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Stress, pression, harcèlement : la France championne d’Europe du mal-être au travail

Les travailleurs français sont les plus déprimés d’Europe.

Le coût des dépressions liées aux risques psychosociaux (RPS) au travail est estimé entre 45 et 103 milliards d’euros par an pour l’ensemble des pays européens. Et la France est le plus touché par ce phénomène, selon une étude commandée par l’Institut syndical européen (ETUI), le centre d’étude de la Confédération européenne des syndicats (CES), et menée auprès des 27 États membres et du Royaume-Uni.

Quels sont les risques psychosociaux ?

Cinq principaux facteurs de risques psychosociaux ont été identifiés comme causes de dépression liée au travail : la pression (tension excessive), les temps de travail prolongés (au-delà de 55 heures hebdomadaires), le déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance/récompense perçue, l’insécurité de l’emploi et le harcèlement moral.

Ces facteurs peuvent conduire à la dépression car ils créent un stress chronique, un sentiment de dévalorisation et d’épuisement qui, à terme, affectent profondément la santé mentale des travailleurs. En 2015, par exemple, environ 5 000 décès liés à la dépression étaient attribuables aux RPS ; si les cas de dépression sont plus fréquents chez les femmes, ce fléau coûte la vie à davantage d’hommes, en raison du taux de suicide plus élevé.

Ce sont principalement les employeurs qui les prennent en charge, à hauteur de 80 %, non seulement à cause de l’absentéisme, mais aussi pour le présentéisme, les travailleurs affectés étant beaucoup moins productifs.

Travailleurs Du Numérique
© Pexels / ANTONI SHKRABA production

Un fléau invisibilisé

La France se classe comme le pays européen où le coût annuel pour 100 000 salariés est le plus élevé. Elle est particulièrement touchée par trois des cinq RPS : la pression au travail, le déséquilibre efforts/récompense et le harcèlement moral. En revanche, l’Hexagone est moins impacté par les durées excessives de travail, vraisemblablement grâce aux 35 heures, et par l’insécurité de l’emploi.

Problème, ces coûts restent largement invisibilisés, ces pathologies étant rarement reconnues comme maladies professionnelles. Cette étude cherche justement à mettre en lumière une réalité souvent sous-estimée ou ignorée par les politiques publiques, avec l’objectif d’obtenir une directive européenne spécifique sur la prévention des risques psychosociaux.

Outre la dépression, l’étude met en évidence d’autres problèmes de santé liés aux risques psychosociaux, notamment les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Ces pathologies touchent particulièrement les pays d’Europe centrale, orientale et méridionale, avec la Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Grèce et la Roumanie en tête. La France se situe dans la moyenne européenne.

  • Le coût des dépressions liées aux risques psychosociaux (RPS) au travail est estimé entre 45 et 103 milliards d’euros par an pour l’ensemble des pays européens.
  • La France est la plus mauvaise élève en la matière.
  • Le pays est particulièrement touché par la pression au travail, le déséquilibre efforts/récompense et le harcèlement moral.

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Par : Gouvernement français
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