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Crypto-monnaies

Oubliez les néo-banques, voici désormais les crypto-banques

Les Français se tournent vers les cryptobanques. Définition et explications.

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Tezro cryptomonnaie
© Presse-citron

Dans une récente étude réalisée par KPMG, nous apprenons que 8% des Français, soit une personne sur douze, possèdent des cryptomonnaies (chiffres au mois de janvier 2022). Loin d’être des geeks et des informaticiens hors pair, beaucoup parmi eux n’hésitent pas à montrer leur intérêt à ce que leur banque se mette à proposer des produits d’investissements basés sur les cryptos.

Plutôt que de voir ces actifs numériques comme des jetons de transition vers une économie décentralisée, sans banque et sans mainmise des États, beaucoup trouvent leur appétit dans la motivation de rendement, pour faire fructifier leur économie (impossible avec un livret A), ou de se protéger de l’inflation (toujours impossible avec le livret A).

C’est ainsi que Bitcoin, Ether et autres jetons ont fait le bonheur de plateformes d’échanges, loin de partager l’envie de décentraliser les cryptos, d’offrir des services gratuits, sans appartenance et entièrement basés sur la blockchain et le concept de “Web3”.

Coinbase, la deuxième plus grosse plateforme, a même été introduite en Bourse l’année dernière. Une économie totalement reliée à la finance traditionnelle donc, et qui ne s’en cache pas. D’ailleurs, toujours selon l’étude KPMG, seuls 12% des détenteurs de cryptos en France ont évoqué un manque de confiance dans leur banque pour expliquer leur choix.

Proposer des investissements en cryptomonnaies, tout en se catégorisant comme une banque n’est donc pas une si mauvaise idée en 2022. Au contraire même, tant le grand public y voit définitivement rien de péjoratif. Des établissements ont même fait le pari de se présenter ainsi. C’est le cas de Coinhouse en France, autoproclamée “première cryptobanque européenne”, en janvier dernier, à l’occasion d’une levée de fonds de 15 millions d’euros.

Une cryptobanque en France : Coinhouse

Date symbolique, Coinhouse fut la première société française à obtenir l’enregistrement obligatoire auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour devenir un Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN) en France, en mars 2020. “Le fruit de deux ans d’échanges avec les régulateurs et législateurs français”, expliquait la société née en 2014. En France, à condition d’obtenir une licence, les crypto-actifs ont été intégrés aux produits acceptés pour une assurance-vie suite à la loi Pacte d’avril 2019.

Pour en revenir à Coinhouse, elle a commencé à parler de “cryptobanque” cette année, son nouvel objectif qui “correspond à un nouveau métier, celui d’être un acteur capable d’offrir des services qu’on connaît dans les banques, mais qui s’appliquent spécifiquement aux actifs numériques”, disait son patron Nicolas Louvet dans un podcast de l’Agefi. Le 18 janvier dernier, Coinhouse a bouclé un tour de table de 15 millions d’euros pour lui permettre de développer de nouveaux produits à la croisée de la banque et de la cryptomonnaie.

Ces services, ils se catégorisent notamment comme des produits d’épargne tels que le “Livret Crypto”, un livret à taux fixe annuel entre 5 et 6% par an, dès 20 000 euros de placement. Coinhouse ne travaille qu’avec 1000 entreprises (contre plus de 500 000 particuliers), mais c’est notamment grâce à elles qu’elle est aujourd’hui rentable. Elle leur propose notamment un produit de gestion pilotée, pour gérer leur portefeuille de cryptos.

En tant que “cryptobanque”, à l’avenir, Coinhouse se prépare à lancer un compte en monnaie fiduciaire pour faire le lien avec le compte en crypto de ses clients. Avec les cryptobanques, la conversion entre euros (ou dollars) et crypto n’est pas un tabou, même si la législation pénalise ces échanges et que les habitués des cryptomonnaies préfèrent utiliser les stablecoins pour ne pas s’exposer à l’imposition qu’engendre la conversion en monnaie fiat (si bénéfices).

L’un des piliers, pour les professionnels, sera aussi pour Coinhouse de développer un programme leur facilitant l’accès aux cryptomonnaies comme moyen de paiement. À la place des euros, elles pourront afficher leur prix en bitcoins ou autres jetons à leurs clients. Pour éviter que les clients confirmés se tournent vers des solutions comme les portefeuilles physiques de Ledger pour stocker leurs cryptos, Coinhouse doit aussi capitaliser dans des produits sécurisés avec de fortes garanties.

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© KPMG / Adan

Regard sur les cryptobanques les plus avancées

En 2018 déjà, le terme de cryptobanque faisait sa place chez certaines personnalités de la finance. Dans le canton de Zoug en Suisse, où Bitcoin possède un berceau d’entreprises spécialisées en forte croissance, l’une d’entre elles a pris son envol. Le président de la cryptobanque SEBA Crypto, Andreas Amschwand (ancien chef du forex chez UBS), formulait son intention de devenir la première cryptobanque en introduisant une demande de licence bancaire, qu’elle obtenait quelques mois plus tard.

