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Où sont les extraterrestres ? Selon cette étude, absolument nulle part et nous sommes seuls dans l’Univers

Nous pourrions bien être la seule civilisation intelligente que porte notre galaxie, voici les conclusions d’une nouvelle étude.

La vie extraterrestre est l’une des questions fondamentales que se pose l’humanité depuis l’Antiquité. Déjà, nos lointains ancêtres imaginaient le ciel peuplé d’être célestes, ou des dieux résidant dans les astres. Toutefois, l’approche moderne de la recherche sur la vie extraterrestre s’est réellement enraciné dans la seconde moitié du XXe siècle, avec des développements tels que le projet SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence). Un projet lancé en 1960, qui visait à détecter des signaux artificiels provenant de l’espace.

L’exploration de cette question s’est accélérée avec les progrès technologiques, notamment par la recherche d’exoplanètes, l’étude des environnements extrêmes sur Terre et les avancées en astrobiologie. Avancées qui nous ont permis de cerner avec plus de précisions la question de la vie sur Mars, par exemple. Toutefois, une nouvelle étude publiée en mai dans la revue Astrobiology utilisant l’équation de Drake pourrait bien mettre un terme à toutes ces spéculations : nous serions bien seuls et isolés dans l’Univers.

Une perspective nuancée sur l’équation de Drake

L’équation de Drake, formulée par l’illustre astronome américain Frank Drake au cours des années 1960, se donne pour ambition d’estimer le nombre de civilisations intelligentes peuplant notre galaxie, la Voie lactée. Cette équation prend en compte une pluralité de facteurs.

Le taux de formation des étoiles (R*), la proportion de ces étoiles avec des planètes (fp), le nombre de planètes susceptibles d’abriter la vie (ne), la fraction des planètes avec apparition de la vie (fl), la fraction des planètes abritant une vie intelligentes (fi), la fraction des civilisations intelligentes avec la technologie pour communiquer (fc) et la durée de vie moyenne d’une civilisation technologique (L). Grâce à la multiplication de ces valeurs, on obtient donc cette équation : N = R × fp × ne × fl × fi × fc × L*.

À noter, cette équation est une estimation grossière, car les valeurs de chaque facteur sont encore largement incertaines. Il faut la voir comme un cadre de réflexion. Les résultats obtenus en appliquant cette équation varient considérablement, oscillant entre quelques dizaines et plusieurs millions de civilisations potentielles. Pour établir leur nouvelle théorie, les chercheurs ont ajouté de nouveaux facteurs à l’équation de Drake. De quoi tout bouleverser !

La tectonique des plaques : la grande oubliée

Des chercheurs ont récemment puisé dans le réservoir de données nouvellement acquises sur les exoplanètes afin d’affiner leurs estimations. Leur attention s’est portée sur la tectonique des plaques, élément jugé crucial pour le développement de formes de vie complexes. Qu’est-ce que la tectonique des plaques ? C’est un modèle scientifique expliquant le mouvement des plaques rigides qui composent la croûte terrestre, et responsable de la formation des continents, des montagnes, des volcans et des tremblements de terre.

Cette tectonique joue, en effet, plusieurs rôles essentiels : elle expose à intervalles réguliers des roches fraîchement exhumées, libérant des nutriments indispensables tels que le phosphore, ou le carbone, des composants fondamentaux des molécules biologiques que sont l’ADN (acide désoxyribonucléique) et l’ARN (acide ribonucléique). Sans ADN ou ARN, pas de vie ! En tout cas telle que nous la connaissons. Ces derniers portent les informations génétiques nécessaires pour la reproduction, le développement et le fonctionnement des organismes vivants.

Par ailleurs, ces mouvements géologiques concourent à une augmentation des niveaux d’oxygène, nécessaire à la respiration des organismes complexes, tout en contribuant à la régulation du climat par plusieurs processus : les volcans libèrent du CO2 dans l’atmosphère (réchauffement), piégeage du CO2 dans les sédiments et les roches (refroidissement), formation des courants marins, etc.

Ces chercheurs ont donc combiné ces facteurs géologiques aux paramètres de l’équation de Drake, afin d’estimer le nombre de planètes susceptibles de voir se développer des civilisations intelligentes.

