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Au lieu de faciliter le quotidien, la technologie détruit la santé des travailleurs : un constat alarmant

Ce nouveau rapport est catégorique.

La transformation digitale a envahi la plupart des métiers : messageries instantanées, plateformes collaboratives, visioconférences et, désormais, intelligences artificielles (IA) génératives.

Si ces outils fluidifient l’organisation et promettent des gains de productivité, ils entraînent aussi des effets délétères que rappelle la synthèse « Technologies numériques et risques professionnels » publiée le 26 juin par l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN). Et les atteintes touchent autant le corps que l’esprit.

Des effets néfastes sur la santé physique et mentale

Rester assis devant un écran pendant des heures a un réel impact physique, risquant de déclencher une fatigue visuelle, des migraines et une sécheresse oculaire. Mais le danger majeur vient de la sédentarité : l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail classe désormais la posture assise prolongée au premier rang des risques professionnels. Ainsi, une mauvaise posture favorise les maladies cardio-vasculaires, le diabète et la prise de poids.

Le numérique agit aussi comme amplificateur de la charge mentale. Trois quarts des salariés estiment que leur travail gagne en complexité et 42 % l’attribuent directement à la digitalisation. La gestion des e-mails et notifications dévore des heures : l’OICN calcule qu’un collaborateur y consacre déjà 3 heures par semaine, un manager plus de 6 et un dirigeant, 10 heures 39. Résultat, on jongle entre plusieurs tâches sans jamais se plonger durablement dans l’essentiel.

Burn Out
© PEERAWICH PHAISITSAWAN / Shutterstock.com

La frontière entre pro et privé s’efface

Cette « infobésité » nourrit un sentiment de travail empêché et mine le sens des missions, tandis que les frontières entre la vie professionnelle et la vie privée s’effacent : 6 salariés sur 10 déclarent travailler le soir ou le week-end. En France, par exemple, 71 % du temps gagné sur les transports est réinvesti… dans le travail.

Une situation d’autant plus préoccupante que l’Hexagone est le champion d’Europe du mal-être au travail, selon une étude commandée par l’Institut syndical européen (ETUI) et le centre d’étude de la Confédération européenne des syndicats (CES). Elle a révélé que le pays était particulièrement touché par la pression au travail, le déséquilibre efforts/récompense et le harcèlement moral.

C’est pourquoi il est primordial d’instaurer des plages horaires sans notifications et de clarifier la répartition des tâches entre travailleurs. Le droit à la déconnexion s’avère aujourd’hui indispensable, tant le travail empiète sur tous les compartiments de la vie des employés dans un monde ultra connecté.

  • Si les outils numériques facilitent le travail, ils ont aussi un impact préoccupant sur la santé physique et mentale des salariés.
  • L’infobésité, les incivilités numériques et le brouillage des frontières entre vie pro et perso aggravent le mal-être au travail.
  • Pour limiter ces effets, il devient crucial de repenser l’organisation du travail numérique, en protégeant les temps de repos et en instaurant un vrai droit à la déconnexion

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Par : Gouvernement français
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