Spirit AeroSystems, basé à Wichita dans le Kansas, est un acteur central du secteur, spécialisé dans les fuselages, les ailes, les pylônes et autres structures critiques pour l’aviation commerciale, la défense et les jets d’affaires. L’entreprise compte environ 15 000 salariés, et dispose d’usines aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Maroc ou encore en Malaisie.
Dans le cadre de ce deal, Boeing réintègre l’ensemble des activités liées à ses avions : les fuselages du 737, les grandes sections des 767, 777 et 787, ainsi que les structures destinées aux dérivés militaires P-8 et KC-46. L’entreprise absorbe aussi plusieurs milliers d’employés, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.
De son côté, Airbus reprend les sites chargés de produire des éléments essentiels à ses programmes : les ailes et sections de fuselage de l’A220 à Belfast, les bords d’attaque et de fuite de l’A320 et de l’A350 à Prestwick, ainsi que d’autres installations en France, au Maroc et en Caroline du Nord.

Pourquoi un tel accord ?
Ce rachat intervient alors que les problèmes industriels se sont accumulés depuis plusieurs années. Le 5 janvier 2024, une porte d’un 737 Max d’Alaska Airlines s’est arrachée en plein vol quelques minutes après le décollage, provoquant une décompression soudaine. L’avion est parvenu à se poser d’urgence, mais l’incident a déclenché une vaste enquête sur les pratiques de fabrication du programme 737. Le fuselage concerné avait été produit dans l’usine de Spirit à Wichita, renforçant la volonté de Boeing de reprendre directement le contrôle d’un fournisseur qu’il avait externalisé en 2005.
Au-delà de cet événement, Spirit était devenu un maillon fragile pour les deux constructeurs : retards, problèmes de qualité et difficultés financières affectaient des programmes clés comme le 737 Max, l’A350 ou l’A220. En reprenant chacun leurs activités respectives, Boeing et Airbus cherchent à stabiliser la production, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et réduire les risques de nouveaux incidents.
Cette opération marque ainsi un tournant pour toute l’industrie. Elle reconfigure profondément la chaîne d’approvisionnement, rapatrie des compétences stratégiques chez les constructeurs et redéfinit les équilibres industriels entre les deux rivaux historiques. Un moment charnière, effectivement, pour l’aviation civile.
- Boeing et Airbus se partagent Spirit AeroSystems, l’un des fournisseurs les plus stratégiques de l’aviation, en récupérant chacun les activités liées à leurs programmes.
- Boeing réintègre les fuselages et grandes structures de ses avions, tandis qu’Airbus reprend les sites produisant ailes et sections pour l’A220, l’A320 et l’A350.
- Cette réorganisation majeure vise à stabiliser la production après plusieurs défaillances, dont l’incident de la porte arrachée sur un 737 Max.
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