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Obésité : cette crise sanitaire mondiale pourrait bientôt devenir incontrôlable

Génération écrans, génération assise, génération XXL ?

Alors que les projecteurs médiatiques se braquent souvent sur les maladies infectieuses, une autre épidémie progresse : l’obésité, qui touche actuellement 2,6 milliards de personnes à travers le monde. Selon un rapport de The Lancet, d’ici 2050, plus de la moitié des adultes et un tiers des enfants de la planète pourraient être en surpoids ou obèses. Une véritable bombe à retardement sanitaire qui menace déjà les systèmes de santé mondiaux et dont les détonateurs s’activent particulièrement chez les jeunes générations.

Quand la balance penche du mauvais côté

Si vous n’avez pas le vertige, lisez donc ces chiffres.  Présentement, 2,11 milliards d’adultes de 25 ans et plus ainsi que 493 millions d’enfants et de jeunes âgés de 5 à 24 ans sont en surpoids ou obèses. Une augmentation spectaculaire par rapport aux 731 millions d’adultes et 198 millions de jeunes recensés en 1990.

Progression obésité
D’ici 2050, près de 60 % des adultes et 31 % des jeunes seront en surpoids ou obèses, selon les projections. © Global Burden of Disease study 2021

Cette progression fulgurante résulte d’un échec collectif face à cette problématique de santé publique, comme le souligne le Professeur Emmanuela Gakidou de l’Université de Washington : « L’épidémie mondiale sans précédent de surpoids et d’obésité représente une tragédie profonde et un échec sociétal monumental ».

Un échec que l’on doit à de nombreux facteurs : surconsommation d’aliments transformés saturés de sucres et de graisse, diminution de l’activité physique due à la sédentarité croissante, accès limité à des aliments sains et variables génétiques et sociales.

Il serait aisé de croire que la majorité des personnes qui souffrent de cette situation se trouvent aux États-Unis, mais les temps ont changé et nous ne sommes plus dans les années 1990. Plus de la moitié des adultes en surpoids ou obèses vivent dans seulement huit pays : la Chine (402 millions), l’Inde (180 millions), les États-Unis (172 millions), le Brésil (88 millions), la Russie (71 millions), le Mexique (58 millions), l’Indonésie (52 millions) et l’Égypte (41 millions).

répartition obésité
En 2021, plus de la moitié des adultes en surpoids ou obèses vivaient dans seulement huit pays, et toutes les courbes sont en hausse. © Global Burden of Disease study 2021

Même si les chiffres sont moins impressionnants dans l’Hexagone, les proportions font, en revanche, froid dans le dos. Selon les chiffres d’Ameli, « En 2020 […] le surpoids concerne toujours 47 % des Français adultes. Les hommes sont plus souvent en surpoids que les femmes (36,9 % contre 23,9 %) 17 % seraient obèses : 17,4 % d’obèses chez les femmes contre 16,7 % chez les hommes ». En 2020, nous étions 67,6 millions de personnes dans l’Hexagone, ce qui signifie que plus de 11 millions de personnes sont concernées par l’obésité.

L’obésité infantile : un héritage bien lourd pour nos chérubins

L’aspect peut-être le plus alarmant de cette crise concerne les enfants et les jeunes. Les projections indiquent une hausse absolument ahurissante de 121 % de l’obésité dans cette tranche d’âge d’ici 2050, portant le nombre de jeunes obèses à 360 millions. Les chercheurs ont constaté que les enfants prennent du poids plus rapidement que les générations précédentes et que l’obésité survient bien plus tôt qu’auparavant.

Les risques associés, nous les connaissons désormais très bien : augmentation des risques de développer un diabète de type 2, de l’hypertension, des maladies cardiaques ou des cancers. Un tableau proprement effrayant quand on sait qu’il s’agit là de jeunes n’ayant même pas atteint la maturité.

Cette tendance s’observe particulièrement dans les pays à revenu élevé, où seulement 7 % des hommes nés dans les années 1960 étaient obèses à l’âge de 25 ans, contre 16 % pour ceux nés dans les années 1990. Soit une augmentation de 128,5 % ! Les prévisions pour les hommes nés en 2015 sont aussi bien sombres, avec un taux d’obésité estimé à 25 % à l’âge de 25 ans (56,2 % d’augmentation).

Au Royaume-Uni, le rapport prédit que parmi les enfants de 5 à 14 ans, l’obésité passera de 12 % chez les filles en 2021 à 18,4 % en 2050, et de 9,9 % à 15,5 % chez les garçons sur la même période. Une augmentation respective de 53,3 % et 56,5 %.

Le poids insoutenable sur les systèmes de santé mondiaux

Ces chiffres ; d’un point de vue de la santé individuelle ; sont déjà assez catastrophiques, mais si l’on raisonne à une plus grande échelle, le scénario s’assombrit davantage. En 2050, si rien ne change ; ce qui sera sûrement le cas ; près d’un quart de la population adulte obèse mondiale devrait être âgée de 65 ans ou plus. La pression sur les systèmes de santé, déjà surchargés même dans les pays développés, sera tout simplement atroce ; dans les pays à faibles ressources, ils seront tout simplement mis en péril.

L’impact dans les pays les plus pauvres est déjà dévastateur ; c’est une étude de la World Obesity Federation publiée hier qui pointe ce danger du doigt. « Le plus grand nombre de décès prématurés attribuables à un IMC élevé se trouve dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui indique de faibles niveaux de traitement disponibles », notent les auteurs.

Johanna Ralston, Directrice générale de la World Obesity Federation abonde dans ce sens : « L’obésité a des impacts sanitaires, économiques et sociétaux considérables qui risquent d’être plus difficiles à gérer pour les pays moins dotés en ressources ».

L’histoire humaine a longtemps été marquée par la lutte contre la sous-nutrition, même en Occident : Grande Famine de 1315 à 1317, crises de subsistance de l’Ancien Régime, pénuries post-guerres mondiales, etc. Nous avons progressivement transformé le manque par l’excès et ironiquement, nous avons réussi à produire suffisamment de nourriture pour tous… une nourriture extrêmement mal distribuée et ultratransformée. Résultat ? Une nouvelle crise sanitaire qui, cette fois, ne nous tue pas immédiatement, mais use à petit feu nos corps et nos systèmes de santé. Rendez-vous donc en 2050, et si rien n’a bougé d’ici là, l’obésité pourrait devenir la norme, et non l’exception.

  • D’ici 2050, plus de la moitié des adultes et un tiers des enfants seront en surpoids ou obèses.
  • L’obésité touche désormais 2,6 milliards de personnes, avec une concentration dans huit pays.
  • L’impact sur la santé publique et l’économie sera considérable, avec une hausse des maladies chroniques et une pression insoutenable sur les infrastructures médicales.

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Par : Gouvernement français
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