, ciblant de plein fouet les femmes en congé maternité, les parents en congé parental et les salariés en arrêt maladie.

Meta Ia Recrutement
© Kemarrravv13 / Shutterstock.com

Une puce en préparation

Dans ce contexte, Meta peut-elle réussir ce saut dans le vide ? Vendre du cloud à des ingénieurs exigeants requiert une réactivité humaine et un support technique de pointe, un monde aux antipodes de la vente automatisée de publicités en ligne qui fait la fortune historique de la firme. D’autant que la concurrence s’annonce féroce et inattendue.

Pendant que Meta s’épuise à implanter des infrastructures extrêmement coûteuses et impopulaires sur le sol américain, de nouvelles puissances comme l’Arabie Saoudite, via son fonds souverain PIF, entrent dans l’arène. Grâce à une énergie pétrolière et solaire ultra compétitive et la création de véritables ambassades de données extraterritoriales, le Golfe s’apprête à casser les prix du calcul informatique mondial, menaçant de transformer les serveurs américains de Meta en friches industrielles hors de prix. Sans parler des acteurs historiques ou de SpaceX, qui promet de développer une infrastructure IA spatiale inégalable.

Et pour ne plus dépendre de NVIDIA, dont les puces s’arrachent à prix d’or, Meta devrait lancer dès septembre 2026 la production industrielle de sa toute nouvelle puce IA maison, développée sous le nom de code d’accélérateur MTIA. En mariant ce silicium propriétaire à son réseau de serveurs, Meta espère proposer des tarifs d’accès au cloud défiant toute concurrence. Reste à voir si les performances seront effectivement au rendez-vous…

  • L’officialisation du projet Meta Compute, appuyée par le recrutement d’un dirigeant historique d’AWS, marque la volonté de Meta d’entrer en concurrence frontale avec Amazon, Microsoft et Google sur le marché du cloud computing.
  • Ce virage industriel vise avant tout à rassurer les marchés financiers.
  • En interne, ce pivot vers l’IA provoque d’importants remous, alors même que l’entreprise s’apprête à lancer ses propres puces de calcul.

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