Il y a un drôle de paradoxe dans l’audio grand public. Les casques premium occupent une écrasante majorité du terrain médiatique. Ce n’est pas illogique puisqu’ils servent de vitrine technologique au secteur. Ainsi, au moment de trancher entre un Sony WH-1000XM6, un Bose QuietComfort Ultra (2e gen)ou un Bowers & Wilkins Px7 S3, le passionné d’audio a de la matière.
Pourtant, les casques les plus vendus ne sont pas forcément ceux dont on parle le plus. Les volumes se concentrent ailleurs. Plus précisément dans une tranche stratégique, celle des casque audio à moins de 200 €. Un positionnement tarifaire où l’on recherche avant tout un équilibre entre confort, autonomie, qualité sonore sérieuse et réduction de bruit efficace.
C’est dans cette zone que se joue la véritable bataille du casque Bluetooth. Celle de JBL avec ses séries Tune et Live, de Sony avec ses familles ULT ou WH-CH ou encore de Marshall avec ses modèles Major. L’an dernier, Nothing avait déjà tenté une percée avec son premier Headphone (1). Affiché à 299 euros, il était nettement moins cher que les ténors du haut de gamme tout en proposant une expérience globale particulièrement solide.

Avec le Headphone (a), la marque change de focale. Pour faire baisser la facture, Nothing a dû consentir à quelques concessions. Sur le papier, elles ne semblent ni nombreuses ni particulièrement inquiétantes.
Nous avons passé trois semaines avec le Headphone (a), entre trajets en métro, en avion, journées de télétravail et longues balades musicales. L’objectif est simple, vérifier si Nothing a réellement les épaules pour s’imposer dans le segment des casque audio à moins de 200 €.
Prix et disponibilité
Le Nothing Headphone (a) sera commercialisé au tarif conseillé de 159 €. Il sera disponible à partir de en mars 2026, sur le site officiel de Nothing ainsi que chez les principaux revendeurs partenaires.

Excellente nouvelle, le casque se décline en quatre coloris. Du blanc et du noir, assez classique, mais également du rose et du jaune. Dans la boîte, le casque est livré avec une housse de transport souple, un câble audio jack 3,5 mm (1,2 m), ainsi qu’un un câble USB-C pour la charge et l’audio.
Identité intacte, plastique plus présent et confort revu
Au premier regard, le Headphone (a) assume pleinement sa filiation avec son grand frère. Même forme rectangulaire immédiatement identifiable, même approche presque architecturale du design. Dans un secteur saturé de formes ovales et de plastiques lisses, Nothing continue d’apporter de la fraicheur.

Néanmoins, si l’allure ne bouge pas, l’exécution, elle, a été revue. Le Headphone (a) affiche 310 grammes sur la balance quand le premier Headphone culminait à 329 grammes. Si, sur le papier, l’écart semble modeste, la différence est réellement tangible à l’usage.
En effet, ce fut l’un des rares griefs relevés lors de notre test du premier Headphone. Il finissait par rappeler son poids au fil des heures. Avec le Headphone (a), la pression verticale est mieux répartie et l’équilibre général plus maîtrisé. Sur une après-midi complète en télétravail, la nécessité de faire une pause demeure, mais elle intervient plus tardivement.

Cette évolution tient en partie aux choix de matériaux. Le Headphone (a) fait davantage appel aux plastiques, notamment sur les coques externes. Le rendu perçu apparaît un peu moins noble. Pour autant, l’ensemble reste cohérent pour un casque audio à moins de 200 €
Surtout, aucune sensation de fragilité ne se dégage à la manipulation. Les bras coulissants sont robustes, mais s’ajustent toujours avec un peu de difficulté. De leur côté, les charnières pivotantes demeurent stables et aucun craquement n’est à signaler.

Enfin, les coussinets en mousse à mémoire de forme, similaires à ceux du premier modèle, enveloppent toujours correctement l’oreille. L’ouverture interne laisse suffisamment d’espace pour limiter l’échauffement, tandis que la pression reste maîtrisée, y compris avec des lunettes.
Ergonomie et connectivité, aussi épatant que son grand frère
Le Headphone (a) reprend exactement l’architecture de commandes inaugurée avec le premier modèle. Et c’est une excellente nouvelle, tant nous avions salué cette ergonomie novatrice et particulièrement réussie. Les trois boutons physiques distincts sont donc encore de la partie.

