Le marché des VPN a vu sa croissance encore accélérer en France depuis l’introduction de l’obligation de vérification d’âge sur les sites pour adultes (comme Xvideos ou Tukif), au début de l’été. Cette réglementation a poussé de nombreux internautes à chercher des solutions pour préserver leur anonymat en ligne, au point que le trublion Free a même lancé son propre service, mVPN. C’est dans ce contexte que Mozilla annonce le déploiement prochain d’un VPN gratuit directement intégré à Firefox, actuellement en phase de test auprès d’un groupe restreint d’utilisateurs.
Pour rappel, un VPN crée un tunnel crypté entre votre ordinateur et un serveur distant, pour cacher votre adresse IP réelle et chiffrer l’ensemble de vos données de navigation. Votre FAI ne peut plus surveiller votre activité et les sites visités ne voient que l’adresse IP du serveur VPN. Au-delà du contournement des restrictions géographiques, le VPN est devenu un outil essentiel contre la surveillance et la collecte massive de données personnelles.
Une approche différente de l’offre payante existante
Mozilla propose déjà Mozilla VPN qui est un service payant qui protège l’ensemble du trafic internet de votre appareil. Le nouveau Firefox VPN adopte une stratégie différente du fait qu’il se focalise exclusivement sur le trafic web du navigateur. Cette intégration native élimine le besoin d’installer une application séparée et simplifie l’expérience utilisateur (il existe toutefois d’autres VPN que vous pouvez installer sur Firefox). Surtout, ce service sera entièrement gratuit, ce qui ne va pas sans rappeler la stratégie de ses concurrents directs Opera ou Microsoft (Edge).
L’entreprise promet une transparence totale sur la gestion des données : seules des informations techniques minimales seraient collectées et supprimées après trois mois. Mozilla jure aussi ne jamais enregistrer les sites visités ni le contenu téléchargé. C’est un engagement louable mais qui soulève quand même quelques interrogations légitimes : comme le rappelle Gizmodo, le principal problème réside dans la localisation de Mozilla. En tant que société américaine exploitant des serveurs sur le sol américain, l’entreprise reste soumise à la juridiction des États-Unis, membre de l’alliance Five Eyes. Cette réalité signifie que Mozilla pourrait donc être contrainte de répondre à des demandes gouvernementales, même si sa politique affirme ne conserver aucun historique.
Un marché hautement compétitif
Mozilla n’invente rien avec cette fonctionnalité de VPN intégré à un navigateur. Opera propose déjà un VPN gratuit intégré à son navigateur (que vous pouvez télécharger ici) depuis plusieurs années. Il y a aussi Vivaldi qui s’est associé à Proton pour fournir un VPN à ses utilisateurs. Brave quant à lui dispose de sa propre technologie pour protéger la vie privée de ses membres – et même Microsoft a ajouté des fonctionnalités comparables à Edge.
Cela dit, ces solutions intégrées souffrent presque toutes de limitations importantes : nombre restreint de serveurs, fonctionnalités avancées absentes, performances parfois décevantes. Comme le constate Gizmodo dans son comparatif de VPN, aucun navigateur avec VPN intégré ne rivalise avec les services spécialisés comme NordVPN, ExpressVPN ou PIA qui offrent des milliers de serveurs et surtout des politiques no-log vérifiées par des audits indépendants.
Mozilla affirme sans scrupule vouloir créer “le meilleur navigateur intégrant un VPN du marché” et promet l’absence de limitation de données et aucun impact sur la vitesse de connexion de ses utilisateurs (à vérifier). Dans cette phase initiale d’expérimentation auprès d’une poignée d’utilisateurs de Firefox, le trafic est acheminé via des serveurs américains – ce qui laisse penser à une offre géographiquement restreinte au lancement.
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