Leurs conclusions se révèlent frappantes : en tenant compte de la nécessité de la tectonique des plaques et d’autres conditions favorables, ils estiment que notre galaxie pourrait abriter entre 0 et 100 000 planètes capables de soutenir des civilisations intelligentes. Lorsque les risques d’extinctions massives et d’effondrements sociétaux sont intégrés à l’équation, ce chiffre décroît encore, se situant désormais entre 0 et 20 000. Même si ces chiffres peuvent paraître élevés, au regard des centaines de milliards d’étoiles dans la Voie lactée, il ne représente pas grand-chose en réalité.

Une perspective pessimiste mais réaliste

Ces estimations suggèrent que la vie intelligente et communicative pourrait se révéler un phénomène d’une extrême rareté. Aussi répandue puisse être la vie primitive, telle que les bactéries, il semble que les conditions spécifiques requises pour l’évolution de formes de vie complexes et avancées ne soient que rarement réunies. Cela apporte une perspective quelque peu austère quant à la possibilité d’établir un jour le contact avec d’autres civilisations.

Malgré ces résultats pour le moins décourageants, il faut garder à l’esprit que tout espoir n’est pas perdu. Les techniques de détection ne cessent de progresser, et il n’est pas exclu que nous découvrions un jour des planètes semblables à la nôtre, aptes à abriter la vie. En attendant, cette étude vient renforcer l’idée selon laquelle notre propre existence pourrait bien être d’une préciosité et d’une singularité plus grandes que nous ne saurions l’imaginer.

Quoi qu’il en soit, la quête pour comprendre notre place au sein de l’Univers suivra son cours. La curiosité est inhérente à l’espèce humaine, et nous avons un désir inné : découvrir et interpréter ce qui nous entoure. Ce même désir qui poussera les scientifiques à continuer à sonder et explorer les mystères de l’espace. Rappelons que cette nouvelle théorie, reste, elle aussi, une probabilité. À propos de cela, l’astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves disait très justement : « Le mot “probable” suppose que l’on sait comment ça s’est passé, que l’on peut décomposer les actions qui se sont passées pour avoir l’apparition de la vie sur la Terre. Tant qu’on n’aura pas une théorie convenable et acceptable concernant l’ensemble de phénomènes qui ont mené la vie à apparaître sur la Terre, on ne peut pas calculer de probabilités. Je crois qu’il faut exclure le mot “probabilité” aussi longtemps que l’on n’a pas cette possibilité de calcul ». Voilà de quoi nous laisse rêver encore un peu.

  • Une nouvelle étude a remis au goût du jour la théorie de Drake pour estimer nos chances de rencontrer un jour une planète accueillant une vie extraterrestre.
  • Les chercheurs ont ajouté aux facteurs déjà existant les facteurs du modèle de la tectonique des plaques.
  • Leurs résultats : les chances que d’autres créatures intelligentes vivent dans notre galaxie sont extrêmement faibles.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Quand l’extrême rareté s’applique à un volume incommensurable le résultat net peut être conséquent.
    Drake et ses équations, pourquoi pas en effet une donne de plus pour alimenter la réflexion ? En attendant ce virage intellectuel incompatible avec la démarche scientifique qui consiste à éviter toute conclusion sans démonstration (le fameux CQFD), le monde s’interroge, et la science cherche, une intelligence extra-terrestre avec le programme SETI, la recherche d’exoplanètes grâce aux progrès technologiques.

    Ce qui me semble intéressant à noter c’est le changement d’une imagination collective qui envisageait des êtres différents venus d’ailleurs comme dangereux avant tout, vers un questionnement plus nuancé voire favorisant une vision optimiste d’un autre monde lequel serait non seulement plus avancé, élaboré que le nôtre en termes technologiques mais aussi en termes d’éthique : et si les plus dangereux c’étaient nous, les Terriens ?

  2. Enfin bref, on est les seuls, les meilleurs et les plus intelligents.
    Les scientifiques ont en commun avec les historiens des civilisations, leurs suffisances.

  3. L’article résume l’univers à notre Galaxie … de 0 à 20000 * les milliards de galaxie , ca reste des milliards de possibilités…

    Rien de neuf donc…

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