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Orange Bank : le projet de reprise s’effondre, sa survie remise en jeu

Le seul et unique prétendant à la reprise d’Orange Bank se rétracte.

On pensait le projet bien parti, les clients entre de bonnes mains, et le futur de la banque en ligne Orange Bank garanti, peu importe le prix. Il n’en sera rien. Retour à la case départ. Ce dimanche, les chances pour que le fonds américain Cerberus ne reprenne Orange Bank se sont effondrées. La faute à un brouillard, survenu de la hausse des taux d’intérêt, qui a dans un premier temps fragilisé les espoirs de l’autre dossier phare de Cerberus : son rachat de la banque de détail de HSBC en France, et son réseau d’agences.

Sans renforcement du capital de la part de HSBC, le fonds Cerberus ne se voit pas avoir les épaules suffisamment larges pour pouvoir reprendre le dossier en cette période de hausse des taux d’intérêt. Contrairement à une banque, Cerberus est un fonds et ne possède justement pas suffisamment de fonds propres pour pouvoir satisfaire un tel portefeuille d’actifs dans de telles circonstances. Les régulateurs eux aussi, pourraient exiger de plus importantes ressources pour donner leur feu vert à une signature définitive.

Cerberus a rapidement pris ses distances dans les discussions avec Orange par effet collatéral, apprend-on d’un article publié par Les Echos. Plus grave encore, il ne serait pas question de renégocier le montant total de l’enveloppe pour la reprise, mais de s’écarter du dossier. À 1 milliard d’euros, Orange était déjà bien fébrile. On se demande comment l’opérateur pourrait accepter de revoir à la hausse son prix. Dans ce milliard d’euros, il y a 503 millions d’euros de fonds propres et 500 millions d’euros supplémentaires d’aide de reprise du dossier.

2,6 millions de clients dans le monde (1,7 million de clients en France et en Espagne), vont être déçus. Tout comme 750 salariés aujourd’hui chez la banque en ligne de l’opérateur télécom français. Ce retard engendré coûtera cher : se débarrasser d’Orange Bank est une course contre la montre pour la nouvelle direction chapeautée par Christel Heydemann. Son activité lui a déjà fait brûler un milliard d’euros. Chaque année, elle perd entre 150 et 200 millions d’euros ainsi que des dizaines de salariés chaque mois.

“C’est bien une cession qui est en cours. Le groupe veut s’en débarrasser. La décision est prise”, rappelait un syndicaliste aux Echos. La semaine dernière, nous évoquions l’actuel déménagement de la banque d’une plateforme maison à une infrastructure entièrement gérée par le partenaire et sous-traitant Mambu, dont la technologie cloud est aussi utilisée par N26OakNorth, ABN AMRO ou encore l’espagnol Santander. Cette procédure devait contribuer à accélérer la vente d’Orange Bank, en allégeant le dossier à son repreneur.

Orange Bank sans solution

Pour les employés, passer d’un rachat par un fonds d’investissement étranger à un rachat par un groupe bancaire français serait une excellente nouvelle pour une question de masse salariale. Un fonds d’investissement sera forcément plus sévère sur ses mesures une fois le dossier récupéré. Mais là encore, rien n’est dit. Si Cerberus se rétracte, cela ne garantit pas qu’Orange trouvera une solution avec les Français. Société Générale (qui possède Boursorama Banque) et BNP Paribas (Nickel, Hello bank!) et Crédit Agricole (BforBank) avaient déjà quitté la table des négociations.

Il nous faudra donc certainement attendre une évolution dans le dossier HSBC-Cerberus, pour que les négociations reprennent plus clairement avec Orange et sa banque en ligne. Le groupe télécom préférant indiquer pour l’heure que “le processus de recherche d’un nouveau partenaire n’est pas encore terminé”. Comprenez par là qu’Orange Bank ne se voyait pas déjà dans les bras de Cerberus, même si en réalité, c’était bien ce qui se préparait.

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