Déployée sur 25 marchés internationaux (notamment en Asie) et avec des revenus multipliés par dix, elle a encore levé 110 millions de francs suisses en Série C le 13 janvier dernier. Dans un communiqué, elle disait qu’elle poursuivrait le déploiement de nouveaux produits, notamment tournés sur la finance décentralisée et les NFT (qui ont remplacé les placements sur des actions et des ETF). Actuellement, elle offre à ses clients des produits de rendement sur ADA, DOT et XTZ.

Sygnum, l’un de ses concurrents, est aussi attendue pour un nouveau tour de table. Avec cette nouvelle opération, elle atteindra assurément le rang de licorne, ces startups valorisées à plus d’un milliard de dollars. Sa valorisation est aujourd’hui estimée à 800 millions de dollars, et l’établissement possède son siège à Zurich, la capitale économique suisse, aux côtés des banques traditionnelles.

Des relations disparates avec les régulateurs

En se qualifiant de banques, les autorités dressent-elles pour autant le tapis rouge aux crypto-banques ? Derrière ces premiers établissements favorisés par des réglementations souples, des États ont de quoi faire désespérer des plateformes d’échange de cryptomonnaie. Coinbase, avec ses plus de 70 millions d’utilisateurs et depuis son arrivée en Bourse, cherche à lancer des produits bancaires, mais les gendarmes financiers américains ne lui font pas de cadeau.

Son PDG Brian Armstrong le regrettait en septembre 2021, alors que son entreprise se faisait épingler par la Securities and Exchange Commission (SEC) pour un nouveau produit d’épargne basé sur un stablecoin et offrant aux utilisateurs la possibilité d’accéder à jusqu’à 4% de rendement par an. Les autorités américaines avaient empêché le produit d’être lancé et s’en était suivi une longue période de poursuites et de négociation sans fin.

« La SEC était le seul régulateur qui a refusé de me rencontrer. ‘Nous ne rencontrons aucune société de cryptographie’ me disaient-ils. C’était juste après que nous soyons devenus la première entreprise de cryptographie à entrer en bourse aux États-Unis », écrivait le PDG sur Twitter, qui se plaignait de ne pas avoir obtenu d’explications “sur les raisons de l’interdiction”. Un projet baptisé “Lend” finalement abandonné.

La législation américaine n’est toutefois pas hermétique à la création de cryptobanques. Paxos, en avril 2021, fut la troisième à obtenir une licence bancaire pour son activité dans les actifs numériques. La société est notamment partenaire de PayPal et émet son propre stablecoin. Kraken fut le premier acteur du pays.

Plus à l’ombre, mais encore plus puissant, Anchorage Digital a levé 350 millions de dollars fin 2021 et se présente en “fournisseur d’infrastructure pour l’espace des actifs numériques”, de quoi convertir de plus en plus d’entreprises à détenir des cryptomonnaies. Tous les grands noms ont investi dedans : BlackRock, Goldman Sachs, PayPal, Kraken, Andreessen Horowitz ou encore le fondateur de FTX.

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Revolut, Lydia, Vivid Money… les néobanques aussi se tournent vers les cryptomonnaies © Presse-citron

Entre plateforme d’échanges, néo-banques et crypto-banques

Vous l’aurez compris, suivant le pays et l’avancée du projet, de nombreuses sociétés parient aujourd’hui sur les produits cryptoactifs à la sauce bancaire. Du fait d’un secteur en plein boom et qui possède de nombreuses questions, telle que le blanchiment d’argent, les gendarmes financiers sont prudents (les intérêts du secteur bancaire traditionnel doivent aussi peser).

À ce jour, les acteurs sont très nombreux. Nous avons parlé de plateformes d’échanges comme Coinhouse ou Coinbase (qui ne proposaient que l’achat de crypto sans produits plus approfondis), mais aussi de projets créés dès le départ dans le but de devenir des cryptobanques (comme Seba Crypto en Suisse). Maintenant, les néobanques ont elles aussi sauté sur l’occasion. C’est ce qui a d’ailleurs permis à Revolut de prendre une avance considérable sur N26, ou encore de Trade Republic et Vivid Money à se lancer dès années après sans prendre de retard.

En France, Lydia s’est lancé récemment dans une offre d’achat de Bitcoin et autres cryptomonnaies populaires, mais n’a pas d’objectif à opérer seul pour autant. La fintech tricolore s’est alliée à Bitpanda, une application autrichienne. ZenGo, toujours dans l’hexagone, semble vouloir se limiter à une plateforme d’échange de crypto également, et viser avant tout les néophytes.

Avec la folle attractivité des cryptos pour le moment, et la diversité de niveaux de connaissance et d’adoption chez les clients, le marché peut donc se permettre de contenir autant d’acteurs suivant autant de stratégies différentes. L’avenir nous dira comment celui-ci se consolidera.

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1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Karim

    17 février 2022 à 9 h 19 min

    Ne pas oublier Ki Foundation, projet français et Crypto banque proposant tous les services d’une banque standard en plus !

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