Trois commandes mécaniques, précises, différenciées au toucher. Dans un univers où beaucoup de casques misent sur des surfaces tactiles parfois imprécises, Nothing fait encore mouche.
Le « Roller » gère l’essentiel. Rotation pour ajuster le volume, pression pour lecture et pause, appui prolongé pour basculer entre les modes de réduction de bruit active et le mode transparence. Le « Paddle » sert à naviguer dans le contenu le « Button » est personnalisable via l’application Nothing X.

Côté connectivité, le Headphone (a) adopte le Bluetooth 5.4 avec prise en charge des codecs AAC, SBC et LDAC. La certification Hi-Res Audio est toujours présente. La connexion multipoint permet de rester connecté simultanément à deux appareils, par exemple un smartphone et un ordinateur. L’écoute filaire est également possible via USB-C audio ou prise jack 3,5 mm.

Enfin, à cela s’ajoute un mode audio spatial statique proposant deux profils, « Cinema » et « Concert ». Une coquetterie assez rare sur un casques audio à moins de 200 €. Cette dernière s’est révélée agréable lors du visionnage d’une série ou de quelques parties de Hollow Knight: Silksong sur Switch 2 en mode portable.
La sensation d’enveloppement est légèrement accentuée et l’ensemble gagne en ampleur, sans toutefois transformer radicalement l’expérience comme peut le faire un système avec suivi des mouvements de tête.
Une scène sonore plus expressive
Sur le plan technique, le Headphone (a) ne part pas d’une feuille blanche. Il conserve des transducteurs de 40 mm à dôme titane. En revanche, le partenariat avec KEF disparaît au profit d’un réglage sonore désormais entièrement maîtrisé en interne par Nothing.
Là où le premier Headphone adoptait une signature relativement neutre et équilibrée, le Headphone (a) déplace légèrement le curseur. La restitution gagne en projection et en énergie. L’écoute apparaît plus immédiate, plus engageante, mais aussi plus accessible.

Le registre grave est plus présent que sur le Headphone (1). Sur des morceaux électro ou hip-hop, l’impact est plus direct. Les kicks sont plus appuyés, les lignes de basse plus incarnées. Ce surplus de générosité reste toutefois maîtrisé.
Le Headphone (a) réussit, comme son grand frère, à éviter toute exagération artificielle. Il ne bascule ni dans le grave hypertrophié de certaines gammes Sony ULT, ni dans un rendu très frontal que l’on retrouve parfois chez JBL.

Les médiums conservent une bonne lisibilité, mais paraissent un peu moins fins que sur le modèle co-développé avec KEF. Les voix restent bien positionnées et naturelles dans leur tonalité. On perd néanmoins un soupçon de texture sur certains timbres vocaux, et les instruments à cordes peuvent sembler légèrement plus épais.
Les aigus sont propres et bien contenus. Sur des cymbales ou des arrangements riches, ils ne deviennent pas agressifs, même à volume soutenu. Le Headphone (a) conserve cette douceur déjà présente sur le premier modèle. L’ensemble paraît toutefois un peu moins aérien. Sur des morceaux de musique classique, les micro-détails sont parfois difficile à entendre.

Globalement, la scène sonore reste cohérente, surtout pour un casque audio à moins de 200 €. Elle évite toujours l’écueil du spectaculaire et de l’artificiel.
Réduction de bruit et mode transparence, Nothing ne rogne rien
Malgré son positionnement tarifaire plus agressif, le Headphone (a) conserve exactement la même architecture hybride que le premier modèle. À savoir quatre microphones avec une atténuation annoncée jusqu’à 40 dB.
Dans les transports en commun ou dans la rue, les bruits graves continus sont efficacement atténués. La pression sonore baisse sans créer cette sensation d’isolement artificiel que certains casques peuvent provoquer. Les bruits soudains sont bien contenus, aidés par une isolation passive déjà sérieuse grâce aux coussinets.

Les voix, notamment dans les hauts médiums, restent perceptibles mais clairement adoucies. Une discussion en mouvement à quelques mètres devient presque inaudible. En revanche, dans un open space, une conversation statique à moins de deux mètres ne disparaît pas totalement. Et c’est précisément sur ce type de fréquences plus complexes que le Headphone (a) rappelle son positionnement tarifaire.
La réduction de bruit adaptative constitue une bonne idée sur le principe. Elle ajuste automatiquement le niveau de réduction en fonction des environnements. Dans les faits, le système peut se montrer un peu trop sensible aux variations soudaines, notamment face au vent.

On perçoit alors de légères fluctuations de pression sonore. Aussi appelé « effet de pompage », ce phénomène correspond à une variation perceptible du niveau d’annulation qui peut légèrement perturber l’écoute. Nous avons donc préféré désactiver ce mode en extérieur afin de conserver une meilleure restitution sonore.
De son côté, le mode transparence reste bien calibré. Les voix environnantes sont claires et naturelles. On peut commander un café ou répondre à une question sans retirer le casque. Le rendu ne rivalise pas avec les références premium. Non pas tant à cause de la restitution extérieure, mais plutôt parce que notre propre voix résonne légèrement dans la structure.
La meilleure autonomie des casque audio à moins de 200 € ?
C’est probablement ici que le Headphone (a) marque la rupture la plus nette avec son grand frère plus huppé. Nothing annonce jusqu’à 135 heures d’autonomie en AAC sans réduction de bruit active, et jusqu’à 80 heures avec l’ANC activé.
C’est bien simple, seul Marshall joue habituellement dans ces sphères d’endurance. Le Monitor III ANC se pose comme un parangon avec plus de 70 heures d’utilisation par charge avec réduction de bruit activée. Le Major V monte encore d’un cran en annonçant 100 heures d’autonomie sans réduction de bruit active.

Pour le vérifier, nous avons donc étiré l’usage. Après environ 50 heures d’écoute, à raison d’environ cinq heures par jour pendant dix jours, le Headphone (a) affichait encore près de 32 % de batterie, avec réduction de bruit activée et codec AAC. Une performance, disons-le sans détour, exceptionnelle.
Par extension, sans réduction de bruit active, il devrait logiquement tenir la cadence annoncée. Peut-être pas exactement 135 heures dans des conditions réelles mixtes, mais dépasser largement la barre des 100 heures semble parfaitement crédible.

Et c’est là que le vrai bénéfice apparaît. En utilisation intensive, il suffit de le recharger deux à trois fois par mois. En usage modéré, la question devient presque anecdotique. D’autant qu’en le branchant une dizaine de minutes, il récupère environ six heures d’écoute.
Notre avis sur le casque Bluetooth Nothing Headphone (a)
En s’attaquant frontalement au segment sous la barre des 200 euros, Nothing ne pouvait pas se contenter d’un simple Headphone allégé. Il fallait conserver l’essentiel de ce qui a fait la force de son premier casque.
Certes, des concessions étaient nécessaires. Le plastique est plus présent et la signature sonore s’éloigne légèrement de la neutralité apportée par le partenariat avec KEF. Le résultat se traduit par davantage d’énergie et une approche plus expressive. Une orientation assumée, plus accessible, qui se révèle aussi plus polyvalente.
Hormis cela, la base technique ne bouge pas. La connectivité figure parmi les plus complètes du secteur de casque audio à moins de 200 €. L’ergonomie est l’une des plus intelligentes et originales du marché et l’application Nothing X fait partie des plus abouties en termes de richesse fonctionnelle et de clarté d’utilisation.
Et que dire de l’autonomie… Nothing vient clairement marcher sur les plates-bandes de Marshall avec plus de 100 heures sans réduction de bruit et près de 80 heures avec. Même des casques plus premium sont incapables d’en faire autant.
Tout n’est pas parfait. La réduction de bruit est solide sur les bruits graves, mais montre encore ses limites sur certaines fréquences haut médium. La qualité des appels, correcte, ne pousse pas non plus à passer des heures au téléphone. Néanmoins, face à l’ensemble proposé, ces réserves ne constituent en rien un frein sérieux à l’achat.
Si son design, réussi mais clivant, vous séduit, alors difficile de trouver plus cohérent aujourd’hui. Sous les 200 euros, le Headphone (a) s’impose en 2026 comme le casque Bluetooth le plus complet et recommandable.
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Nothing Headphone (a)
159 eurosOn aime
- Autonomie exceptionnelle (+ de 100h sans RBA et 70 heurs avec)
- Signature sonore plus énergique, mais équilibrée
- Connectivité complète (Bluetooth 5.4, LDAC, multipoint, USB-C audio, jack 3,5 mm)
- Ergonomie physique toujours aussi intelligente et intuitive
- Confort amélioré par rapport au premier modèle
On aime moins
- Signature moins neutre et moins fine que le modèle co-développé avec KEF
- Réduction de bruit encore perfectible sur certaines voix et haut médiums
- Qualité des appels correcte sans être remarquable
- Plastique plus présent que sur le premier Headphone